Une deuxième vague moins violente que prévu

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Selon les dernières projections de l’Institut Pasteur, le nombre de patient·es en réanimation covid va rapidement baisser.

Deuxième vague, deuxième confinement, nouveaux temps durs… La fin de l’année 2020 a un goût de déjà-vu. Mais l’optimisme reste permis et le tour de vis sanitaire opéré début novembre semble porter ses fruits, à en croire les dernières projections de l’Institut Pasteur, dont les analyses sont suivies de près par le gouvernement pour piloter l’action sanitaire. Selon l’institut, il y aura moins de 1 500 malades de la covid en réanimation à la mi-décembre.

Voilà désormais plusieurs jours que la tendance tend à se confirmer : la deuxième vague retombe petit à petit. Le 20 novembre, Santé publique France annonçait même que le pic de cette nouvelle vague avait été franchi, au moins du point de vue des contaminations. Le pic des hospitalisations et le pic des décès se font encore attendre, mais la situation évolue dans le bon sens. Sur la semaine 46 (du 9 au 15 novembre), le taux de positivité des tests RT-PCR était de 16,2 %, contre 19,7 % durant la semaine 45. Une baisse également observée sur le nombre de nouvelles admissions en réanimation de patient·es covid : de 3 037 en semaine 45 à 2 761 en semaine 46 (-9 %). Ce sont justement ces données cruciales des admissions en réanimation et du taux d’occupation des lits de réanimation par des malades covid qui cristallisent les craintes et engendrent la forte tension hospitalière actuelle. Mais l’Institut Pasteur rassure son monde : le « nombre de patient·es covid en hospitalisation réanimation » en métropole va baisser et passer sous la barre des 3 000 dès le 30 novembre.

Le pire a été évité
Ce lundi 23 novembre, 4 430 malades de la covid étaient en réanimation. Durant la deuxième vague, le maximum d’occupation aura été atteint le 16 novembre, avec 4 903 lits occupés par la covid, loin des sommets atteints lors de la première vague. Autrement dit, les scénarios les plus pessimistes envisagés, 9 000 réanimations covid sans confinement ni couvre-feu et 6 000 dans l’hypothèse d’un confinement moins efficace qu’au printemps, ont été évités. En définitive, et malgré le maintien de l’ouverture des écoles et des trajets maison-travail pour beaucoup de Français·es, le port généralisé du masque, les gestes barrière et la réduction drastique des rassemblements publics causée par le confinement auront eu raison du scénario catastrophe, qui laissait craindre une occupation à plus de 70 % des lits de réanimation par des malades de la covid (quelque 7 300 lits sur un maximum de 10 400 lits). Un taux qui a cependant été atteint dans la région Auvergne-Rhône-Alpes. L’Institut aux 10 prix Nobel va même plus loin en dessinant une courbe qui aboutirait à moins de 1 500 personnes en réanimation covid dès le 14 décembre. Des prédictions qui se base sur un taux de reproduction du virus de 0,9.

Soulagement pour les hôpitaux
La tension hospitalière, principale source d’inquiétude quant à la capacité de nos services de santé à répondre efficacement face aux contaminations, est donc sur la pente descendante, selon l’Institut. Mieux, les patient·es « déprogrammé·es » pour laisser place à l’urgence covid sont peu à peu repris·es en charge. Le départ des patient·es covid des lits de réanimation libère des dizaines de lits. Pour rappel, au 20 novembre, le taux d’occupation générale, covid ou non, des services de réanimation était de 6 600 lits sur 7 785, soit 85 %. Les reprogrammations progressives ont commencé, elles demanderont du temps et une coordination nationale.

Outre la projection d’occupation des lits de réanimation, l’Institut Pasteur livre également un bilan du nombre de personnes infectées par la covid depuis le début de la crise. A ce jour, 11 % des Français·es auraient contracté la covid, plus d’un·e sur dix. Au-delà de la moyenne nationale, on retrouve sans surprise l’Ile-de-France, avec 20,7 % de contaminations, ainsi que le Grand Est (14,6 %) et l’Auvergne-Rhône-Alpes (13,6 %). L’immunité collective est encore très loin, mais ces taux de contaminations participent également, paradoxalement, à la dynamique optimiste observée et projetée par l’Institut Pasteur. Prochaine étape, le vaccin.

Adam Belghiti Alaoui

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