La Banque de France plus optimiste que Bercy

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Les dernières prévisions de la Banque centrale française tablent sur un impact du reconfinement moins important que prévu.

Comme à son habitude, depuis le début de la crise sanitaire, la Banque de France a dévoilé lundi ses prévisions d’impact de la crise sur l’économie. En comparaison avec le premier confinement, l’institution anticipe une chute du PIB près de trois fois moins importante. Et se montre plus optimiste que le gouvernement. Selon les spécialistes, les maintiens des services publics et des écoles y sont pour beaucoup.

L’économie française va connaître une fin d’année 2020 à nouveau marquée par la récession économique et la chute du PIB. Mais, « bonne mauvaise nouvelle », selon les dernières estimations de la Banque de France, publiée lundi 9 novembre, la chute sera moins importante que prévue. Si le second confinement va provoquer de nouvelles pertes, son impact sera moindre en comparaison avec le premier confinement du printemps. Sur France Inter le 8 novembre, Olivier Véran, le ministre de la Santé, le répétait encore : « Il est trop tôt pour juger de l’effet du reconfinement. » Pour autant, les prévisions économiques, elles, se multiplient. L’enquête de conjoncture de la Banque de France, menée auprès de 8 500 chef·fes d’entreprise depuis le 28 octobre, constitue « la première mesure de l’appréciation par les chef·fes d’entreprises de l’effet du confinement. Résultat : une estimation d’un recul de l’activité de 12 % (perte de PIB pour une semaine d’activité), contrairement aux 20 % anticipés par le gouvernement et loin de la baisse de 31 % connue en avril.

Confinement allégé et adaptation des entreprises
Le gouvernement l’a assez répété, le reconfinement se veut conçu pour enrayer la progression alarmante et exponentielle de l’épidémie sans pour autant condamner toutes les entreprises et le bon fonctionnement de l’économie. À cette fin, l’injonction n’est plus seulement « restez chez vous », mais bien « restez chez vous, continuez d’aller au travail si le télétravail n’est pas possible et emmenez vos enfants à l’école ». Le maintien des établissements scolaires et des services publics, justement, joue un rôle significatif, selon la Banque de France, qui estime qu’un quart de l’écart (de baisse du PIB) entre les deux confinements lui est dû. Selon François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France, le reste provient « de l’adaptation des entreprises » aux protocoles sanitaires et, malgré un respect inégal des injonctions, au télétravail.
Tout cela se traduit dans les chiffres : le secteur du bâtiment par exemple, tournerait aujourd’hui à 95 % de son activité « normale ». Idem pour l’industrie, qui présente un taux d’activité de 89 %, contre 51 % en avril, lorsque beaucoup de chantiers avaient été arrêtés. Là encore, l’ouverture des écoles y est pour beaucoup en autorisant les salarié·es à rendre au travail.

Contraste et récession
Malgré la situation plus favorable de l’industrie et du bâtiment, le second confinement provoque peu ou prou autant de difficultés pour les secteurs de la restauration, de l’hébergement et des services à la personne. En octobre, la restauration fonctionnait à seulement 62 % de son niveau d’activité normal, elle est aujourd’hui tombée à 9 %. L’hébergement fonctionne lui à 17 %. Un constat amer qui s’étend à tous les secteurs concernés par les fermetures administratives et donc très impactés par ce nouveau confinement.
Reste que ce nouveau confinement présente un moindre coût économique, en comparaison avec le précédent. Un constat qui se traduit dans les chiffres de la récession, tels que prévus par la Banque de France. Le gouvernement table sur un recul global de 11 % du PIB sur l’ensemble de l’année 2020. Pour le gouverneur de la Banque de France, « avant la deuxième vague, nous pensions qu’on aurait une récession d’un peu moins de 9 %, nous pensons aujourd’hui que sur l’ensemble de l’année 2020 on sera entre – 9 et -10 % de contraction du PIB ». Si elles sont loin d’être réjouissantes, ces prévisions n’en sont pas moins « rassurantes ». Le choc devrait être moins dur que prévu. Du moins, pour l’instant. La Banque de France a également précisé qu’elle ne fera pas encore de « prévision sur l’ensemble du trimestre parce que tout va dépendre effectivement de ce qui se passe sur le mois de décembre ».

Adam Belghiti Alaoui

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