99,75 % de chances de ne pas contracter le virus

C’est la bonne nouvelle. Mauvaise nouvelle : vous voilà confiné/e.

Olivier Magnan, rédacteur en chef

À force de compter les morts, de prôner un confinement anxiogène, de passer en boucle des images de médecins et infirmières incognitos sous leurs masques, de nous promener virtuellement sur des places et des rues désertes, d’assister aux feux d’artifice des pitoyables agitateurs de banlieue et de revoir pour la énième fois un reportage sur les contrôles de police, l’annonce des décès des vedettes ou des anonymes de 16 ans, on en est venu à oublier la réalité, les faits, les chiffres, la part de vie dans cette mise en scène de la mort. Non que les victimes du coronavirus de type 2 ne soient dignes de respect et de compassion, mais qu’au moins les non-victimes dudit virus ne soient pas perdues de vue, et que l’on cesse de les culpabiliser au prétexte que leur bonne santé insolente aurait interdit la cause nationale de l’immunisation.

Car nous sommes pratiquement tous et toutes indemnes. Et nous courons fort peu de risques de nous infecter, encore moins de nous retrouver dans un service d’urgence, ce qui ne nous empêche pas de déplorer les plus de 21 000 disparitions en France et les 185 000 décès en évolution sur la planète, chiffres médiocres face à d’autres contagions passées. En réalité, l’effet panique relève en grande partie du médiocre nombre de lits et de la compression du personnel de santé. Autrement dit, la crise sanitaire se révèle à travers le prisme d’une pénurie au sein du système de santé.

Les Français/es ont 99,75 % de chances de ne pas contracter la covid, et 99,9974 % de nos concitoyens survivront. Le calcul est simple : à un instant T, on a décompté officiellement 165 027 cas. Soit 0,25 % de la population atteinte… Dans sa lettre commerciale Nouvelle page, Laurent Tessier calcule que 9 975 Français/es sur 10 000 n’ont pas contracté le Sars-CoV-2. D’où ce chiffre occulté : le virus n’a pas affecté 99,9974 % de nos concitoyens.

De là à penser que la vraie solution passait par le confinement sélectif préconisé par « ce pelé, ce galeux* » de professeur Raoult, dont les solutions trop simples insultaient l’intelligentsia politico-journalistico-scientifique, et qui aurait consisté à, dixit, « multiplier les tests, traiter les gens et n’isoler que les gens positifs »…

À condition de disposer des tests. Un raté en passe de renvoyer la France, entre autres, au rang de pays sous-développé. Caramba, moi qui voulais rédiger un billet positif et optimiste, me voilà encore critique. Saleté de virus !
* La Fontaine, Les animaux malades de la peste.

Olivier Magnan, rédacteur en chef

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