Année noire pour l’emploi à domicile

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En pleine chute libre, le secteur du travail à domicile a limité la casse grâce au chômage partiel.

C’est l’heure des comptes pour le secteur de l’emploi à domicile et le constat est amer. L’Agence centrale des organismes de sécurité sociale (Acoss) révèle une chute de la masse salariale versée aux professionnel·les de la garde d’enfants, tout particulièrement durant le confinement. Les dispositifs de chômage partiel ont permis de compenser le manque à gagner et les arrêts d’activité. En partie.

Les derniers mois de 2020 sont noirs pour l’économie française. L’embellie estivale aura vite laissé place à un nouveau recul de l’activité et du PIB. Et le gouvernement préfère prévenir : les mauvais résultats économiques vont continuer à pleuvoir et la croissance devrait être négative pendant encore plusieurs mois. Tandis que Bercy chiffre le coût des nouvelles mesures de restrictions, dont le couvre-feu étendu à 54 départements, à 2 milliards d’euros supplémentaires, certains secteurs continuent de payer, et de compter, les pots cassés. On a beaucoup parlé des secteurs du tourisme, de l’hôtellerie-restauration et de la culture, mais peu de l’emploi à domicile (garde d’enfants, services à la personne, aide au ménage, soutien scolaire, garde malade…). Un récent rapport de l’Acoss lève le voile : le secteur était à l’agonie durant le confinement, il peine à se relever depuis.

Masse salariale en chute libre
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Sur le deuxième trimestre (avril-mai-juin), l’Acoss observe une chute de 14,1 % de la masse salariale versée par les employeur·ses particulier.ères. Logiquement, les Français·es ont moins fait appel à l’emploi à domicile durant le confinement et la tendance s’est poursuivie après. Au premier trimestre, l’Agence avait déjà enregistré une chute de 6,1 % des salaires versés. Au total, le manque à gagner et la perte sont évalués à 419 millions d’euros sur le deuxième trimestre, par rapport au deuxième trimestre de 2019. Le métier le plus durement touché par cette terrible dynamique est le domaine de la garde d’enfants à domicile, qui baisse de 31,3 % sur le trimestre, en termes de volume d’heures déclarées. Dans le détail, le nombre de demandes de garde d’enfants ont non seulement chuté (- 13 %), mais les particulier·ères ont également proposé moins d’heures de travail (- 21 %). L’assistance maternelle (accueil d’enfants à domicile) est également très impactée, avec une chute de 12,6 % sur le second trimestre, après un recul de 5,9 % sur le premier trimestre. Au total, le nombre d’employeur·ses a chuté de 7,2 % entre avril, mai et juin.
Heureusement, les salarié·es des particulier·ères employeur·ses ont pu profiter du chômage partiel et ainsi conserver 80 % de leur salaire sur leurs heures non effectuées entre le 12 mars et le 31 août. Si 435 millions d’euros ont ainsi été versés pour compenser la perte d’activité, le dispositif d’activité partielle n’est pas éternel et l’emploi à domicile pourrait bien connaître une année 2021 au goût de 2020…

Adam Belghiti Alaoui

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