Le rebond du PIB revu à la baisse par la Banque de France

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Selon la banque centrale, l’économie française mettra plus longtemps à se relever que prévu.

Nouveau point de conjoncture mensuel et nouvelles projections pour la Banque de France. L’institution revoit à la baisse ses prévisions et repousse le « retour à la normale » aux niveaux d’avant crise. En cause, un deuxième confinement qui est passé par là et une nouvelle chute de l’activité en novembre. Ainsi qu’une pandémie encore vive et un déploiement des vaccins qui se fait attendre.

Lundi 14 décembre, la Banque de France a publié ses projections macroéconomique mensuelles, scrutées par les observateurs. Le rebond de l’économie sera moins vigoureux que prévu. Les économistes de la banque centrale se montrent plus prudent·es que le gouvernement et tablent sur une hausse du PIB de 5 % l’an prochain (contre une projection de Bercy de 6 %). Reste qu’ils·elles se montrent moins inquiet·ètes pour cette année, en considérant une récession de 9 %.
« L’hypothèse est que l’épidémie ne cesserait pas immédiatement et que le déploiement généralisé de vaccins ne serait pleinement effectif que fin 2021 », explique la Banque, qui ajoute que « le niveau d’activité de fin 2019 ne serait retrouvé qu’à mi-2022 ». Autrement dit, le retour au niveaux économiques d’avant-crise n’est pas pour demain. La Banque de France anticipe une croissance en 2022 sur le même rythme qu’en 2021 : 5 %. Pour 2023, l’institution table sur un niveau « moins inhabituel », légèrement supérieur à 2 %. Au rang des grands enseignements tirés par la banque centrale, l’inquiétude des ménages se maintient.

Surcroît global de l’épargne
Il y a trois mois la Banque de France tablait sur une contraction du PIB de 8,7 % cette année, avant une reprise de 7,4 % l’an prochain. Ses nouvelles prévisions sont donc bien en-deçà. Entretemps, la France a subi une deuxième vague épidémique et le reconfinement a provoqué une chute de l’activité de 11 % en novembre, il devrait provoquer une nouvelle baisse de 8 % en décembre. Une persistance de l’épidémie, couplée à l’attente du déploiement des vaccins qui devrait toujours contraindre la consommation des ménages début 2021, estime l’institution bancaire.
L’inquiétude domine encore du côté des ménages. À la fin 2020, le surplus d’épargne financière des ménages devrait être de l’ordre de 130 milliards d’euros et « restera élevé », selon François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France, qui évalue à 70 milliards d’euros l’épargne supplémentaire en 2021. Un joli paquet de 200 milliards d’euros d’épargne qui profiteraient bien à l’économie et à la consommation. « C’est une réserve de croissance significative » a ainsi estimé le gouverneur de la Banque. Réserve de croissance ou épargne de précaution liée à la dégradation du marché du travail ? Toujours est-il que la consommation des ménages devrait se redresser significativement avec la levée progressive des pressions sanitaires durant l’année 2021.

Scénarios et exportations
Face à la somme de ses prévisions, la Banque de France envisage un pic du taux de chômage aux alentours de 11 % au premier semestre 2021, avant une décrue à 9 % fin 2022. Mais l’institution soumet également deux scénarios alternatifs : l’un plus optimiste d’un rebond du PIB de 7 % en 2021 en cas d’amélioration sanitaire. L’autre plus pessimiste qui envisage une circulation du virus toujours plus forte et une nouvelle contraction du PIB de 11 %. Le gouvernement, et l’OCDE, tablent tous deux sur une hausse de 6 % du PIB en 2021.
L’un des enjeux clés du rebond reste la vitalité des entreprises. Bonne nouvelle, elles n’ont pas autant freiné leurs investissements que certain·es observateur·rices avaient pu le craindre et la baisse reste en-dessous de celle du PIB. Reste que la crise sanitaire continue de nuire en matière d’exportations. « Certains points forts traditionnels de la France, en particulier le tourisme et l’industrie aéronautique, devraient rester affectés par les restrictions pesant sur les déplacements internationaux », expliquent les économistes de la Banque centrale, selon lesquel·les les exportations ne devraient pas retrouver « leur niveau d’avant crise avant le second semestre 2023 ».

Adam Belghiti Alaoui

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