Vaccins : l’Europe accuse la Russie et la Chine de « désinformation »

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Quatre vaccins sont pour le moment autorisés par l’EMA.

La crise sanitaire marque des tensions politiques mondiales. Alors que le globe tente de se vacciner au plus vite pour sortir du fléau Sars-CoV-2, l’Europe s’écharpe avec Moscou et Pékin. Un rapport de l’unité de lutte contre la désinformation de la diplomatie européenne accuse la Russie et la Chine de dénigrer les choix européens en termes de vaccins. Deux pays qui useraient de « désinformation » pour promouvoir leurs propres vaccins. Au détriment des autres, produits par l’Occident. Explications.

La politique prendrait-elle le pas sur la santé ? Pour l’heure, l’Agence européenne du médicament (EMA) n’a approuvé que quatre vaccins. Ceux de Pfizer-BioNTech, Moderna, AstraZeneca (Vaxzevria) et celui de Johnson & Johnson. Les vaccins russe et chinois – Spoutnik V et Sinopharm – n’ont donc toujours pas obtenu la reconnaissance de l’EMA. Pire, un rapport de l’Union européenne pointe la « désinformation » de Moscou et Pékin à l’égard des choix européens.

« Saper la confiance dans les vaccins fabriqués en Occident »
Des efforts de « désinformation » et de « manipulation » seraient orchestrés par la Russie et la Chine. Pour discréditer les vaccins produits en Occident. Ils « utilisent des médias contrôlés par l’État, des réseaux de médias proches du pouvoir et des médias sociaux, y compris les comptes de médias sociaux diplomatiques officiels, pour atteindre ces objectifs », dénonce le rapport de l’UE. En cause notamment le compte Twitter officiel du vaccin russe Spoutnik V. Au total, l’unité européenne chiffre à plus de 100 nouveaux cas depuis début 2021 les actes de « désinformation » imputables au Kremlin.

Une des illustrations : la moquerie envers le laxisme européen à ne pas commander plus de vaccins pour accélérer la campagne vaccinale. « Est-ce que cela vaut vraiment la peine de participer à leur évaluation si l’UE n’a pas pour intention d’ajouter Spoutnik V à leur portfolio de vaccin après l’approbation de l’AEM ? Quelques bureaucrates européens et des lobbys pharmaceutiques pensent que tout va bien pour la vaccination dans l’UE et qu’aucun autre vaccin n’est nécessaire », lisait-on sur Twitter. Écrit mi-mars par l’équipe de communication du vaccin russe.

L’Europe se divise sur la question
Une étude publiée en 2020 par l’Oxford Internet Institute va dans le même sens. Qui pointe des médias comme les agences de presse Sputnik et Chine nouvelle. Des canaux qui auraient « politisé le coronavirus en critiquant les démocraties occidentales, en faisant l’éloge de leurs pays d’origine et en promouvant des théories du complot sur les origines du virus », dénonce l’institut. En parallèle, l’étude pointe – notamment en France – un fort taux d’engagement des internautes à l’égard de ces publications.

Certains pays n’ont pas attendu le feu vert de l’Agence européenne du médicament pour se lancer. C’est le cas de la Hongrie, dirigée par Viktor Orban. Un État membre qui a autorisé l’utilisation des vaccins Sinopharm et Spoutnik V pour sa population. Alors que le vaccin russe demeure étudié par l’EMA, depuis le 4 mars. La procédure avait duré plus d’un mois pour Pfizer-BioNTech, quatre mois pour AstraZeneca. Rien d’anormal alors à ce que le Spoutnik V ne soit toujours pas validé par le régulateur européen. Qui a d’autre part prouvé une efficacité de 91,6 % contre les formes symptomatiques, a estimé une étude de The Lancet. Après la Hongrie, la Slovaquie emboîtait le pas sur le vaccin russe. Après tout, les États restent libres de leur choix de santé. Quitte à bafouer l’autorité de l’EMA.

GW

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