Couvre-feu à 18 heures, bilan mitigé…

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Alors que le pays s’attend à un troisième confinement, bilan sur l’efficacité du couvre-feu à 18 heures dans les premiers départements concernés.

Le Président de la République Emmanuel Macron préfère se donner du temps pour acquérir le recul nécessaire sur l’efficacité (ou non) du couvre-feu à 18 heures. Souvenez-vous, le 2 janvier, quinze départements français ouvraient le bal d’un couvre-feu précoce, majoritairement situés à l’est de l’hexagone. Deux semaines plus tard, le gouvernement décidait d’étendre la mesure à l’ensemble du territoire notamment en raison de la crainte du variant britannique – on le rappelle bien plus contagieux mais apparemment, sous réserves d’étude, pas plus grave. Avant un potentiel troisième confinement, quelques chiffres sur l’efficacité du couvre-feu dans les premiers départements concernés.

Nous avons aussi – chez ÉcoRéseau Business – tenté de comprendre les objectifs d’un couvre-feu avancé à 18 heures. En ligne de mire, la volonté de casser les rassemblements informels (en privé ou à l’extérieur), mieux tracer les lieux de contamination, encourager le télétravail… La mesure a-t-elle porté ses fruits ? « Donnons sa chance à ce couvre-feu […] Il est possible que cette mesure permette de freiner la circulation du virus encore davantage dans notre pays », a expliqué Gabriel Attal mercredi 19 janvier. La volonté d’y croire pour éviter à tout prix un nouveau confinement.

Un effet positif dans les premiers départements concernés
Le ministre de la Santé Olivier Véran s’est d’abord félicité puisqu’il constatait peu après la mi-janvier une baisse de 16 % du nombre de contaminations sur une semaine dans les départements pionniers de la mise en place du couvre-feu à 18 heures : « Ses effets tendent à se faire sentir. […] Le nombre de nouveaux diagnostics est plutôt en baisse. Cela ne fera pas reculer l’épidémie sur un temps court, mais ça permet de la stabiliser », décrivait-il. Pas vraiment de recul de l’épidémie donc, mais davantage une stabilité dans les 15 départements en question.

Prenons le taux d’incidence – qui fait référence au nombre de tests positifs pour 100 000 habitant·es sur une période donnée. Il a eu tendance à se stabiliser voire légèrement augmenter. Entre le 2 et 21 janvier, dans les 15 premiers départements à avoir initié un couvre-feu avancé, le taux d’incidence est passé de 267 à 274 cas hebdomadaires pour 100 000 habitant·es ! Une hausse de 3 % certes, mais qui n’a rien de comparable avec ce qu’on a pu mesurer dans les autres départements où le taux d’incidence s’est fortement élevé : de 130 à 197 cas (pour 100 000 habitant·es) sur la même période, soit une progression de 50 %. La circulation du virus s’est accélérée à un rythme bien plus lent dans les départements pionniers du couvre-feu que sur le reste du territoire.

Toujours pas suffisant
Tous les départements – y compris à l’intérieur du groupe pionnier – ne sont pas logés à la même enseigne. C’est-à-dire que l’efficacité du couvre-feu à 18 heures semble différer d’une zone à l’autre. Par exemple, là où les Ardennes ont connu une baisse encourageante du taux d’incidence de 338 à 220 cas pour 100 000 habitant·es entre le 2 et 21 janvier, les Alpes-Maritimes ont constaté une hausse du taux d’incidence de 338 à 439 sur la même période. Avant une stabilisation certes. Mais les chiffres posent question tant la trajectoire de deux départements à avoir adopté la même mesure au  même moment s’oppose.

En outre, le débat sur un troisième confinement est revenu sur la table puisque la semaine qui nous précède, plus précisément du 18 au 21 janvier, le taux d’incidence des premiers départements concernés par le couvre-feu avancé est reparti à la hausse : 266 à 275 cas hebdomadaires pour 100 000 habitant·es. Idem pour le taux de positivité des tests, passé de 8,1 à 8,5 %, certes – un poil – moins intense que ce qui a été constaté dans le reste de la France (de 6,5 à 7 %).

Le couvre-feu à 18 heures a sans doute montré un effet positif en vue de freiner l’épidémie. Mais il semble se heurter à un plafond de verre. Sans compter ce fichu variant britannique qui devrait – selon une étude de l’Inserm – devenir dominant entre la fin-février et la mi-mars… si on ne fait rien ! D’où la perspective d’un nouveau confinement… encore et encore. GW

 

 

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