Ce que coûte (pour le moment) la crise à la France…

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Depuis mars, la crise covid aurait coûté 186 milliards d’euros à la France.

Le fameux « quoi qu’il en coûte », ne cesse de marquer le Président de la République Emmanuel Macron. Il s’agit de soutenir toutes celles et ceux pour lesquel·les la crise a réduit à néant – ou presque – leur activité. Eh bien, ça commence à chiffrer ! Notamment en raison de la mise en place du dispositif d’activité partielle. Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, et Olivier Dussopt, ministre délégué aux Comptes publics, dressent le bilan… provisoire.

Dans un entretien accordé au Journal du Dimanche, Olivier Dussopt a lâché le chiffre de 186 milliards d’euros. Voilà ce qu’aurait coûté la crise covid-19 à la France depuis le mois de mars et la mise en place du premier confinement. Si l’on décortique un peu, parmi ces 186 milliards, 100 milliards résultent de pertes de recettes et le reste de mesures d’urgences. Dont les trois quarts « ont été engagés dès la première vague », précise le ministre délégué aux Comptes publics. En parallèle et au premier chef des mesures d’urgence : le chômage partiel, qui représenterait à lui seul environ un tiers des 86 milliards d’euros d’ « urgences ».

Une envolée de la dette publique
Il y a d’abord eu les révisions du PIB pour cette fin d’année. On le sait, le deuxième confinement prononcé par le chef de l’État jusqu’au 1er décembre – au moins – aura un nouvel impact négatif sur l’économie. D’où les ajustements de Bruno Le Maire : on passerait d’une récession de 10 % à 11 % pour 2020, un écart pas si démentiel expliqué justement par l’arsenal de mesures destinées à limiter l’impact de la crise sur le PIB, mais qui mécaniquement gonfle la dette publique. Le serpent qui se mord la queue.

Ainsi, en un an, notre dette publique devrait grimper de vingt points de pourcentage pour passer de 98,1 % du PIB fin 2019 à environ… 119,8 % fin 2020 ! C’est plus que ce qui avait été anticipé il y a quelque temps par le gouvernement, qui songeait à un niveau de dette publique de l’ordre de 117 % du PIB. L’effet du deuxième confinement sans doute, et la mise sur la table aussi d’une enveloppe de 20 milliards d’euros supplémentaires pour amortir le nouveau choc.

Une mise dans le rouge nécessaire
Malgré une addition de plus en plus salée, le gouvernement se félicite des réponses qu’il apporte pour soutenir l’activité économique. D’ailleurs, pour le ministre de l’Économie Bruno Le Maire : « En 2020, le PIB français va chuter de 11 %, mais le pouvoir d’achat des Français·es de 0,5 % seulement », précise-t-il pour Le Parisien. Grâce aux aides mises en place donc. Et « s’il faut faire davantage pour les populations précarisées par la crise, nous le ferons », surenchérit Bruno Le Maire. L’amortissement d’aujourd’hui pourrait constituer l’investissement de demain.

De son côté, Olivier Dussopt, affirme que la dette publique – bien qu’à un niveau qui a de quoi donner le vertige – sera remboursée, « celles et ceux qui prétendent le contraire sont des irresponsables », a-t-il fait savoir dans les colonnes du JDD. Ce qui prendra plusieurs années. En espérant que la facture ne s’alourdisse pas – encore un peu plus – entre-temps… GW.

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