Ne pas confondre relance et reprise

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L’une touche à l’économie, l’autre à l’épidémie, affaire de priorité.

Des heures de réunion au sein du conseil de défense et de sécurité nationale pour décider de nouvelles mesures face à l’apparente recrudescence de l’épidémie, puis dix petites minutes sur le perron de Matignon de Jean Castex, cas contact envoyé au casse-pipe par un président Macron économe de son implication (lire ici).

La montagne accoucha d’une souris : aucune nouvelle contrainte de type confinement, fût-ce au sein de la bulle familiale, l’exhortation à respecter les gestes barrières, l’autosatisfaction de voir se multiplier les tests tous azimuts, ce que contestent certain.es épidémiologiques sous cette forme. On ne s’en plaindra pas, tant le port du masque partout constitue une contrainte déjà bien assez lourde, mais l’on constatera que, désormais, recrudescence ou pas, il faudra « faire avec » et ne plus ralentir la France relance. La doctrine du sanitaire avant l’économie s’est masquée, vendredi, à l’image d’un Premier ministre beaucoup moins souriant qu’auparavant.

L’autre scénario de parade eût consisté à entendre la critique méthodologique à l’encontre de tests généralisés dont le nombre sans cesse accru ne semble pas la solution : il faudrait, comme certains pays le pratiquent, procéder par éprouvettes anonymes de dizaines de prélèvements pour aller plus vite et prioriser les porteur.euses de symptômes et les soignants. Voire pratiquer la « bulle » familiale, limitation des réunions at home, impossible à vérifier. Mais tout se passe comme si la stratégie des autorités de santé misait sur la capacité hospitalière à absorber ce flux revenu de contaminé.es plus jeunes, donc guéri.es plus vite, et sur la réduction de l’isolement à sept jours, garantie d’un retour plus rapide au travail.

Alors que le Conseil scientifique laissait entendre des mesures plus contraignantes, le gouvernement a choisi la sempiternelle responsabilité « de vous, de nous », beaucoup moins coûteuse en période de relance… de l’économie. Reste à savoir si cette stratégie sera la bonne en période de reprise… de l’épidémie.

Olivier Magnan

L’image d’illustration
Un conseil de défense d’avant covid : le président, stratège en chef.

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