Covid-19 : place à la production de vaccins en France !

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Les sites de Delpharm et Recipharm s’apprêtent à produire les vaccins Pfizer-BioNTech et Moderna.

À chaque printemps son esclandre. Après les masques en 2020, la vaccination cette année – entre critiques sur la lenteur de la vaccination française et retards de livraison. Mais la production de vaccins arrive enfin en France ! Cette semaine, les flacons Pfizer-BioNTech et Moderna devraient être fabriqués sur le territoire métropolitain sur les sites de Delpharm à Saint-Rémy-sur-Avre et de Recipharm à Monts. En parallèle, un nouveau centre de vaccination ouvre ses portes mardi 6 avril… le stade de France !

La flambée épidémique ne faiblit pas. Lundi 5 avril, le ministre de la Santé Olivier Véran a rappelé le rythme infernal de contaminations observé dans le pays : « Chaque jour, en moyenne, 40 000 Français se font diagnostiquer positifs à la covid-19. J’espère un pic le plus précoce possible, le plus tôt possible, parce que cela voudrait dire que nous aurions réussi à enrayer l’épidémie », explique le ministre. Qui prévoit un pic épidémique cette semaine et un pic de réanimation d’ici à deux à trois semaines. Olivier Véran a de nouveau insisté sur la volonté du gouvernement à administrer dix millions de doses à la mi-avril, un objectif qui serait atteint et même anticipé de « quelques jours », de quoi s’approcher piano-piano de l’immunité collective, prévue – en Europe – pour fin juillet, a estimé Thierry Breton, commissaire européen en charge des vaccins, dans les colonnes du Parisien.

La production de vaccins arrive en France
« La France est sur le point de basculer dans une production massive de vaccins », assure Thierry Breton. Et pour cause, dès mercredi 7 avril, les doses estampillées Pfizer-BioNTech – vaccin approuvé fin décembre par l’Agence européenne du médicament (EMA) – seront conditionnées au sein de l’usine Delpharm à Saint-Rémy-sur-Avre (Eure-et-Loir). « Ils vont commencer par la production de lots-tests dans un premier temps, pour s’assurer que tout est conforme aux standards de qualité attendus, et basculeront ensuite le plus rapidement possible sur de la production de lots commerciaux », détaille le ministère de l’Économie. Sur le site de Recipharm, à Monts (Indre-et-Loire), on s’apprête à recevoir la matière active, l’ARN congelé, depuis les installations européennes de Lonza, spécialisé en chimie pharmaceutique, pour préparer le vaccin Moderna – à partir de mi-avril. Et notamment les opérations de remplissage, de conditionnement, de contrôle qualité et de distribution. Pas d’inquiétude pour Recipharm, prêt à accueillir la fabrication de vaccins, le site est connu pour employer près de 250 personnes pour fabriquer des anesthésiques locaux. L’usine basée à Monts a tout de même dû investir 2 millions d’euros pour s’équiper de réfrigérateurs puisque le vaccin Moderna se doit d’être conservé à -18 degrés – ou 8 jours à une température comprise entre 2 et 8 degrés. Les vaccins fabriqués seront à destination de l’Europe mais aussi du monde, hors États-Unis – puisque Moderna bénéficie déjà d’un grand dispositif de production outre-Atlantique.

De leur côté, les sites du sous-traitant Fareva, celui d’Idron (Pyrénées-Atlantiques) et Val-de-Reuil (Eure), veilleront au remplissage et à l’emballage du vaccin CureVac, dans l’attente d’une homologation européenne, sans doute à partir de fin mai. Dans son usine de Marcy-l’Étoile (Rhône), Sanofi s’occupera de la production du vaccin Janssen (Johnson & Johnson), dernier vaccin en date à avoir bénéficié du feu vert de la Haute autorité de santé, dans la foulée de l’approbation de l’Agence européenne du médicament. Au total, environ 250 millions de doses devraient être produites sur le sol français en 2021, sans compter la mise au point du potentiel vaccin Sanofi, qui pourrait intervenir au second semestre… si les essais se révèlent concluants.

Place au centre de vaccination au stade de France !
C’est un centre de vaccination XXL. « Six jours sur sept, du lundi au samedi, de 9 heures à 20 heures ou 21 heures. Si ce doit être sept jours sur sept et 24 heures sur 24, ce sera sept jours sur sept et 24 heures sur 24 […] Nous sommes prêts à intensifier », a lancé Alexandra Boutelier, directrice générale du consortium stade de France. Pour l’heure, le vaccinodrome vise 10 000 personnes vaccinées chaque semaine, la cadence pourra ensuite s’accélérer. Mais l’objectif aussi, c’est de réserver la moitié des rendez-vous aux habitant·es de Seine-Saint-Denis, une des régions les plus touchées par la pandémie. Dans un premier temps, le centre accueillera les publics prioritaires, les plus de 70 ans, puis les plus de 60 ans à la mi-avril ainsi que les personnes atteintes de comorbidités. L’ouverture prend effet au minimum pour six mois, de là, des rencontres de football pourront se tenir, le vaccinodrome, lui, sera situé au sous-sol.

Sur le front de la vaccination, l’exécutif semble avoir changé de braquet. Dans l’optique de ne plus subir une énième nouvelle vague alors que « 5 400 malades » se trouvent actuellement en réanimation, a chiffré le ministre de la Santé Olivier Véran. Et alors que des vaccinodromes – et pas des plus petits – ouvrent, d’autres ne peuvent faire autrement que fermer leurs portes… en raison d’un manque de volontaires. C’est ce qui s’est passé dans le Nord-Pas-de-Calais où l’on propose le vaccin Vaxzevria produit par AstraZeneca, le doute s’installe sur ce vaccin en particulier. À raison. GW

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