Bercy débloque une nouvelle aide pour les commerces

Temps de lecture constaté 2’20

Pour indemniser les commerces de secteurs touchés par des surplus de stocks, 200 millions d’euros sont mis sur la table.

L’exécutif opère un nouveau coup de collier dans l’aide aux entreprises. Dans le viseur de cet énième dispositif : quatre secteurs (habillement, chaussures, maroquinerie et magasins de sports) qui font face à l’épineuse accumulation des stocks. Ce sont environ 35 000 commerces et entreprises de moins de 50 salarié·es qui devraient en bénéficier.

Le filet de sécurité déployé par l’État pour sauver les entreprises et éviter les faillites poursuit son déploiement. Et les dispositifs d’aides s’empilent. Dans la foulée du nouveau tour de vis sanitaire annoncé à la mi-mars et le cloisonnement décidé le 31 mars, Bercy a annoncé le lancement d’une nouvelle aide pour les commerces. Au menu : une enveloppe de quelque 200 millions d’euros destinée à indemniser quelque 35 000 commerces et entreprises de moins de 50 salarié·es issus de quatre secteurs (habillement, chaussures, maroquinerie et magasins de sport). Il s’agit en l’occurrence d’aider les commerçant·es qui voient leurs stocks de marchandises grossir et s’accumuler à cause de la crise sanitaire, avec souvent peu d’espoir de les écouler puisque les produits sont le plus souvent saisonniers. Une aide qui fait suite à plusieurs semaines de consultation des principaux·les concerné·es et de réunions entre Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances et Alain Griset, ministre délégué aux PME. Si, selon Bercy, le secteur de la distribution et le commerce n’ont pas particulièrement souffert des restrictions sanitaires, « ce n’est pas le cas des quatre secteurs concernés qui ont vu une baisse de leur activité de 10 % ». Chose promise, chose due, l’aide à la prise en charge des stocks est lancée. Une bouffée d’air en perspective pour les commerçant·es qui doivent subir à court terme de grosses pertes de trésorerie. Et même pour beaucoup, une perte sèche, puisque les stocks de 2020 et de 2021 ne se vendront pas en 2022.

Une aide de 6 000 euros
Le coup de pouce est fléché vers les entreprises de moins de 50 salarié·es et plus particulièrement vers celles qui ont bénéficié du fonds de solidarité en novembre. Pour éviter une procédure longue d’inventaire des stocks invendus, un critère simple a été retenu : les commerces concernés recevront 80 % de ce qu’ils avaient touché via le fonds de solidarité en novembre (l’aide au titre du fonds de solidarité était alors plafonnée à 10 000 euros et ouverte à toute entreprise en perte de 50 % ou plus de son chiffre d’affaires). En moyenne, les entreprises concernées pourront ainsi percevoir en moyenne 6 000 euros et au maximum 8 000 euros, versés en une seule fois et sous deux mois, pour un coût total de 200 millions d’euros. « S’il avait fallu indemniser de manière plus précise, nous aurions dû nous plonger dans la comptabilité des entreprises, justifie Bercy. Nous avons fait le choix de l’efficacité et de la rapidité en se basant sur les aides qui ont été versées en novembre. C’est ce qui nous paraît le plus juste. » Par ce choix, le ministère de l’Économie abandonne la piste de la vente des stocks à perte lors de la réouverture qui était loin de faire l’unanimité parmi les commerçant·es et soumise à des perspectives de réouverture qui s’éloignent compte tenu de la situation sanitaire.

Indemnisation pour les grosses enseignes
Pour les plus grosses enseignes commerciales, qui représentent selon Bercy 200 ou 300 entreprises, les stocks devraient également se voir indemnisés, dans le cadre d’une mesure plus globale de prise en charge des coûts fixes, à hauteur de 70 % des pertes d’exploitation. En l’occurrence, l’aide, qui entre en vigueur mercredi 31 mars, est d’une moindre ampleur, et sera plafonnée à 10 millions d’euros sur six mois.

Du côté des TPE/PME, l’accueil de la nouvelle aide est inégal. Pour Marc Sanchez, secrétaire général du Syndicat des indépendants, « cette mesure est positive, car c’est ce que nous demandions. Alors que les stocks de printemps-été, pour un petit commerce, peuvent représenter entre 15 et 20 000 euros, une aide de 6 000 euros n’est pas négligeable ». À l’opposé, Yohann Petiot, directeur général de l’Alliance du commerce, est moins enthousiaste : « Cette aide va soutenir les petits commerces de centres-villes qui sont souvent fermés depuis le 20 mars, tandis que rien n’est prévu pour les magasins des centres commerciaux qui, eux, sont fermés depuis fin janvier ». Pour contenter tout le monde, il faudra encore sortir le portefeuille…

ABA

Répondre

Saisissez votre commentaire
Saisissez votre nom ici

J’accepte les conditions et la politique de confidentialité

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.