Débordés

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La France succombera-t-elle sous les tests ?

Olivier Magnan, rédacteur en chef

La « deuxième vague » s’abat-elle sur la France ou non ? On aimerait le comprendre. Tous les JT le clament, chacun à sa sauce. Les Échos du 21 septembre affirme que « L’épidémie de covid-19 s’étend plus vite que la capacité de test », chiffres effarants à l’appui : doublement des hospitalisations en 28 jours contre 33 une semaine auparavant, 600 réas en une semaine, plus de 10 000 contaminations dimanche. Débordés ?

Mais je lis, comme dirait le journaliste Askolovitch dans sa revue de presse sur France Inter, que le fameux R, le taux de reproduction de la maladie, ne cesse de baisser partout, à l’exception du Grand Est. Ce qui veut dire que l’épidémie ne progresse pas ? Depuis la fausse contradiction du ministre Véran sur France Inter le 8 septembre, on a peur de n’y plus rien comprendre : « En réalité, a-t-il lancé un peu imprudemment, on est sur une pente, avec un facteur de reproduction du virus, le fameux facteur R – combien de personnes, quand je suis malade, je vais contaminer – qui est aujourd’hui aux alentours de 1,2. C’est beaucoup moins qu’au printemps dernier et ça c’est la bonne nouvelle, [car] il était de 3,2-3,4 [au printemps]. C’est-à-dire qu’il [le coronavirus] circule moins vite, mais il circule quand même, et il circule malgré tout de plus en plus rapidement, puisque 1,2 c’est plus que 1. » Il n’a sans doute pas tort sur le fond, mais s’il croit que le.la Français.e moyen.ne l’a reçu 5 sur 5… Les rigolos ont retenu : « Le coronavirus circule moins vite […] mais de plus en plus rapidement. » Faut-il en rire ? Les Guadeloupéen.nes, eux.elles, ne rient pas : le département est débordé. Marseille en alerte accuse les touristes sur les plages bondées et les fêtes démasquées. Tout comme la région de Madrid, dans le reste de l’Europe, qui se prépare à reconfiner partiellement. Débordée.

Le médecin français Guillaume Zagury, qui empile depuis des mois des graphiques parlants, estime, lui, que « plus on teste, plus on a de contaminés ». Il affirme bel et bien que l’épidémie ne progresse pas dans le monde. « Avec un R0 inférieur à 1, on contrôle une épidémie », rappelait en mai à 20 Minutes Benjamin Davido, infectiologue à l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches. Pourtant, à 0,93 en Île-de-France (chiffre de Santé publique France), les hôpitaux sonnent l’alarme. Les laboratoires privés gèrent des files d’attente et recrutent à tour de bras moyennant 73,59 euros par test PCR à la charge de l’Assurance maladie. Ils se disent, eux aussi, débordés : au-delà de quatre jours, le test n’a plus d’utilité.

Des millions de gens vont cette fois se faire vacciner contre la grippe, ce qui va transformer ce pays en vaste hôpital à ciel ouvert. Heureusement qu’un athlète cycliste, au moins, qui remporte le Tour de France après un exploit surhumain, garanti sans chimie, va se révéler négatif aux tests. Ou pas ? Le labo qui teste les coureurs ne sera pas, lui, débordé…

Olivier Magnan

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