14 000 contaminations par jour… sans foyer identifié ?

Temps de lecture 2’10

Nous courons sus à une maladie aux symptômes souvent invisibles sans nous donner les moyens d’en identifier les sources. Curieuse façon de placer la charrue devant les bœufs.

Olivier Magnan, rédacteur en chef

Drôle d’atmosphère dans un pays en attente. De quoi ? D’un 19 mai et d’un 9 juin – pourquoi ces dates ? – que tout le monde dans ce pays attend comme la fin de la « grande pandémie » ou, à tout le moins, celle de l’épidémie française. On va voyager, se distraire, se ruer dans les restaurants et aux terrasses des cafés, « claquer » ses économies forcées dans les magasins, acheter des voitures, refaire sa maison, réserver pour ses vacances…

On oublie que l’immunité procurée par la vaccination reste un espoir et que personne, aujourd’hui, ne saurait garantir la fin du « grand trouble ». En tout cas pas tant que des pans entiers de populations du monde restent contaminés : Brésil, Japon, qui est en train de perdre sa course à la vaccination, nouveaux foyers potentiels d’Afrique… Sans parler d’une nation, Israël, dont le Premier ministre s’est vanté d’avoir terrassé la covid par son leadership (sic) et qui retombe dans la violence de la guerre contre la Palestine.

Il est en outre peu probable que deux injections d’un vaccin conçu à partir des premières souches du virus protègent contre la ribambelle des mutants à venir.

On nous annonce 14 000 nouvelles contaminations par jour en France. Vous et moi qui portons masques et nous lavons les mains en sachant que « les situations les plus à risque sont les lieux clos, les repas, les réunions dans des espaces fermés et les bureaux partagés » (étude ComCor de l’Institut Pasteur), restons interrogatifs : quelles entreprises tiennent des réunions – avec ou sans masque – dans des salles sans aération ? Qui se bouscule dans des restaurants fermés ? Quelles familles s’embrassent tant et plus, qui se donnent des poignées de mains ? Les transports en commun ? On nous démontre, études scientifiques à l’appui, qu’ils ne sont pas des foyers infectieux… Les écoles ? Ah, peut-être (mais on ne teste toujours pas). Mais si nous tenons là la cause de nos malheurs, pourquoi ne pas en tirer les conséquences ?

14 000 contaminé·es par jour… Parmi cette cohorte, combien de vacciné·es ? Combien d’asymptomatiques ? À force de ne pas identifier, circonscrire ces relais, comprendre d’où vient l’erreur (quand il est démontré que les chiffres mêmes des malades identifiés covid sont gonflés, voir à ce propos le nombre net de décès supplémentaires en France, inférieurs à la statistique covid…), nous filons tout droit vers des impasses, des incompréhensions, des reflambées.

Comme l’exprime Hervé Guillemain, professeur d’histoire contemporaine à l’université du Mans et attaché à décrire une histoire de la santé, cette santé-là est désormais politique. Et qui dit mainmise du politique dit complots et complotistes. Il faut désormais sortir des flous de toute nature dont l’entretien est par essence suspect.

Répondre

Saisissez votre commentaire
Saisissez votre nom ici

J’accepte les conditions et la politique de confidentialité

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.