Malgré le tour de vis sanitaire, l’Europe est bien le nouvel épicentre de la pandémie

L’équipe multidisciplinaire CovidMinute emmenée par le médecin français Guillaume Zagury observe une augmentation de la mortalité journalière en Europe et appelle à la patience pour juger de l’impact du confinement.

Dr Zagury

Guillaume Zagury a exercé à Wuhan, y a connu l’épisode de Sras en 2003 et pratique à temps partiel à Shanghai. Ce spécialiste en santé publique internationale délivre régulièrement une précieuse analyse chiffrée et scientifique de la crise sanitaire, à coup de schémas, de graphiques et de constats diffusés gratuitement sur CovidMinute avec les Dr Bachir Athmani, Mohamed Fadel et Denis Boutry.

  • L’Europe, nouvel épicentre de la pandémie : si la distribution par continent de la mortalité journalière révèle que parmi les cinq premiers pays il n’y a qu’un État européen (dans l’ordre États-Unis, Mexique, Italie, Iran, Inde), le Vieux continent est bien le nouveau point chaud. L’Union européenne rassemble quelque 12 millions de cas en cumulé, 190 000 nouveaux cas et 2 600 décès par jour. La France est, elle, au quatrième rang européen en termes de mortalité journalière (302).

  • Il faut penser global mais gérer local : il est encore trop tôt pour juger de l’efficacité du reconfinement. Il faudra au moins encore attendre une semaine et observer si l’objectif du gouvernement (5 000 cas par jour, contre 27 000 ce dimanche 15 novembre) est atteint. L’optimisme est permis, dit le Dr Zagury, deux semaines après le début du nouveau confinement, son équipe observe des éléments positifs : nombre de nouveaux cas journaliers stable (C+ sur le graphique), nouvelles hospitalisations (H+, 1 500 par jour) et admissions en réanimation (I+, 270) en baisse.

  • Tout l’enjeu pour le système de santé est dans le nombre de lits de réanimation : « Le reste n’est que blabla », selon les expert·es. Surtout, si, comme les Allemand·es, nous disposions de 20 000 lits de réanimation, nous pourrions discuter plus sereinement et plus logiquement de la réouverture des commerces. Toujours est-il que selon l’équipe Zagury, « le confinement n’est pas la solution long terme ». Le docteur craint « un conflit de génération ».

  • Il y a toujours des disparités régionales : qu’il s’agisse des capacités de lits de réanimation, du taux d’occupation ou du rapport entrée/sorties à l’hôpital, nos régions sont inégales. Point de convergence parmi les disparités : l’effet positif de la stabilisation des entrées/sorties en réanimation se décline relativement dans toutes les régions.

PS : Dans sa volonté de ne pas créer un climat « anxiogène et répétitif », et de conserver un « impact positif », l’équipe du Dr Zagury a décidé de ne publier plus qu’une étude statistique par semaine.

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