Faillites d’entreprises : la Banque de France se veut rassurante

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Le gouverneur de la Banque de France est monté au créneau pour contester l’idée d’une vague de faillites inévitable.

Le déconfinement est lancé et la dégressivité progressive des aides aux entreprises avec. Face à la montée des inquiétudes et à l’incertitude, François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France, a minimisé les risques et confirmé les prévisions d’une croissance supérieure à 5 % en 2021.

« Il faut éviter d’exagérer les alarmes », affirme le gouverneur de la Banque de France. À l’occasion d’un discours prononcé devant la Banque européenne d’investissement – au Luxembourg –, François Villeroy de Galhau a tenté de calmer les craintes des entreprises et des acteurs économiques. Tout particulièrement à propos des très redoutées défaillances d’entreprises. Sur ce point, Villeroy de Galhau a minimisé les risques d’une hausse brutale des faillites, après le nombre excessivement faible de défaillances constatées depuis le début de crise sanitaire. Même si « la prudence s’impose en la matière », il ne faut donc pas, selon le gouverneur, exagérer les risques et devenir paranoïaque. Pourtant, l’inquiétude grandit toujours plus dans les milieux économiques dans la perspective d’une éventuelle vague de faillites qui pourrait déferler sur la France et l’Europe. Et amputer en partie la relance tant attendue. Effectivement, l’année 2020 a vu une chute historique du nombre de défaillances d’entreprises, avec 30 000 procédures dans l’hexagone, soit 20 000 de moins qu’en période normale. Une situation qui s’explique par le soutien et les aides de l’État aux entreprises.

Vers un retour à la normale
Les aides ne seront pas éternelles. Ce qui mène plusieurs organisations professionnelles mais aussi des économistes à craindre que les faillites manquantes en 2020 ne se matérialisent rapidement et n’affectent la reprise en provoquant une vague de défaillances. Et la Banque centrale européenne a elle-même tiré la sonnette d’alarme, en stipulant dans un rapport de la semaine passée que « la menace d’une vague de défaillances [était] grande ». De son côté, le gouverneur de la Banque de France décrit plutôt une conjoncture « logique » : « Sur les dernières semaines, les chiffres 2021 sont logiquement passés au-dessus de cette référence 2020 qui était très basse, mais restent significativement inférieurs à ceux de 2019 […] Un effet de rattrapage sur la période à venir ne signifierait pas une rupture, mais le retour à un rythme naturel. » La question : ce rattrapage annoncé sera-t-il supérieur au déficit constaté en 2020 ? « rien ne peut être exclu, mais rien ne permet aujourd’hui de l’anticiper », répond François Villeroy de Galhau.

Rebond de l’activité en perspective
Au-delà de l’analyse rassurante apportée par la Banque de France, l’institution financière se veut aussi porteuse d’espoir pour les perspectives de rebond économique et de croissance en 2021. Aujourd’hui, le projet de déconfinement d’ici à la fin juin ne modifie pas les prévisions de la Banque de France qui table toujours sur une croissance supérieure à 5 %, soit la prévision du gouvernement. « C’est la plus forte croissance depuis cinquante ans et elle est supérieure à la moyenne de la zone euro », a insisté François Villeroy de Galhau sur les antennes de BFM Business. En revanche, et le gouverneur de la Banque de France l’a rappelé, la qualité de la reprise et la justesse des prévisions restent liées et assujetties à la confiance (retrouvée ?) des consommateurs, des chef·fes d’entreprises et des investisseur·ses : « J’insiste sur cette variable même si elle ne se mesure pas. » En somme, l’optimisme n’est pas prohibé, mais la prudence reste de mise.

ABA

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