Les États-Unis pourraient connaître des périodes ponctuelles de distanciation jusqu’en 2022

Le virus réapparaîtrait en hiver estiment des chercheurs.

Business Insider France du 15 avril a relayé un article éclairant de son site américain sur la projection de l’épidémie à échelle états-unienne. Les constats des scientifiques américains intéressent le monde en général.
Avec l’aimable autorisation de Prisma Presse

Alors que certaines régions des États-Unis atteignent actuellement le pic de leur première vague d’infections au Sars-CoV-19, des experts tentent de trouver à quoi peut s’attendre le pays après cette première vague. Selon des chercheurs de Harvard spécialisés dans les maladies infectieuses, il pourrait s’agir de deux années supplémentaires de distanciation sociale ponctuelle. Dans une analyse publiée dans la revue Science, mardi 14 avril 2020, ils ont modélisé l’avenir du virus qui cause la maladie covid-19 en se basant sur le comportement de deux coronavirus humains antérieurs.

Après la vague initiale, ils ont prédit que le coronavirus reviendrait lors d’« éruptions hivernales récurrentes ». Bien qu’elles puissent être moins graves que la première vague, celles-ci pourraient encore submerger les hôpitaux. « Pour l’éviter, une distanciation sociale prolongée ou intermittente pourrait être nécessaire jusqu’en 2022 », ont écrit les chercheurs. Ils ont estimé que des mesures de distanciation sociale devraient être mises en place pendant environ 25 et 75 % de ce temps, étant donné la capacité actuelle des États-Unis en matière de soins intensifs. Même si le virus semble disparaître, les tests à grande échelle devraient se poursuivre, ont écrit les chercheurs, « car une résurgence de la contagion est possible jusqu’en 2024 ». Ces tests aideront les responsables à « planifier correctement les mesures d’éloignement et à éviter de dépasser les capacités de soins intensifs », ont-ils ajouté.

Une fois la première vague d’infections passée, les chercheurs ont recommandé que les pays se concentrent sur la recherche de traitements contre la covid-19 et sur l’extension des capacités de leurs systèmes de soins intensifs. De telles mesures aideraient les pays à se préparer aux futures vagues du virus. « Pour réduire l’épidémie de Sars-CoV-2 et garantir des soins adéquats aux personnes gravement malades, l’augmentation des capacités de soins intensifs et le développement d’interventions supplémentaires sont des priorités urgentes, ont estimé les chercheurs. De nouvelles thérapies, de nouveaux vaccins ou d’autres interventions telles que la localisation intensive des personnes infectées et la mise en quarantaine… pourraient atténuer la nécessité d’une stricte distanciation sociale. »

La recherche de l’immunité collective
L’extension des capacités de soins intensifs pour traiter davantage de patients pourrait également aider les populations à obtenir plus rapidement la protection de l’« immunité collective ». Une population a une « immunité collective » lorsqu’un nombre suffisant de ses membres sont immunisés et qu’un virus a peu de chances de se propager à de nouvelles personnes. Mais pour l’instant, l’immunité collective représente un horizon lointain. La population immunisée augmentera à mesure que de nouvelles personnes seront infectées et se rétabliront lors des prochaines vagues de coronavirus.

Mais la manière dont le virus se propagera au cours des cinq prochaines années dépendra essentiellement de la durée de l’immunité des personnes après rétablissement. Si une personne devient vulnérable à une réinfection un an à peine après avoir surmonté sa maladie, il faudra beaucoup plus de temps pour développer une immunité collective et mettre fin à la propagation du virus.

Ce délai n’est toujours pas clair, de même que la façon dont l’immunité à la covid-19 fonctionne. Les responsables américains se préparent à mettre à disposition des tests sanguins qui pourraient aider les experts à en savoir plus sur la capacité de résistance en détectant les anticorps.

En attendant, plusieurs pays pourraient mettre en place davantage de périodes de distanciation sociale ou de confinement comme celles qui existent dans la plupart des régions du monde. « Les mesures de distanciation sociale devront peut-être durer des mois pour contrôler efficacement la transmission et atténuer la possibilité de résurgence », ont affirmé les chercheurs de Harvard.

Version originale : Morgan McFall-Johnsen/Business Insider US . Traduit de l’anglais par Mégan Bourdon.

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