La Haute Autorité de Santé livre ses recommandations pour la stratégie vaccinale

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Priorité aux résident·es des Ehpad, stratégie de vaccination en cinq étapes, la Haute Autorité de santé donne le cap.

Depuis les premiers jours de la crise sanitaire, la Haute Autorité de santé fait office de voix experte et déterminante, de caution scientifique de la stratégie sanitaire du gouvernement, entre confinements, couvre-feu et restrictions en tout genre. La prochaine étape de la « guerre » contre la covid sera celle de la vaccination. Et ce n’est pas une mince affaire, beaucoup sont encore réticent·es face au vaccin. Au moment d’évoquer le plan vaccin qui « sera présenté aux Françai·ses en toute transparence », Olivier Véran concédait que « la France a beau être le pays de Pasteur, c’est un pays qui doute parfois, et qui doute parfois fortement, plus fortement que les autres, lorsqu’il est question de vaccin ». Pire, selon un sondage Ifop pour le JDD, 59 % des Français·es n’auraient pas l’intention de « se faire vacciner lorsque cela deviendra possible ». Outre les sceptiques et autres antivaccins primaires, le défi est avant tout logistique. Quelle stratégie adopter ? Quel public vacciner en priorité ? L’autorité de santé indépendante a livré ses préconisations, qui seront la clé de voute de la stratégie du gouvernement.

Déclinaison en cinq phases selon les publics prioritaires
Dans les premières semaines de disponibilité du vaccin, les doses accessibles en France ne seront pas suffisantes pour vacciner à tout va ni pour vacciner l’ensemble des 3 millions de professionnel·les de santé. Les 30 millions de personnes plus ou moins à risque devront attendre. Dans son rapport, la HAS recommande sans détour de vacciner en premier lieu les personnes âgées les plus fragiles, majoritairement en Ehpad. 750 000 personnes sont ainsi visées en priorité pour la première phase du plan, qui cible également les personnels de santé les plus exposés, pour beaucoup salarié·es des Ehpad (environ 100 000 personnes). Pour rappel, les Ehpad, qui comptent 52 000 résident·es, déplorent à ce jour 16 000 morts.

La deuxième phase se concentrerait sur l’ensemble des personnes de plus de 65 ans, avec dans l’ordre : « Les personnes de plus de 75 ans, puis les personnes de 65 à 74 ans à comorbidité, puis les autres personnes de 65-74 ans ». Dans le même temps, devront se vacciner les « professionnel·les de la santé, du médico-social et du transport sanitaire, en priorisant les professionnel·les âgé·es de plus de 50 ans ».

La troisième phase serait celle des « personnes de plus de 50 ans ou de moins de 50 ans mais à risque de forme grave en raison de leurs comorbidités » ainsi que de « l’ensemble des professionnel·les du secteur de la santé et du médico-social ». La HAS ajoute dans cette troisième phase les « professionnel·les issu·es des secteurs indispensables au fonctionnement du pays ». On pense notamment aux enseignant·es et aux forces de police.

La quatrième phase, dit la HAS, devra s’élargir aux « professionnel·les dont l’environnement de travail favorise une infection (contacts réguliers du public, milieu clos) […] et aux personnes vulnérables ou précaires au pronostic moins favorable en cas d’infection par la covid-19 (résident·es en hôpital psychiatrique, sans domicile fixe, détenu·es…) ».

La cinquième et dernière phase pourrait être celle de la vaccination des « personnes de plus de 18 ans et sans comorbidité ». Et ce « sous réserve que les allocations de doses vaccinales auront été suffisantes pour vacciner chacune des populations prioritaires ». Dans son rapport, l’autorité indépendante ajoute que ses recommandations sont des pistes préliminaires, qu’il faudra actualiser et adapter en fonction de l’évolution des données disponibles sur les multiples vaccins, le nombre de doses disponibles et d’éventuelles tensions sur l’approvisionnement.

Selon le Président de la République, la première phase de vaccination devrait commencer « vraisemblablement dès fin décembre, début janvier, sous réserve de validation par les autorités sanitaires ». Un autre défi sera celui du stockage et de l’approvisionnement des vaccins. Ceux de Pfizer et Moderna exigent de très basses températures de conservation.

Adam Belghiti Alaoui

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