Axa débloque 300 millions d’euros pour les restaurateur·rices

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Le groupe d’assurance s’est engagé à verser jusqu’à 300 millions d’euros à 15 000 de ses clients restaurateur·rices.

Sous le feu des critiques et des procédures judicaires de la part de centaines de ses client·es, Axa France a annoncé une enveloppe de 300 millions d’euros pour indemniser les professionnel·les de l’hôtellerie-restauration meurtri·es par la crise. Beaucoup des client·es du groupe estimant que leurs pertes d’exploitation devraient être couvertes par l’assureur.

Au gré du déconfinement et de la levée des restrictions sur les commerces, terrasses et lieux accueillant du public, les restaurants et les cafés rouvrent leurs portes et se préparent à un été décisif. Reste que, pour la plupart d’entre eux, les fermetures contraintes et les pertes d’activité qui en ont résulté ces derniers mois pèsent lourd dans la balance. Et les entreprises et indépendant·es client·es d’Axa France peinent à se faire indemniser. Un bras de fer oppose depuis des mois l’assureur à des centaines de ses assuré·es contraint·es à la fermeture durant les confinements. Les restaurateur·rices reprochent à Axa le refus d’indemniser leurs pertes d’exploitation liées au contexte sanitaire. L’assureur, qui estimait que ses contrats d’assurance ne couvraient pas les pertes liées à une pandémie, a fait l’objet de quelque 1 500 procédures judicaires partout en France. Et si les issues de ces procédures se sont révélées aléatoires, Axa France est sorti perdant de la plupart des litiges. Face aux conflits judiciaires qui s’accumulent et à la suite de l’intervention du Syndicat des indépendants (SDI) qui a annoncé assigner le groupe en justice à son tour, l’assureur a préféré régler le bras de fer à l’amiable. En proposant une indemnisation aux 15 000 restaurateur·rices client·es d’Axa contraint·es de fermer pendant les confinements.

Échange de bons procédés
« Nous sommes aujourd’hui à un moment-clé en France, la réouverture des restaurants et des bars, mais aussi la réouverture de l’économie. On veut accompagner nos clients restaurateurs dans cette réouverture […] il est important de mettre derrière nous cette difficulté, le flou judiciaire qu’on a vécu dans le dossier des restaurateurs », a déclaré, jeudi, sur Europe 1, Thomas Buberl, directeur général du groupe Axa. Autrement dit, et sans langue de bois, Axa a fait volte-face pour ne pas continuer à subir la pression des procédures judiciaires. Une enveloppe de 300 millions d’euros a été annoncée. L’assureur précise toutefois que la somme versée « n’est pas une indemnisation, c’est une transaction ». Les client·es qui accepteront les fonds devront sans détour renoncer à toute action en justice contre Axa sur le dossier des indemnisations liées aux pertes de la crise sanitaire. Un bon assureur retombe toujours sur ses pattes…

En moyenne, cette « transaction » représenterait 20 000 euros par restaurateur·rice, et devra être compensée dans les comptes d’Axa par des développements favorables en 2021, comme le précise le groupe dans un communiqué. Du côté des restaurateur·rices et des syndicats, on s’interroge sur la stratégie à adopter. « Nous attendons de connaître précisément le mode de répartition et le calendrier de versement de cette transaction. Il n’est pas certain que les restaurateurs concernés n’aient pas tout intérêt, au vu des dettes accumulées qui, pour beaucoup, dépassent 20 000 euros, de porter leurs intérêts en justice », a affirmé le SDI auprès de l’AFP. Malgré les hésitations, Axa France entend bien lancer l’opération le plus tôt possible, dès le mois de juin, et ainsi « mobiliser l’énergie sur le relance plutôt que sur les contentieux », dixit Patrick Cohen, directeur général d’Axa France.

ABA

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