Les variantes des stratégies anticovid se valent, mais la « macronienne » révèle nos faiblesses congénitales

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Il serait temps de les combattre en profitant du quoi qu’il en coûte.

Olivier Magnan, rédacteur en chef

Au fond, chacun se bat comme il le peut. Tous les pays en sont rendus à peu près au même point, sauf la Chine et les pays scandinaves. La première à force de confinements-prisons inexorables, les seconds par une autodiscipline – dans des pays peu densément peuplés – et une hygiène citoyenne qui aboutissent à un faible degré de restrictions. Main de fer et mains propres, si l’on veut. Partout ailleurs, on contient, chacun à sa façon.

La méthode Macron, aussi « laborieuse » soit-elle comme la qualifie Hervé Gattegno dans le JDD, ne donne pour l’heure ni résultats catastrophiques ni gains substantiels. Elle est, à la française, compliquée, politisée, engluée par une administration, capable, unique cas en Europe, de produire des « attestations dérogatoires », mais incapable de les rendre simples. Même retoquées, elles em… tout le monde, inutilement (quelle popularité aurait regagné le chef de l’État en les supprimant !).

Mais « efficace moyennement » comme partout ailleurs, la stratégie du commandant en chef ne cache pas les faiblesses congénitales du pays, que liste mon confrère : « impotence des administrations » (le « choc de simplification » jamais concrétisé par François Hollande attend toujours son déclenchement), « pénurie des moyens dans les hôpitaux » et « déclin de la recherche » (c’est là-dessus que le président candidat devrait avoir misé, en profitant de la manne financière pour remettre la France à la norme d’excellence qu’elle a perdue depuis longtemps).

En attendant, la lassitude des électeur·ices se montre à l’image de l’« accueil » glacial qu’Emmanuel Macron a reçu la semaine dernière à l’hôpital de Poissy-Saint-Germain-en-Laye (4 minutes montre en main pour ne rien dire à des soignants manifestement hostiles, bras croisés et dos tournés). À un an de l’échéance électorale, quoiqu’un peu moins bas dans les sondages que les deux précédents loosers Hollande et Sarkozy, Emmanuel Macron perd des points à 37 % de « total satisfaits » et 60 % de « total mécontents » (baromètre Ifop-JDD). Subtil ou pas, nuancé ou non, le coup du confinement ouvert ou du déconfinement couvert commence à grignoter une cote encore monnayable. Cadres supérieurs, plus de 50 ans et retraité·es lui retirent peu à peu leur confiance.

En fin de compte, ce sont les objectifs de vaccination tenus plus que les formules controversées du R0 et du nombre des morts qui deviennent les jauges de son potentiel de réélection. Il reste à espérer – et à prouver –, comme tendent à l’affirmer tous les « croyants » aux vertus des vaccins accélérés, que cette parade sera effectivement efficace. Le coronavirus-2 s’est tellement joué de toutes les certitudes scientifiques qu’il faut se vouloir optimiste pour prédire sa mise en sommeil prochaine. Autant l’être. Le pire n’est pas toujours sûr (Claudel), le pire n’est pas toujours certain (Ligue des optimistes). C’est ce que se répète sans doute notre laborieux président.

Olivier Magnan

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