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Certains maires des villes confinées autorisent une réouverture en extérieur des commerces jugés « non essentiels », les grands sacrifiés des dernières mesures.

Seize départements français s’aventuraient le 20 mars sous une nouvelle mise sous cloche, décidée par le gouvernement. Avec au premier chef les régions Île-de-France et Hauts-de-France. Trois autres départements, la Nièvre, l’Aube et le Rhône, ont rejoint leurs acolytes confinés. Des allures de confinement soft, sauf pour les commerces jugés « non essentiels », sans doute les grands sacrifiés des dernières mesures. Au point que certains maires de villes confinées en viennent à autoriser l’ouverture de ces commerces… en extérieur ! Une façon de sauver les meubles après plus d’un an à endurer une pandémie qui pourrit la vie de nombre de commerçant·es. Le gouvernement, lui, ne compte pas allonger la liste des commerces essentiels de sitôt.

« Il ne serait pas compréhensible qu’au moment où la situation sanitaire se dégrade – où c’est difficile pour les soignant·es, pour les personnels hospitaliers – d’envoyer un message d’ouverture d’autres commerces », lance le ministre de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire. S’il y a bien un moindre mal lors de ce confinement allégé – en comparaison notamment avec le printemps dernier – les commerces essentiels qui peuvent continuer à accueillir leurs client·es se retrouvent plus nombreux. Les librairies, les disquaires, les coiffeurs ou encore les fleuristes font partie de ces commerces autorisés à ouvrir. Mais plus la liste s’allonge, plus le sentiment d’injustice pour celles et ceux qui en sont exclu·es s’intensifie. Les magasins de vêtements, chaussures, bijoux, les parfumeries, les magasins de jouets – entre autres – doivent rester fermés.

Les maires s’organisent
« Les commerçants compiégnois sont autorisés à reprendre leur activité en vendant leurs produits au déballage sur l’espace public devant leur commerce ». Pas une rébellion, un simple coup de pouce en faveur des commerçant·es sonné·es par la covid. C’est à Compiègne, dans l’Oise, que le maire LR Philippe Marini a pris un arrêté pour autoriser les commerçant·es à sortir leurs marchandises sur la voie publique. Un arrêté qui a été contesté en justice par la préfecture de l’Oise. Une décision sera rendue mercredi 31 mars, mais le maire LR ne reculera pas d’ici là. Même son de cloche à Dunkerque où le maire DVG Patrice Vergriete justifie sa décision par la volonté d’aboutir à une égalité de traitement : « Depuis l’entrée en vigueur des nouvelles mesures visant à lutter contre la covid-19, les commerçants sédentaires catégorisés comme non essentiels doivent faire face à une distorsion de concurrence. En effet, les commerçants ambulants peuvent travailler, notamment sur les marchés », détaille la mairie. Dans ce sens, les commerçants pourront occuper le trottoir « à condition de laisser un couloir d’un mètre réservé à la circulation des piétons et de respecter la distanciation sociale », jusqu’au 17 avril.

Direction Boulogne-sur-Mer, ville dans laquelle le maire PS Frédéric Cuvillier attend la réponse de la préfecture. Malgré tout, si un·e commerçant·e demande à occuper la voie publique ? Eh bien l’ancien ministre des Transports accordera la requête. « Nous faisons toute l’année des efforts pour dynamiser les centres-villes, il faut que les magasins aient les armes pour surmonter la crise », défend Frédéric Cuvillier, cité par France Bleu.

Fermeture des commerces « non essentiels », ce qu’il se fait ailleurs en Europe
N’oublions pas les bars et les restaurants, victimes de la loi covidienne depuis plus d’un an. D’ailleurs, l’Union des métiers de l’industrie et de l’hôtellerie (Umih) plaide pour une réouverture des terrasses des restaurants pour le 1er avril. Du moins là où c’est possible, d’abord dans les Pyrénées-Orientales et les départements de la Nouvelle-Aquitaine, et dans le respect de certains critères comme une jauge maximale (50 % des places au maximum, déjeuners dans un premier temps). Mais au sein du gouvernement, l’heure ne semble pas à un assouplissement des restrictions sanitaires, un conseil de défense aura lieu mercredi 31 mars. Qui laisse présager un durcissement des mesures déjà en vigueur….

Si les commerçant·es condamné·es à fermer leurs portes peuvent ressentir un sentiment d’injustice – légitime – d’autres pays européens ont aussi fait ce choix. Les bars, restaurants et commerces « non-essentiels » sont toujours fermés en Allemagne, sauf certains comme les coiffeurs ou les fleuristes. La chancelière allemande Angela Merkel a toutefois rétropédalé sur le durcissement des mesures – temporaire et ciblé sur le long week-end de Pâques –  et a demandé « pardon à tous les citoyens ». Aux Pays-Bas, si les restaurants et bars restent fermés, les commerces jugés « non essentiels » peuvent ouvrir seulement si un rendez-vous a été au préalable fixé. Territoire sur lequel règnent confinement et couvre-feu. Les commerces « non-essentiels » ont le rideau baissé en Irlande, idem pour les bars et restaurants. Restrictions aiguës en République Tchèque, en Estonie ou en Lettonie, trois pays qui ont décidé de fermer bars, restaurants et commerces « non essentiels ».

Un peu plus de liberté en Norvège : commerces, bars et restaurants ouverts (avec fermeture à 22 heures). En Suède, les restaurants et cafés accueillent des client·es mais restent priés de fermer à 20 heures 30. Théâtres, bibliothèques et cinémas sont fermés. Enfin, en Suisse, les magasins, les musées et les bibliothèques peuvent ouvrir. À l’inverse des bars et restaurants. Des situations susceptibles – à l’instar du virus – de muter très rapidement… GW

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