Des soignants libéraux devront rembourser une partie des aides

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45 % des soignant·es libéraux·les bénéficiaires du dispositif d’indemnisation de la perte d’activité devront rembourser une partie des aides.

Mauvaise nouvelle de rentrée pour les professions de santé libérales. Un an après avoir reçu des aides au titre de l’indemnisation de leurs pertes, des soignant·es vont devoir en rendre une partie, en moyenne plusieurs milliers d’euros. Dans le même temps, les Français·es se montrent favorables à la fin du « quoi qu’il en coûte ».

La réception de leur solde de tout compte par les soignants libéraux devient synonyme de déconvenue. Plus d’un an après l’entrée en vigueur, en mai 2020, d’un dispositif d’indemnisation de la perte d’activité (Dipa), à la suite des premières semaines de la crise et du confinement, des dizaines de milliers de professionnel·les de santé se voient réclamer le remboursement d’une partie des indemnités perçues. Et pour cause, l’objectif annoncé de ces aides d’urgence n’était pas d’offrir une compensation intégrale pour couvrir les revenus manquants, mais bien de fournir des fonds pour permettre aux cabinets médicaux libéraux de « survivre » à la période, et notamment de couvrir leurs charges fixes. En 2020, ce sont ainsi 1,1 milliard d’euros d’aides qui ont été fournies, et l’Assurance maladie devrait encore verser 142 millions d’euros supplémentaires. Soit une aide moyenne de 6 213 euros. Problème, certain·es des bénéficiaires doivent rembourser le « trop-perçu ».

La moitié des dentistes et des généralistes sont concerné·es
L’an passé, 31 300 dentistes ont fait une demande pour obtenir le Dipa, ils·elles ont touché ainsi 7 530 euros en moyenne. Certain·es ont même reçu un dernier chèque en juillet 2021, pour compléter l’indemnisation. Mais 53 % des dentistes bénéficiaires de l’aide ont reçu la facture de l’Assurance maladie et doivent rembourser en moyenne 4 263 euros. Du côté des généralistes, on compte 70 600 bénéficiaires du Dipa, pour une indemnité moyenne de 7 631 euros et une facture de 539 millions d’euros. 36 % des médecins généralistes sont débiteurs aujourd’hui. Tout compte fait, 45 % de tous les bénéficiaires du Dipa se voient réclamer un remboursement de 1 500 euros en moyenne. On reproche notamment à beaucoup d’entre eux·elles d’avoir demandé trop d’argent à l’Assurance maladie. Le mode de calcul du Dipa lui-même est remis en cause. Celui-ci se fondait sur la perte d’activité du 16 mars au 30 juin 2020. Problème, le déconfinement du 11 mai est passé par là et la reprise d’activité a été très forte dans certains cas, notamment avec le rattrapage des soins reportés. Aussi, le manque de visibilité est critiqué (plusieurs aides d’urgence ont été soustraites du Dipa, comme le chômage partiel et le fonds de solidarité).
Dans ce contexte, l’Assurance maladie a accepté d’étalier les paiements des remboursements sur douze mois et s’apprête à ouvrir des ateliers pédagogiques partout en France pour accompagner les professionnel·les de santé.

Une majorité de Français·es soutient la fin du « quoi qu’il en coûte »
Au-delà du remboursement des trop-perçus réclamés à certains bénéficiaires des aides d’urgence, la période de la rentrée 2021 est marquée par la fin progressive du « quoi qu’il en coûte » du gouvernement. Une chose est sûre, le débat divise. Du côté du gouvernement, on justifie la sortie du « quoi qu’il en coûte » généralisé par le contexte sanitaire : la campagne vaccinale tourne à plein régime et la croissance économique est revue à la hausse pour cette année. Bonne nouvelle pour l’exécutif : l’opinion publique semble suivre. Selon un récent sondage Elabe pour Les Échos, près de deux tiers (64 %) des Français·es sondé·es jugent qu’il est temps de recentrer les aides publiques vers les secteurs d’activité souffrant encore de restrictions sanitaires, restaurants et petits commerces en tête. Un revirement particulièrement populaire parmi celles et ceux qui ont voté François Fillon (89 %) et Emmanuel Macron (82 %) en 2017. Cependant, le retrait complet des aides massives (fonds de soutien et de solidarité, activité partielle, PGE) ne fait pas encore l’unanimité : 34 % estiment qu’il faut garder le même niveau de soutien pour tous les secteurs. En particulier les 18-24 ans, les 25-34 ans et les personnes âgées de 65 ans et plus. Aussi, et c’est peut-être une surprise et une bonne nouvelle de plus pour le gouvernement, 45 % des sondé·es pensent que le remboursement de la dette accumulée passera par une hausse de la fiscalité.

ABA

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