Et si la France détenait vraiment un médicament clé contre le Sars-CoV-2 ?

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Voilà un an qu’ÉcoRéseau Business « croit » en un anticorps mis au point à Nantes. Il pourrait démontrer son efficacité dès cet été…

Olivier Magnan, rédacteur en chef

Le monde entier est vaccinocentré. C’est fondamental, bien sûr, si cet espoir universel porte ses promesses. Nous en sommes à des signes prometteurs, mais pas probants à 100 % : que les pensionnaires des Ehpad vacciné·es à 75 % soient protégé·es des formes graves de la maladie semble avéré, ce qui n’a pas empêché un établissement de constater que ses pensionnaires vacciné·es avaient contracté à nouveau la maladie.

Il en sera de même dans les populations. Le rêve d’une société revenue à visage découvert où l’on s’embrasse et se côtoie sans précaution particulière car le monde entier serait immunisé n’est pas pour l’été, d’autant que les vaccins tueurs à la marge responsables de morts indues – AstraZeneca et Janssen – devraient, selon toute éthique digne de ce nom, disparaître de l’offre vaccinale.

Mais contrairement à ce que soutenait, de façon significative, le secrétaire national du PS hier matin 15 avril au micro d’une radio, le vaccin n’est pas l’alpha et l’omega de la lutte dans l’épidémie. On a un peu partout dans le monde ignoré l’importance plus que vitale que revêt le traitement de la covid. Or si le virus se combat par la stimulation du système immunitaire (vaccins adénovirus) ou la protection des cellules (ARN messager), il s’éradique aussi, une fois installé dans l’organisme malade, à la façon des antibiotiques. Mais après avoir consciencieusement « flingué » le traitement ultrasimple du Dr Raoult à coups de cachets d’hydroxychloroquine qui se révélait, quoi qu’on en dise, efficace à un certain stade de la contamination, on semble toujours ignorer l’intérêt plus que prometteur des anticorps polyclonaux. Pire, on leur aurait volontiers mis des obstacles sur leur chemin.

J’en ai assez parlé dans mes éditoriaux divers et variés pour ne pas avoir à revenir sur le principe même de ce médicament d’attaque directe du virus. Il se trouve que le monde médical semble ne connaître que les anticorps monoclonaux d’origine américaine, construction d’ingénierie biologique complexe pas forcément efficace contre le Sars-CoV-2. En revanche, nous avons depuis un an pris fait et cause pour le XAV-19 de la biotech nantaise Xenothera dont tous les essais cliniques confirment l’efficacité pratiquement à tous les stades de la maladie. À part quelques articles et un reportage de France 2 sur les pas d’une visite de l’épidémiologiste français en chef Emmanuel Macron, la start-up ne doit ses avancées spectaculaires qu’à l’opiniâtre combat de sa dirigeante, la docteure Odile Duvaux.

Le XAV-19 est toujours en phase de tests dans 35 hôpitaux pour quelque 350 patient·es. D’ici au moins de juin, tous les bilans devraient aboutir – enfin –, pour une autorisation temporaire d’utilisation (ATU) à partir de juillet.

Si ses effets thérapeutiques se confirment, ce sont des centaines de milliers de malades qui devraient pouvoir échapper à la réanimation, à la mort, et autant qui n’auront pas même à être hospitalisés. Et cette fois, tout semble indiquer que les capacités de production de Xenothera réserveront ce médicament de traitement au territoire national. Sauf à envisager la signature de brevets pour l’étranger…

Scoop : après avoir décidé de commander d’emblée 30 000 doses après son passage dans les locaux nantais de la biotech, Emmanuel Macron ou son entourage n’avait finalement pas signé de bon de commande. Aux dernières nouvelles, la signature en question pourrait être donnée très prochainement.

Ne vendons pas la peau du virus qu’on ne l’ait mis à terre, dirait La Fontaine. Mais accrochons-nous à cet espoir fou qu’une minuscule entreprise française tient probablement la clé d’un traitement efficace. Si enfin le pays de Pasteur ose comprendre qu’il est en mesure de soigner le monde entier. Si enfin les mandarins reconnaissent qu’une chercheuse modeste pourrait faire mieux que des labos étrangers avides. Et si un Président audacieux veut bien parier sur les anticorps polyclonaux à la française, uniques en leur genre. Beaucoup d’audaces dans un concert d’intérêts économiques, politiques et égotistes qui risqueraient une nouvelle fois d’écarter une voie de salut à notre porte.

Olivier Magnan

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