Présidentielle virussée

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L’ex-président du H1N1 vacciné voudrait-il venir s’en prendre au président du Sars-CoV-2 pas encore vacciné ?

Olivier Magnan, rédacteur en chef

À l’heure où les courbes maudites des contaminations commencent à baisser partout dans le monde ou presque sans que personne, à commencer par les scientifiques patentés, ne sache vraiment pourquoi, puisque la latence du vaccin interdit de lui attribuer le mérite de cette baisse, les vieux démons de la politique s’en viennent boire au marigot contaminé. Le choix « téméraire » du président Macron – même si le journaliste Alain Duhamel en fait un Emmanuel le Hardi – de ne pas reconfiner devrait être porté à son crédit. Mais il suffirait que Coronavirus l’Imprévisible ne revienne en force sous un variant quelconque pour que le pari présidentiel se transforme en choix perdant.

À 432 jours de la présidentielle-covid, les appétits des candidat·es déclaré·es ou quasi déclaré·es s’aiguisent. Que Marine Le Pen se croie déjà la challengeuse ultime en dit long sur les contradictions du peuple français relevées par notre confrère Duhamel – à 80 ans, celui qui a parlé à l’oreille du plus grand nombre de présidents. Les autres ambitions se nomment Xavier Bertrand, président du conseil régional des Hauts-de-France (démissionnaire de LR), après le désistement de François Baroin, Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France (démissionnaire de LR), Anne Hidalgo, maire de Paris (PS), Yannick Jadot (Europe Écologie-Les Verts) ou peut-être Éric Piolle, maire de Grenoble, sans oublier celui qui a déjà goûté aux joutes présidentielles à hauteur de 20 % des suffrages exprimés et qui ne désespère pas de rendre la France insoumise (à qui ?). Ni l’ancien socialiste Arnaud Montebourg dont l’Engagement (son parti) est potentiellement das la course.

Mais un septième ambitieux rêve à l’évidence d’en découdre avec le candidat Macron, Nicolas Sarkozy, auquel la cote à 52 % d’opinions favorable en octobre 2020 (Statista) donne des ailes. L’ex-président du H1N1 n’avait pas eu à se battre contre un virus simplement de passage mais il avait déployé, avec sa ministre Bachelot, un arsenal inouï de doses de vaccin (il est vrai, au grand avantage du président de l’époque, un vaccin existant). Le voilà qui vitupère contre son ex-ami Macron auquel il reproche le désert des vaccinodromes, « comme j’avais fait ! » Gala révèle que Nicolas Sarkozy, en avance sur tout le monde et au mépris des règles de priorité, a réussi à se faire vacciner en janvier : il ne faudrait quand même pas qu’une petite covid lui interdise de rebriguer l’Élysée ! Surtout, Emmanuel Macron semble n’avoir guère tenu compte des conseils que l’« ex » lui prodiguait généreusement en éminence grise, ces derniers temps, et c’est aux yeux du perdant face à Hollande un camouflet qui ne réclame qu’une réponse : se présenter aux élections en 2022.

Ainsi va la politique française. Dès lors que l’on ne pourra porter au crédit du président sortant une stratégie victorieuse contre l’épidémie, il ne sera pas assuré de renouveler son bail. À moins que ces mêmes Français·es ne se souviennent qu’il fut l’homme des 100 milliards de Relance France.

Après tout, Paris vaut bien une dette.

Olivier Magnan

Illustration : masque en carton plat pour adulte, visage de Nicolas Sarkozy. Il est en carton souple et se maintiendra sur votre visage à l’aide d’un élastique.

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