Si le virus cède, c’est à son bon plaisir

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Les médecins alarmistes ont tout faux. Ou bien auront raison plus tard. En attendant, l’Europe sort de sa léthargie.

Olivier Magnan, rédacteur en chef

Tout se passe comme si l’on avait décrété la fin de l’épidémie en France.

Et tout se passe comme si c’étaient les décideurs politiques qui l’avaient décrété, ce qui s’avère assez paradoxal. Quand les mesures de déconfinement ont été annoncées, personne n’aurait misé sur une chute aussi nette du taux de contamination. D’éminent·es infectiologues avaient même fustigé la prise de risque du chef de l’État : on verra partout dans les replay les certitudes à la Costagliola, cette épidémiologiste qui répétait en avril qu’« on n’est pas dans une situation qui permet d’espérer une embellie proche » et qu’ « en mai on n’aura pas du tout atteint les niveaux de couverture vaccinale qui permettent de relâcher les mesures de façon large… »

Mais quel têtu, ce virus, il dégringole quand même. Sans que la couverture vaccinale en France ne puisse rendre compte de ce magnifique résultat. Les clusters ? Ils se multiplient (terrasses des cafés, folie collective lors de la victoire du Losc à Lille…), les médecins rouspètent, le virus disparaît. Le 25 mai, le fameux R0, marqueur de la contamination, est inférieur à 1.

S’en réjouir ? Mais mille fois oui. Mais comment se fait-il que, presque par magie, en tout cas sans l’avis des médecins qui sont quand même les grands sachems de la tribu, dès lors que le roi Macron décide le retour à une quasi-liberté – imité par un préfet qui libère les gens du masque dans le Puy-de-Dôme –, le Sars-CoV-2 quitte la France ?

Aujourd’hui, trois scénarios attendent le choix dudit virus : le premier, comme la polio en son temps, est éradiqué au nom d’une immunité acquise de longue durée. Le deuxième, à l’image de la grippe, sème ses variants et ses nouvelles souches, et les labos s’enrichissent à coups de vaccins annuels adaptés. Le troisième ressemble à un rhume, on le chope vers 4 ans, malade ou pas, et l’on développe des formes plus ou moins graves mais pas mortelles. C’est du reste le scénario privilégié par un panel d’épidémiologistes à 89 % (donc suspect, vu le taux de vérification de leurs prédictions😉)

L’histoire de ce microbe qui n’en fait qu’à ses piques reste à écrire.

En attendant, tout en restant prudent·es, goûtons à cette trêve qui se décide sans que l’humain ait son mot à dire, et préparons-nous à ce fameux monde de l’après-covid dans lequel les entreprises vont se préoccuper d’environnement, de bien-être au travail et de modèle remote, autrement dit sans bureaux luxueux ni dress code

 

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