Présidences recyclables ?

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Pour perdurer, les républiques devront s’inscrire aussi dans la transition écologique.

Olivier Magnan, rédacteur en chef

Au moment où la COP 21 zigouillée par Trump reprend du poil de la bête, alors que le galopant réchauffement climatique se moque de nos mesurettes et s’envole vers les 3° à horizon 2050, la France prend petit à petit, lentement mais sûrement, des options climat : achat de seconde main, pratique du recyclage, bannissement des poisons, pratiques non polluantes (et au passage la dépollution, une activité économique à haute valeur).

Aucun de ces engrenages n’est en ligne avec l’objectif. Nous allons tout droit vers une claque climatique, avec son cortège de catastrophes qui viendront se surajouter au cataclysme covid. Dit comme ça, bonjour les dégâts et adieu le positif ! Ce n’est pas tout à fait vrai. Oui, nous allons connaître les années de plomb de nos abus, mais il reste peu vraisemblable que l’humanité se laisse décimer comme elle a appauvri la planète.

Proche est le temps où les nouveaux modèles économiques – pas forcément récessifs, pas forcément anti-humains ni déclinistes – vont relayer, sans rupture, le vieux modèle production-profit. Une forme de néolibéralisme « autre production-mais profit » qui visera à garder nos entreprises libres (système libéral) de créer, vendre, investir mais sans polluer ni appauvrir les ressources. Ni la créatrice de Vinted, aujourd’hui classée parmi les entreprises anti-gaspillage ni le créateur de SOS accessoire, désormais champion de la réparation du petit électroménager, n’avaient à l’origine créé leur concept d’entreprise en songeant à sauver la planète.

Simplement, la surabondance dévastatrice crée en soi des modèles rentables qui s’enrichissent de son contraire, le recyclage et l’économie circulaire. Les grands groupes par nature dévastateurs qui ne veulent pas disparaître « recyclent » à marche forcée leurs modèles pour produire plus, mais propre et durable, à partir d’énergies non fossiles.

Au milieu de ce changement de paradigme, ce sont les politiques qui « galèrent » le plus : ils·elles doivent – outre la lutte contre l’épidémie de court terme – assurer le passage entre l’ancien et le nouveau modèle sans en avoir le temps en quatre ou cinq ans de mandat. À moins de se recycler, façon Merkel – 15 ans de chancellerie –, les décideurs des politiques de nos États sont écartelés entre la fin du mois et l’échelle temporelle de la transition, beaucoup plus longue. Il va leur falloir se faire réélire sur la certitude d’un programme continu de transition ou faire en sorte que leur successeur ne détricote pas par idéologie les avancées accomplies. Une présidence recyclée et recyclable.

Olivier Magnan

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