Sans surprise, 16 départements contraints à un troisième confinement

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Jeudi 18 mars, le Premier ministre Jean Castex a annoncé un nouveau confinement pour deux régions et trois départements. Le couvre-feu repoussé à 19 heures pour toute la France, à l’heure d’été.

La « der-des-ders » ? Dans une guerre d’usure contre un virus qui nous pourrit la vie depuis plus d’un an, le gouvernement a annoncé jeudi 18 mars une nouvelle mise sous cloche pour deux régions et trois départements, et pour une durée d’un mois. Sur le banc des « prévenus » : l’Île-de-France, les Hauts-de-France et les départements des Alpes-Maritimes, de l’Eure et de la Seine-Maritime. Écoles ouvertes, couvre-feu repoussé un poil plus tard, télétravail plus que jamais encouragé… Retour sur ce qu’il ne fallait pas manquer des annonces du Premier ministre.

On l’attendait sans doute plus tôt et pour tout le monde. Bien arrivé mais ajusté. Le confinement, longtemps évité par le gouvernement, a fini par s’imposer, notamment en région francilienne où l’épidémie serait devenue « hors contrôle » : un taux d’incidence proche de 450 pour 100 000 habitant·es, soit une hausse de 23 % en une semaine, près de 1 200 personnes en réanimation – le seuil de capacité pour accueillir les patient·es covid en réa se révèle atteint –, c’est même davantage que le pic observé en novembre. L’Île-de-France sera donc confinée sept jours sur sept pendant un mois. Idem pour les Hauts-de-France, les Alpes Maritimes, l’Eure et la Seine-Maritime. Depuis vendredi 19 à minuit, un tiers des Français·es se confrontent une nouvelle fois au régime du confinement. Qui se distingue quelque peu de ce qui avait été décidé en mars 2020 et en novembre par l’exécutif.

Couvre-feu repoussé à 19 heures, écoles ouvertes…
Le confinement n’annule pas pour autant la mesure du couvre-feu, tout de même repoussé à 19 heures depuis samedi 20 mars : « Le dispositif de couvre-feu sera maintenu selon les mêmes règles qu’aujourd’hui. Avec une différence cependant : l’heure de début passera de 18 à 19 heures, et cet ajustement est lié à l’arrivée prochaine de l’heure d’été », a confirmé le Premier ministre. Donc confinement accouplé au couvre-feu à 19 heures pour deux régions et trois départements, et couvre-feu à 19 heures pour le reste de la France.

Contrairement au premier confinement, les écoles resteront ouvertes dans les zones concernées par l’instauration de ce troisième acte d’isolement : « Les écoles maternelles, les écoles élémentaires, les collèges fonctionneront donc normalement. Pour les lycées qui sont déjà pour plus des deux tiers, en demi-jauge, ils basculeront en totalité dans ce fonctionnement », a annoncé Jean Castex,  qui préfère maintenir l’éducation, fier de se distinguer de la plupart des « voisins européens ». Confinement plus souple ? Disons confinement qui n’exclut pas totalement la possibilité de sortir… Oui, la nuance semble mince ! Puisque vous pouvez, dans les départements soumis au confinement, vous aérer, vous promener, faire de l’activité physique, en journée, et sans aucune limitation de durée. À condition de rester dans un rayon de dix kilomètres autour de votre domicile. Les déplacements interrégionaux, eux, seront interdits dans le souci de ne pas diffuser le virus dans les zones plutôt préservées. Hormis pour des motifs impérieux ou professionnels. Autrement dit, l’habitant d’une région confinée ne peut s’égayer dans le reste de la France, mais celui d’un territoire non confiné n’est pas non plus le bienvenu dans ces départements, alors qu’il a la possibilité de voyager partout ailleurs. Grosse inégalité.

Télétravail « au moins » 4 jours sur 5, fermeture des commerces « non essentiels »
Sans doute, les grands perdants de ce confinement remodelé sont-ils les commerces jugés « non essentiels ». Puisque seuls les commerces de première nécessité resteront ouverts dans les territoires où le confinement s’est de nouveau imposé. Soulagement toutefois pour les librairies, les disquaires, les coiffeurs considérés désormais comme « essentiels », ils pourront donc ouvrir leurs portes. Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement, a bien précisé que les coiffeurs feront bien l’objet d’une dérogation pour accueillir leurs client·es, mais devront bien entendu respecter un protocole sanitaire renforcé. Le gouvernement a insisté sur la poursuite de la stratégie du « quoi qu’il en coûte » à laquelle on s’est toutes et tous habitué·es depuis un an. Le ministre délégué aux comptes publics, Olivier Dussopt, prévient que le gouvernement maintient ses prévisions de croissance pour l’année en cours, malgré les annonces de jeudi 18 mars qui coûteraient… environ 1,2 milliard d’euros par mois.

Le télétravail se trouve plus que jamais fortement recommandé, à raison de quatre jours – et c’est un minimum – sur cinq par semaine : « Beaucoup d’entreprises en sont à encore moins aujourd’hui », regrette le Premier ministre.

Dix millions de Français·es vacciné·es d’ici au 10 avril ?
Le vaccin AstraZeneca, qui subit quelques déconvenues depuis plusieurs jours et notamment une suspension dans certains pays, a été repris en France depuis vendredi 20 mars. D’après les conclusions de l’Agence européenne du médicament, ce vaccin se montre « sûr et efficace ». Jean Castex, qui a affirmé vouloir se faire vacciner pour montrer l’exemple, a rappelé l’objectif du gouvernement : dix millions de Français·es vacciné·es d’ici au 15 avril.

Un sentiment de retour à la case départ pour l’opposition : « Retour au Moyen Âge : le confinement. Puis déconfinement. Puis reconfinement. La vis sans fin », lance le chef de file de La France insoumise (LFI) Jean-Luc Mélenchon. Le confinement, « c’est ce que l’on fait quand on a tout raté », râle la présidente du Rassemblement national (RN), Marine Le Pen. Des critiques inévitables. Mais le bout du tunnel pourrait pourtant approcher… L’optimisme, sans doute. GW

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