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Le témoignage d’une jeune Américaine, Lisa Marie Rankin, auteure et professeure, coach en ayurvédisme.

Lisa Marie Rankin révèle le sentiment très américain que le « divin » se mêle toujours aux affaires humaines. Il n’empêche que son témoignage apporte des apaisements bons à méditer.

Tribune libre. Sommes-nous devenus plus connectés ou plus polarisés ? Le week-end dernier, j’ai reçu la première dose du vaccin covid-19 de Pfizer. J’aurais fini par me faire vacciner, mais je n’étais pas pressée. J’ai cherché à me faire vacciner plus tôt sur l’insistance de mon petit ami, qui l’avait déjà été. Sinon, j’aurais probablement attendu mon prochain rendez-vous chez le médecin.
Alors que je me rendais au centre des congrès pour me faire vacciner tôt un samedi matin, j’ai commencé à ressentir un sentiment de soulagement. Je me suis dit : « Peut-être que ce sera bientôt fini. » Mais j’ai aussi ressenti quelque chose d’autre, sur lequel je n’ai pas pu mettre le doigt. C’était quelque chose comme un regret ou un pressentiment, mais pas aussi fort. De l’incertitude, peut-être ? Étions-nous prêt·es à ce que la pandémie se termine ? Avons-nous tiré les leçons qui s’imposaient ? Je n’en étais pas si sûre.

Je suis entré dans le parking Prudential à Boston à 8 heures du matin. Les voitures s’y pressaient, les gens filaient vers la même destination, la vaccination. Nous nous sommes rassemblés (en respectant les règles de distanciation physique, bien sûr) pour attendre les ascenseurs et nous frayer un chemin dans les longs couloirs du centre commercial. De temps en temps, j’établissais un contact visuel avec un autre être humain. C’était comme si nous étions en pèlerinage. Même si je ne pouvais pas voir ou partager un sourire sous nos masques, j’aime à penser qu’il y en avait un. Il y avait un regard complice, peut-être même un hochement de tête. Nous avions survécu et allions passer de l’autre côté.

Nous voulons que nos familles soient en sécurité, nous voulons que nos vies aient un sens, et nous voulons connaître la santé et le bonheur.

Cette pandémie a touché tout le monde de manière très différente. Des personnes ont perdu des êtres chers, des carrières et leur sécurité. Je reconnais la tragédie et la souffrance, mais, pour moi, des leçons de vie sont apparues tout au long de cette expérience. Voici quelques-uns des enseignements que j’emporterai avec moi à l’avenir :

  • Créer une vie intérieure forte

Nous n’avons bien sûr aucun contrôle sur les événements extérieurs. C’est pourquoi nous devons donner la priorité à la mise en œuvre d’une vie intérieure solide et adaptable, capable de résister aux rebondissements inattendus. Privé·es des heures passées au bureau, du shopping ou des voyages, nous avons dû nous refonder l’unique constante, notre esprit. Et apprendre à faire la paix avec nous-mêmes. Le coronavirus a mis en lumière des aspects de notre vie que beaucoup d’entre nous doivent affronter. Notamment nos relations, notre carrière et notre santé mentale.

  • Nous sommes connecté·es.

Nos relations et nos amitiés ne doivent pas nécessairement se limiter à notre situation géographique ou à nos communautés existantes. Il existe dans le monde entier des personnes qui partagent les mêmes valeurs, intérêts et préoccupations que chacun d’entre nous. Nous faisons tous partie d’une communauté mondiale. Au cours de l’année écoulée, j’ai noué plus de liens significatifs avec des femmes intéressées par la spiritualité, la santé et ce que signifie être une femme qu’au cours des vingt années précédentes.

  • Nous sommes plus puissants que nous pensons le savoir

Nos paroles, nos actions et nos pensées produisent un impact réel sur les autres et sur notre environnement. Nous avons appris que nous pouvions propager un virus mortel sans même le savoir. Nous sommes également capables de propager des informations erronées, des sentiments négatifs, le signal de séparation. Nous devons assumer la responsabilité radicale de ce que nous diffusons dans le monde et contribuer à une société harmonieuse.

  • Nous sommes moins puissants que nous pensons le savoir

Une force plus grande que nous est à l’œuvre. Des virus nouveaux se propagent, des emplois disparaissent et le cadre protecteur que nous pensions avoir bâti risque de s’effondrer. C’est là qu’intervient notre foi, celle que nous faisons partie d’une force vitale divine plus importante et plus créative. La compréhension qu’il existe un cycle vie/mort/vie dans cette expérience. Que s’il y aura des fins, il y aura aussi de nouveaux commencements. La confiance que vous avez en vous, la créativité, la compétence et la sagesse sont les forces de votre adaptation.

  • La Terre est notre vraie mère

Pendant la majeure partie de l’année, les gens éprouvent le besoin d’activités à l’extérieur. On a connu pendant l’épidémie des pique-niques, des randonnées et des promenades, dans le respect des distances. Nous devons passer plus de temps à l’extérieur, nous souvenir de notre lien et de notre dépendance totale à l’égard de la planète Terre. Elle n’a pas besoin de nous, mais c’est nous qui avons besoin d’elle.

***

Ce ne sont là que quelques-unes des leçons que j’ai retenues, mais je pense qu’il reste encore beaucoup à apprendre au fur et à mesure que nous nous remettons de cette épreuve. À bien des égards, cette crise sanitaire nous a rapprochés, nous a rappelé notre humanité commune. Pourtant, nous semblons plus divisés que jamais.

Peut-être parce que nous avons davantage utilisé les écrans pour communiquer avec les autres, nous avons été victimes des algorithmes des médias sociaux et des nouvelles sensationnelles qui cherchent à nous attirer. Les deux partis politiques [l’auteure évoque bien sûr les démocrates et mes républicains] sont devenus des caricatures de leurs points de vue et opinions les plus extrêmes. Le centre, où je soupçonne la plupart des gens de se situer, est considéré comme position intenable : il faut adopter une position plus radicale. C’est inquiétant, car si nous ne pouvons pas échanger avec des personnes qui ne partagent pas exactement les mêmes opinions que nous, comment pourrons-nous avancer ?

Nous sommes tous plus semblables que différents. La covid-19 a essayé de nous le montrer. Nous voulons que nos familles soient en sécurité, nous voulons que nos vies aient un sens et nous voulons connaître la santé et le bonheur. Et la plupart d’entre nous le veulent aussi pour les autres. Réfléchissons tous à notre contribution à la discorde que nous connaissons. N’oubliez pas que nous sommes plus puissants que nous ne le pensons. Êtes-vous une force positive ? Faites-vous preuve de bonne volonté envers vos voisins ? Pouvez-vous engager une conversation avec quelqu’un qui pense différemment ?

Lorsque je suis arrivée dans la salle de vaccination, j’ai été étonnée de voir à quel point les choses étaient bien organisées. J’avais apporté un livre et un carnet pour m’occuper, mais je n’ai même pas eu le temps de les sortir de mon sac. Des Marines administraient les vaccins. Tous ceux et celles que j’ai rencontré·es étaient gentil·les, minutieux·se et bien informé·es. Merci à eux et elles.

En prenant rendez-vous pour mon deuxième vaccin dans trois semaines, je ne pouvais m’empêcher de me sentir un peu invincible. Mais aussi douce-amère. Comme si je passais à l’étape suivante avant d’être prête. Mais bien sûr, on n’est jamais vraiment prêt à passer à autre chose. Nous devons simplement avoir confiance et faire le saut. C’est le processus d’évolution. Si nous n’apprenons pas les leçons dont nous avons besoin aujourd’hui, « on » nous les resservira.

Qu’avez-vous appris du coronavirus ? Qu’avez-vous encore besoin d’apprendre ?

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