Comment débiner un traitement prometteur en concluant à la faible portée d’un autre…

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Nous tenons une thérapie efficace, mais il ne faut surtout pas la promouvoir.

Olivier Magnan, rédacteur en chef

Voilà un an que nous citons les efforts de cette biotech de Nantes, Xenothera, dont l’anticorps polyclonal, le XAV-19, enraie la maladie dans les 15 premiers jours de sa manifestation. Nous userons de prudence en laissant penser que l’anticorps en question, qui relève du soin, de la thérapie active et non du vaccin, agit bien au-delà de cette modeste estimation du traitement sur les premiers jours de la maladie. Mais tel est bien le cas.

En réalité, peut-être par intuition journalistique, peut-être à l’écoute des propos même de la présidente de Xenothera, la docteure Odile Duvaux, notre enthousiasme pour cette thérapie nous porte à croire que la France tenait dès le début le médicament largement salvateur contre le Sars-CoV-2. Nous ne le saurons qu’à travers les futurs et encore trop lointains traitements appliqués à grande échelle le jour où la mise sur le marché sera décidée pour le XAV-19.

Bien sûr, l’anticorps polyclonal en question devait bien en passer par toute la batterie de tests requis. Mais, d’une part, c’est l’acharnement de la petite start-up française qui a abouti au lancement de l’essai clinique Polycor en cours au CHU de Nantes, et d’autre part c’est le combat quotidien de ses dirigeants pour décrocher les fonds nécessaires qui ont décidé d’une mise en œuvre tardive et entravée de toutes les manières possibles par les autorités sanitaires. Odile Duvaux n’a plus même envie de raconter les obstacles qu’elle a dû franchir pour qu’enfin cet anticorps au point depuis plusieurs années soit mis en œuvre.

Pourquoi ?

Pourquoi avoir poussé les feux au risque de tests inachevés – quelques mois contre plusieurs années « normalement » – pour les vaccins, et avoir négligé les thérapies mêmes qui auraient permis très vite de sauver des vies et désengorger les hôpitaux ? On devra écrire un jour la genèse du soin de l’humanité toujours en quête de la panacée miracle très lucrative, des technologies inabordables opposées aux maux induits par l’alimentation industrielle et les élevages intensifs d’animaux, et non des substances simples qui préviennent et guérissent, et de la fin des abus qui perturbent la biosphère.

Car en l’occurrence, Xenothera se heurte à une doxa de la recherche américaine qui privilégie l’anticorps monoclonal, souverain pour un virus précis. Or son anticorps polyclonal, comme l’a expliqué le 26 février le premier reportage consacré à Xenothera sur un JT national, celui de France 2, en agissant à la fois sur toutes les « pointes » du virus pour lui interdire l’accès à la cellule, en détruisant le virus même puis en agissant en puissant anti-inflammatoire, parvient à combattre, par son large spectre, tous les variants connus du Sars. Ce que ne fait pas le monoclonal.

Cerise sur le virus : pour commenter cette première mise en lumière tardive des avancées inouïes de la biotech de Nantes, notre confrère et médecin Damien Mascret, de France 2, après avoir reconnu que « les anticorps polyclonaux sont plus intéressants » que les monoclonaux, après avoir souligné que la dose d’injection unique à 2 000 euros se révèle hautement rentable au vu des vies sauvées et des jours d’hospitalisation évités, se concentre paradoxalement sur le bilan de l’anticorps monoclonal pour en montrer la faible portée : des patient·es faiblement atteint·es, pas de malades de plus de 80 ans… « Au final, très peu de patients », conclut-il. Au lieu de s’enthousiasmer pour le polyclonal, il fait le procès du mono…

© France 2. Le schéma illustre l’action de l’anticorps polyclonal qui inhibe toutes les “spikes” d’entrée du virus dans la cellule. Contrairement au monoclonal qui ne vise qu’une pointe, correspondant à un variant spécifique.

Décidément, non seulement la France, solidaire d’une Europe très peu efficace dans l’organisation de la vaccination, aura perdu un temps considérable dans la course à l’immunité, mais elle n’aura pas su reconnaître les pépites de son génie dès lors qu’il se manifeste au sein d’une petite biotech de rien du tout. C’est un peu la morale de l’histoire : grand labo, vous levez des milliards de fonds, vous vous faites rétribuer par milliards le vaccin salvateur, vous êtes le roi du monde. Petite boîte inconnue, vous mettez au point, depuis plusieurs années, une nouvelle technologie thérapeutique prometteuse, vous quémandez quelques millions pour en assurer le test et vous attendez qu’un journaliste mainstream débine un traitement qui n’est pas le vôtre.

Olivier Magnan

2 Commentaires

  1. Bonjour
    Comment vous aider concrètement dans votre combat ?
    Je suis persuadé du bien-fondé de votre démarche. Ne suis qu’un simple citoyen curieux et écœuré de la toute-puissance mafia pharmaceutique bien servie par des médias de m…..
    Bien à vous

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