Un été de pandémie

Partout dans le monde, les signes d’une possible seconde vague s’accumulent.

À mesure que la saison estivale avance, la covid-19, elle, ne faiblit pas. Pire, on enregistre dans la plupart des régions du monde des signes de reprises de la pandémie et le bilan chiffré s’alourdit de jour en jour. Face aux risques, plusieurs pays, dont la France, prennent des mesures ciblées pour endiguer la nouvelle propagation du virus.

Lundi 20 juillet : selon un bilan réalisé par l’Agence France-Presse, la covid-19 a désormais à son actif plus de 600 000 morts et a contaminé plus de 14,5 millions de personnes dans le monde, dans 196 pays et territoires. À l’heure d’un relâchement généralisé face aux précautions sanitaires, l’OMS tire la sonnette d’alarme et appelle à « prendre le contrôle » face à l’épidémie. Et pour cause, après une légère accalmie, le nombre de nouveaux cas bat des records, en particulier sur le continent américain où il explose de semaine en semaine. En attestent les derniers bilans journaliers qui font du Brésil (1 163), du Chili (1 057) et des États-Unis (927), les pays qui ont enregistré le plus de nouveaux décès en 24 heures. La France, qui accumule également les clusters d’infection, a réagi en rendant obligatoire le port du masque dans tous les lieux publics clos dès le lundi 20. Partout dans le monde, d’autres pays continuent de compter leurs morts et renforcent eux aussi leurs mesures sanitaires.

Une vague planétaire
Aux États-Unis, la situation s’aggrave toujours plus : 67 574 nouvelles contaminations ces dernières 24 heures, pour atteindre près de 3,7 millions de cas et 140 000 décès selon le Center for Disease Control and Prevention (CDC). Quatre États en particulier sont en plein cyclone : la Californie, le Texas, la Floride et l’État de New York, parmi les plus peuplés et qui réunissent à eux seuls 38 % des cas états-uniens. Terrible dynamique également pour le Brésil, qui enregistre 23 555 nouvelles contaminations en 24 heures, pour atteindre plus de 2 millions de cas et 80 000 décès selon le gouvernement, que d’aucuns accusent de sous-évaluer ces données. Pour rappel, le président brésilien, Jair Bolsonaro, avait été testé positif au virus le 7 juillet. Pour compléter le trio de pays qui ont dépassé le cap du million de cas confirmés : l’Inde, qui a signalé 34 956 nouveaux cas en 24 heures. Un constat qui pousse les autorités à imposer de nouvelles restrictions dans l’État du Bihar, peuplé de quelque 128 millions d’Indiens. Malgré tout, à ce jour, le pays le plus endeuillé, après les États-Unis et le Brésil, est bien le Royaume-Uni et ses plus de 45 000 morts pour 295 000 cas au total depuis le début de l’épidémie. Si Boris Johnson, le Premier ministre britannique, a prévenu qu’il n’utiliserait le reconfinement qu’en dernier ressort, le port du masque deviendra obligatoire dans tous les magasins du pays à partir du 24 juillet. Parmi ses voisins européens, l’Espagne a appelé 4 millions d’habitants de l’agglomération de Barcelone à « rester chez eux » sauf pour des raisons de première nécessité, après le refus de la justice d’un nouveau confinement. Dans le même temps, le maire de Barcelone Ada Colau a annoncé l’interdiction des rassemblements de plus de 10 personnes. Une situation qui pourrait laisser présager une nouvelle fermeture des frontières entre la France et l’Espagne.
Israël ferme certains lieux publics, la Chine lance une vaste campagne de dépistage dans la région du Xinjiang, l’Allemagne autorise des mesures de confinement renforcées à l’échelle locale en cas d’apparition de nouveaux foyers, l’Iran mise sur l’immunité collective pour éradiquer l’épidémie, Hong-Kong se déclare en situation « critique », le Maroc reconfine une grande partie de la ville portuaire de Tanger, l’Afrique du Sud interdit la vente d’alcool pour limiter la propagation du virus… Dans le monde entier, l’ombre du virus plane et pousse les autorités à réagir à nouveau. Loin d’enrayer la propagation et l’activité de ce coronavirus nommé Sars-coV-2, la saison estivale et son lot de relâchements semblent bien au contraire favoriser sa reprise.

Adam Belghiti Alaoui

 

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