Au fond, personne ne sait rien de l’efficacité des mesures…

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Certains pays non confinés ne sont pas en plus mauvaise posture que ceux qui se sont à une époque claquemurés, ce qui ne veut pas dire que les tenants du confinement aient eu tort. Bref, les savants ne savent toujours pas grand-chose sur le virus à pointes…

Olivier Magnan, rédacteur en chef

Qu’on le veuille ou non, qu’on le craigne ou pas, il existe un consensus scientifique autour du traitement de la pandémie : confinement et vaccin. Mais le dissensus aussi existe. Lui remet régulièrement en cause et confinement et/ou vaccin. Simplement, les porteur·ses de cette contestation de l’opinion scientifique orthodoxe sont vite catalogué·es complotistes ou attaqué·es par le conseil de l’Ordre des médecins. C’est parfois prophylactique quand le pseudo-expert profère des contre-vérités criantes. Mais dans le cas d’un Raoult, pour ne prendre que le plus connu des « contestataires », et le plus « capé », la bronca à son encontre se montre des plus suspecte. Il en de même pour quelques contestataires voués aux gémonies, peut-être à tort.

Au départ, l’idée de confinement, qui semble logique, émane d’un épidémiologiste britannique, Neil Ferguson. Dès le 17 mars, il avait fait suffisamment « flipper » le Président Macron pour que soit décrété le premier confinement. Ferguson parlait de 500 000 morts en France, de 510 000 morts au Royaume-Uni et de plus de 2,2 millions aux États-Unis. La réalité est déjà assez lourde comme ça (respectivement 81 000, 117 000 et 485 000) sans que l’on sache précisément quel rôle ont joué les confinements, alors que les prévisions Ferguson, fondées sur un traitement statistique dérivé d’une autre pandémie, et ancien, donnaient un peu toutes les courbes scénarisées possibles !

Après tout, ramené au million d’habitants, le bilan suédois est égal à celui de la France : si des mesures de distanciation ont été prises, jamais aucun confinement n’a été imposé en Suède. Un temps tenté par la fermeture des restaurants, le gouvernement scandinave n’a pas franchi le pas, même si les Suédois·es ont spontanément déserté les tables d’hôtes, à la grande colère des restaurateurs. Idem aux Pays-Bas où la statistique ramenée au million d’habitants reste en dessous de 1 000 dans un pays non confiné.

L’on voit au surplus en France que les appels au confinement de la totalité de la gent scientifique, à laquelle résiste pour l’heure le politique, ne sont pas pour le moment validés par cet état de « plateau », fragile mais persistant.

Personne ne sait que faire, mais tout le monde donne son avis.

Y compris sur les vaccins, vus comme la guérison ultime.

Or le cas de rechute d’un primo-contaminé commence à jeter le doute sur l’immunité vaccinale elle-même. Quant aux statistiques, toujours elles, elles jouent avec nos nerfs : en Israël, l’un des pays à la population la plus vaccinée au monde, y compris en 2e injection, les taux de contamination explosent à nouveau et le confinement est maintenu. C’est malheureusement le même constat chez le voisin britannique : malgré sa « supériorité » vaccinale sur la France, le pays reste la proie de l’épidémie.

En sera-t-il de même après la 2e injection ? Verra-t-on en France le plateau s’affaisser alors même que la vaccination retardée n’en serait pas la cause ? Ou au contraire reprendre ? Personne n’en sait rien.

Une évidence : confinement, couvre-feu, vaccins ne sont pas nécessairement les leviers vrais de l’évolution d’un virus incontrôlable. Peut-être ont-ils de l’effet sur sa propagation, peut-être pas. Peut-être en ont-ils à tel endroit, pas ailleurs. Si, demain, printemps aidant, l’épidémie s’effondre, même en l’absence de l’immunité collective tant espérée, une flopée d’experts nous montreront qu’ils·elles l’avaient toujours su. Mais nous ne saurons pas pourquoi.

Sur ces constats d’une effarante inutilité colorée de doute cartésien, destinés à ébranler les certitudes de toute nature, bonne journée, si possible…

Olivier Magnan

PS : comme une illustration à mon propos dubitatif, cet extrait d’un article de Télé 7 jours à propos d’un plateau de LCI où s’exprimait la d’ordinaire catégorique épidémiologiste Catherine Hill :

« La situation épidémique suscite l’incompréhension des scientifiques. Depuis quelques semaines, la circulation du virus semble avoir marqué le pas, voire être en recul. En France, cette tendance à la baisse est moins marquée que chez nos voisins européens, mais reste bien réelle : le nombre de cas positifs a diminué de 8 % quand les hospitalisations marquent une baisse de 7 %. Et même Catherine Hill a reconnu ne pas comprendre cette évolution surprenante de la pandémie. « Alors, qu’est-ce qu’il se passe ? Je n’en sais rien », a admis la biostatisticienne sur le plateau de LCI, ce jeudi 11 février. »

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