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À l’heure où 11,6 % de la population française a reçu au moins une première dose de vaccin contre la covid-19, celui du laboratoire Johnson & Johnson s’apprête à être livré en Europe. En parallèle, le « certificat sanitaire » européen se met en place.

Et un vaccin de plus pour lutter contre la pandémie covid-19. Le laboratoire Johnson & Johnson a annoncé que son vaccin – le Janssen – sera livré à partir du 19 avril au sein de l’Union européenne. C’est le quatrième produit à faire l’objet d’une demande de commercialisation sur le Vieux Continent après Pfizer-BioNTech, Moderna et AstraZeneca. Il permettrait aux Européen·nes – et notamment aux Français·es – d’atteindre leurs objectifs en matière de vaccination d’ici à la fin de l’été. En parallèle, Thierry Breton, commissaire européen en charge des vaccins, a précisé l’arrivée d’un « certificat sanitaire » européen, sans doute disponible dès le 15 juin. Tour d’horizon.

7 798 091. Voilà le nombre de personnes qui ont reçu – en France et au 29 mars – au moins une dose du vaccin contre la covid-19. Environ 11,6 % de la population française. Bien entendu, le degré de vaccination dépend surtout de l’âge, puisque la France a fait le choix de vacciner – de façon prioritaire – les individus les plus âgés et ceux qui présentent des comorbidités. De là, fin mars, environ 25 % des plus de 75 ans ont reçu une vaccination complète contre moins de 5 % des moins de 75 ans. Ailleurs dans le monde, Israël a vacciné 60 % de sa population, sous-entendu au moins une première dose (un pays de 8 millions d’habitant·es), 45 % pour le Royaume-Uni, dont la population, en nombre, se rapproche de celle de la France. Outre-Manche, le géant pharmaceutique GSK a annoncé mettre en flacon 60 millions de doses du vaccin produit par l’américain Novavax à destination du Royaume-Uni. Aux États-Unis, le président Biden annonce que 90 % des adultes américains seront éligibles au vaccin d’ici au 19 avril – pour l’heure, près de 30 % des habitant·es auraient reçu au moins une première dose.

Le vaccin du laboratoire Johnson & Johnson arrive…
Après le feu vert de l’Agence européenne du médicament le jeudi 11 mars et celui de la Haute autorité de Santé le lendemain, le laboratoire Johnson & Johnson a annoncé que les premières livraisons de son vaccin Janssen arriveraient au sein de l’Union européenne dès le 19 avril. Avant une diffusion dans toute l’Europe. Au global, 200 millions de doses auraient été commandées d’ici à la fin de l’année avec une option de 200 millions de doses supplémentaires. Mais pour le deuxième trimestre, l’UE parle de 55 millions de doses d’ici à fin juin. La France pourrait en récupérer 8 millions dans un premier temps – mais pas de calendrier précis pour le moment quant à son intronisation et son injection sur le sol français. Un vaccin qui ne nécessite qu’une seule dose, or « les vaccins monodoses sont considérés par l’Organisation mondiale de la santé comme la meilleure option en situation de pandémie. Ils améliorent l’accès au vaccin, sa distribution et sa conformité », se réjouit Paul Stoffels, responsable scientifique de Johnson & Johnson. Afin de préparer au mieux son entrée en Europe, le laboratoire a signé multiples accords avec d’autres laboratoires et sous-traitants : Sanofi en France, Catalent en Italie et IDT Biologika en Allemagne, qui seront chargés, par exemple, de la mise sous flacon.

L’arrivée de Johnson & Johnson ne fera tout de même pas oublier le flou autour des livraisons de l’AstraZeneca – décidément abonné aux polémiques. Mercredi 24 mars, l’Union européenne annonce durcir le contrôle des exportations de vaccins produites en son sein, avec, derrière, la volonté de pousser AstraZeneca à tenir ses engagements. En témoigne la réquisition de 250 000 doses de vaccin, produites en Italie et destinées au départ à l’Australie. Thierry Breton est revenu sur ces retards de livraisons. Même s’il dit avoir confiance, le commissaire européen prend malgré tout ses précautions : « Tant qu’AstraZeneca n’aura pas rempli ses obligations, tout ce qui est fabriqué sur le sol européen est destiné aux Européens. S’il y a du surplus, ça ira ailleurs. » Bref, malgré les querelles entre Bruxelles et l’AstraZeneca, en France, deux millions de doses du vaccin en question devraient être livrées, parmi un pool – 29 millions de doses – stocké en Italie, c’est ce qu’a annoncé Clément Beaune, le secrétaire d’État aux Affaires européennes, dimanche 28 mars. Le pays attend aussi de nouvelles livraisons Pfizer-BioNTech : « Près de 2 millions de doses à partir de la semaine du 5 avril […] Ils ont toujours été au rendez-vous », détaille, de son côté, Agnès Pannier-Runacher, ministre de l’Industrie.

La production de vaccins va s’accélérer en Europe
« Nous avons maintenant 52 usines qui travaillent 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 en Europe pour produire », a lancé Thierry Breton. Une capacité de production qui permettrait – selon les dires du commissaire européen chargé des vaccins – de parvenir aux « 360 millions de doses prévues à la fin du deuxième trimestre et les 420 millions qui sont nécessaires […] pour commencer à parler de cette immunité collective et l’atteindre », a-t-il expliqué.

Si l’on se penche sur la France, quatre sites pharmaceutiques s’apprêtent à produire des vaccins. Comme le site Recipharm – situé en Indre-et-Loire – qui produit du Moderna depuis le mois de mars. Alors que le site de Delpharm, lui, devrait participer à partir du mois d’avril au remplissage de flacons du vaccin Pfizer-BioNTech. À Pau et Val-de-Rueil, Fareva devrait démarrer la production de CureVac, dès son autorisation au sein de l’UE, a priori en mai prochain. Enfin, Sanofi pourrait accompagner la production du vaccin Pfizer-BioNTech depuis une de ses usines basée en Allemagne, dès le mois de juin.

Alors que la production et la livraison de vaccins rythment l’Europe, essentiel aussi de s’interroger sur la question – pour le moins épineuse – des tarifs négociés par la Commission européenne pour une dose de chaque vaccin. En ressortent les chiffres suivants – prix à l’unité – dont les disparités s’expliquent par les conditions de conservation (plus ou moins contraignantes) ainsi que par le lieu de production choisi :

  • AstraZeneca : 1,8 euro
  • Janssen (Johnson & Johnson) : 7 euros
  • Pfizer-BioNTech : 12 euros
  • Moderna : 14,7 euros

Les contours du « certificat sanitaire » européen se précisent
Critiquée, la campagne de vaccination française garde en tête cet objectif de s’adresser à 30 millions de citoyen·nes d’ici à la fin du mois de juin. Step by step, Olivier Véran, ministre de la Santé, évoque l’objectif intermédiaire d’avril : « D’ici à la mi-avril, nous aurons vacciné plus de 10 millions de personnes, soit une majorité des personnes les plus vulnérables au virus. Nous tiendrons les objectifs fixés, avec en ligne de mire l’espoir immense du retour à la normale », s’engage le ministre. Dans ce sens, la campagne de vaccination a pris un léger tournant dans l’hexagone depuis samedi 27 mars, soit l’ouverture au vaccin aux personnes de 70 ans et plus.

Ultime étape franchie par l’Europe en matière de vaccination, la mise à disposition d’un « certificat sanitaire » européen, soit passeport vaccinal, qui serait disponible à partir du 15 juin. Un document qui pourra vous être demandé – en format numérique ou papier – pour prendre l’avion, participer à une « manifestation importante » ou entrer dans un lieu public, et qui précisera le vaccin reçu, votre état, si vous êtes porteur·se de la maladie et si vous avez des anticorps. Sans pour autant – et c’est sans doute l’objet de la controverse autour de ce pass sanitaire – être obligatoire. Cependant, en cas d’absence de certificat, un test covid négatif sera, lui, exigé. Difficile de s’y retrouver dans cette jungle vaccinale – on vous l’accorde – mais pour les Français·es, les Européen·es et le monde, le retour à la vie d’avant se fait long. Bien trop long. GW

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