La vaccination, une affaire de riches…

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L’OMS dénonce un accès inégal à la vaccination en fonction des pays.

Voilà des mois que le globe a entamé sa course à la vaccination. Certains pays bien plus que d’autres. L’on sait notamment la rapidité des piqûres britanniques – plus de 20 millions de personnes totalement vaccinées à la mi-mai. La France, elle, a toujours en tête son objectif de 30 millions de primo-vacciné·es à la mi-juin. Sur ce point, le calendrier vaccinal bleu blanc rouge a même de l’avance. Puisque tous les adultes pourront se faire vacciner à partir du 31 mai ! Soit deux semaines avant la date prévue. À l’inverse, certaines régions du monde n’ont toujours pas vu l’ombre d’un vaccin. Ce qui a le don de contrarier l’Organisation mondiale de la santé (OMS). À juste titre.

« Il n’y a pas de manière diplomatique de le dire : un petit groupe de pays qui fabriquent et achètent la majorité des vaccins […] contrôlent le sort du reste du monde. » Le chef de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, n’a pas mâché ses mots lors de l’ouverture de la réunion annuelle des membres de l’agence sanitaire des Nations unies, lundi 24 mai. Son objectif : dénoncer l’accès très inégal au vaccin anti-covid à l’échelle mondiale !

Trois quarts des vaccins administrés dans dix pays
Une poignée de pays s’accaparent les vaccins contre la covid-19. En outre, « plus de 75 % de tous les vaccins ont été administrés dans seulement 10 pays », chiffre Tedros Adhanom Ghebreyesus. Selon les données officielles, plus de la moitié des doses sur le globe – 1,3 milliard – ont été administrées dans cinq pays seulement. Lesquels concentrent 50 % du PIB mondial. Pas de doute, la vaccination a tout d’une affaire de riches. Pour le patron de l’OMS, un accès équitable à l’ensemble des doses aurait permis de « couvrir tous les travailleurs de la santé et les personnes âgées » dans le monde.

Mais au contraire, les pays à faible revenu n’ont pour l’heure reçu que « 0,3 % des doses mondiales ». Dans ce sens, lundi 24 mai, six pays d’Amérique latine et des Caraïbes appellent les pays riches à partager les doses des vaccins contre la covid-19. Soit le Costa-Rica, l’Argentine, l’Uruguay, la Jamaïque, le Mexique et l’Équateur. Pire, les trois premiers pays cités, accompagnés du Paraguay et de la Colombie, font partie des 10 États du globe qui enregistrent le plus de cas détectés pour 100 000 habitant·es.

Vacciner 10 % de la population de chaque pays
Voilà ce que recommande le chef de l’OMS, d’ici au mois de septembre. De son côté, le président français Emmanuel Macron a réagi : « Nous n’avons pas le droit de stocker les vaccins dans certains pays alors que d’autres en manquent. Et il est choquant qu’on commence parfois à vacciner les enfants là où on n’a pas encore commencé à vacciner les plus âgés, les plus fragiles dans d’autres pays ».

Ainsi, la France promet 30 millions de doses de vaccins au programme Covax d’ici à la fin de l’année. Pour rappel, Covax s’inscrit dans le cadre d’un partenariat public-privé. Avec l’OMS, l’Alliance du vaccin (Gavi) et la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies (CEPI). Le dispositif entend garantir un accès plus équitable aux vaccins. L’un des desseins serait de parvenir à deux milliards de doses d’ici à fin 2021. Et particulièrement pour les pays à revenu faible ou intermédiaire. Comme nous l’avons mentionné mi-mai, beaucoup de pays africains n’ont toujours pas entamé leur campagne de vaccination. Parmi eux : le Tchad, le Burkina Faso, l’Érythrée ou encore le Burundi. Entre autres.

GW

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