Les TPE, entreprises clés pour la relance ?

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En première ligne des victimes de la crise sanitaire, mais aussi des forces vives de l’économie française, les TPE et les indépendant·es font le dos rond et attendent la relance tant espérée. Relance qui ne se fera pas sans le retour en forme des 2,1 millions de TPE françaises qui représentent 98 % des entreprises. Marc Sanchez, secrétaire général du Syndicat des indépendants (SDI), décrypte la situation et les attentes des « petit·es » patron·nes, et se tourne vers la relance.

Marc Sanchez, secrétaire général du Syndicat des indépendants (SDI)

Après près d’un an de crise, où en sont les TPE et les indépendant·es ?
Le dernier baromètre des TPE publié par le SDI en février dresse le bilan de l’année 2020. Tous secteurs confondus, on constate en moyenne des pertes de CA de 20 à 30 % par rapport à l’exercice 2019. Évidemment, certains secteurs vivent des situations bien plus complexes, tout ce qui est événementiel, tourisme, restauration… Ces secteurs n’ont pas de perspective claire, notamment sur la question de leur capacité à se relancer.
Nous avons aussi mené un point d’étape pour les entreprises recevant du public (ERP) depuis janvier, notamment avec le prolongement des soldes. On constate malheureusement qu’il n’y a pas eu d’efficacité particulière et nous sommes toujours sur une perte de CA de 20 à 30 %, avec un fort impact du couvre-feu à 18 heures qui a pénalisé les entreprises pratiquant le click & collect. Il y a beaucoup de mécontentement et de désillusions.

Comment accueillez-vous les mesures prises par le gouvernement ?
Le problème que l’on a, c’est que l’on observe toujours un décalage entre les discussions constructives que l’on peut avoir avec Bruno Le Maire et Alain Griset, et la concrétisation des mesures. Effectivement, les déclarations d’intentions et l’écoute sont positives, mais dans les faits, au-delà des effets d’annonce, les systèmes mis en place sont décalés dans leur concrétisation. Il y a par exemple encore des entreprises qui n’ont pas été indemnisées pour le fonds de solidarité du mois de décembre 2020 et la déclaration pour le mois de janvier n’a été mise en ligne que le 24 janvier. Beaucoup d’entrepreneur·ses n’ont rien et se retrouvent dans des situations assez inextricables.

Que réclamez-vous ?
Ce que l’on aimerait obtenir, c’est de la simplification dans l’accès aux dispositifs, qui reste assez compliqué aujourd’hui. Et puis bien évidemment une réactivité de plus en plus nécessaire mais de moins en moins au rendez-vous.
La demande des dirigeant·es que nous représentons n’est pas exclusivement liée à la nécessité des aides, bien que la situation l’exige, mais surtout à la possibilité de relancer leur activité le plus vite et le plus fort possible. Pour cela, le gouvernement est attendu au tournant, en particulier sur la capacité que le pays va devoir mettre en œuvre sur la vaccination de sa population. Le couvre-feu à 18 heures est aussi très pénalisant, nous avons demandé qu’il soit repoussé à 20 heures pour permettre un étalement de la clientèle et éviter des pertes de CA significatives.

La campagne vaccinale est synonyme d’espoir pour les TPE ?
Les dirigeant·es de TPE sont pro-actif·ves et veulent se rapprocher de la médecine du travail pour pouvoir faire bénéficier du vaccin à leurs salarié·es. Le SDI défendait cette proposition et elle a été annoncée par le gouvernement. Bien entendu, toutes les déclarations d’intentions seront toujours limitées à la quantité de vaccins disponibles dans les centres de vaccination, et c’est peut-être là que la bât blesse. Les protocoles sanitaires en entreprise génèrent un manque de productivité relativement important et qui pénalise le chiffre d’affaires, donc on attend bien sûr une vaccination plus massive sans pour autant donner nécessairement lieu à une embellie économique, que l’on espère.

Quelles sont les priorités à court terme ?
Notre objectif, c’est déjà de prendre en considération la situation actuelle des TPE et de les accompagner le plus possible en facilitant leur accès aux aides. Il faudrait aussi accorder des aides aux entreprises qui sont en dessous de la limite des 50 % de perte de CA. Ce qui peut passer par le report des charges d’exploitation et des cotisations sociales, mais aussi par le décalage du remboursement du PGE qui devrait être prorogé sur une période de six ans au lieu de quatre ans. Bruno Le Maire s’est engagé sur ce point et doit intervenir auprès de la Commission européenne pour obtenir ce délai, a priori c’est sur la bonne voie.
On travaille aujourd’hui avec le gouvernement sur le prochain plan pour les indépendants qui devrait être présenté par Alain Griset à la fin mars et qui visera à intégrer et associer les TPE à la relance, ce qui n’était pas assez le cas dans le plan France Relance. Il faut rappeler que les TPE constituent 98 % de notre tissu entrepreneurial et que c’est un tissu de proximité qui tient le choc, et qui est le plus actif en termes de création d’emplois. C’est une taille d’entreprise très dynamique qu’il ne faut pas négliger pour la relance économique post-covid, on ne pourra pas faire sans elles.

Propos recueillis par Adam Belghiti Alaoui

 

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