Crise sanitaire : où en sommes-nous ?

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Olivier Véran annonce l’arrivée de nouveaux types de tests. En parallèle, les règles au sein des écoles seront assouplies.

Bien qu’on aurait aimé s’en passer, le bilan de la progression de l’épidémie de coronavirus prend des airs de rituel. Jeudi, le ministre de la Santé, Olivier Véran, a établi un nouveau diagnostic sanitaire. Oui, l’épidémie progresse. Alors deuxième vague ou non, l’heure n’est sans doute plus à la trouvaille du bon qualificatif, mais aux mesures mises en place par le gouvernement pour limiter la propagation de ce fichu Sars-CoV-2 qui envahit nos discussions depuis des mois déjà. Ce qu’il fallait retenir du discours d’Olivier Véran.

« Nous devons apprendre à vivre avec le virus pour quelques mois encore », dixit Olivier Véran. Rien de rassurant mais rien de nouveau. Les Français.es s’y étaient déjà préparé.es et semblent en majorité avoir accepté les sorties masquées. L’épidémie s’accélère partout en France, notamment à Nice et Lyon, deux villes qui sont invitées – via les préfets et les acteurs locaux –, à fournir un nouveau dispositif de lutte contre le virus.

Difficile d’aller contre des statistiques ultrasophistiqués : taux d’incidence et taux de reproduction. Pour faire simple, les deux augmentent. Le taux d’incidence, soit le nombre de nouvelles contaminations par semaine (et ramené à 100 000 habitant.es), s’affiche en hausse constante, il atteignait 83 en fin de semaine dernière. Bien plus qu’à la mi-août, où il plafonnait à 25. Le taux de reproduction, lui, reste supérieur à 1, signe que la propagation du virus s’accélère.

Le virus circule avant tout chez les jeunes
La faute aux jeunes ? Nos cadet.tes joueraient-ils.elles les inconscient.es ? Une chose est sûre, le virus circule fortement au sein de la tranche d’âge 15-44 ans. Au cours de l’été, « an a eu un taux de 140 pour 100 000 dans la tranche d’âge des 15-44 ans, dont 50 étaient symptomatiques », a souligné le ministre de la Santé et de la Solidarité.

Alors oui, les jeunes ne contractent – pour la plupart d’entre eux.elles – aucune forme grave, mais le personnel soignant et le gouvernement s’inquiètent d’une transmission du virus des plus jeunes vers les plus âgé.es. D’ailleurs, le virus connaît une croissance progressive – aussi – chez les plus de 65 ans. Inquiétant, puisque comme l’a rappelé le jeune ministre, il ne faut pas croire que le Sars-CoV-2 se révèle « moins dangereux. » « Nous voyons aujourd’hui le nombre de malades de la covid-19 en réanimation remonter de façon préoccupante avec des différences significatives entre les régions », a-t-il martelé.

Tester, tester, tester…
Dans son allocution, Olivier Véran a défendu la stratégie de dépistage déployée par la France. D’ailleurs, 1 200 000 tests ont été réalisés en une semaine. Un chiffre important qu’explique la volonté de l’exécutif que tout.es les Français.es « puissent se faire tester gratuitement et sans ordonnance, quelle que soit la raison », s’est félicité le ministre de la Santé – il est du reste régulièrement critiqué pour cette approche massique. En revanche, pour les résultats, un délai de priorisation a été mis en place qui vise à informer au plus vite les « les personnes qui disposent d’une prescription médicale, les personnes symptomatiques, les soignant.es, les domiciles et les cas contacts ».

Pour faire face à l’afflux de demandes, Véran a annoncé l’ouverture de vingt centres de prélèvements pour les publics prioritaires dès lundi. Notamment à Paris, Évry, Trappes et Bondy. Des centres qui pourront – a priori – effectuer pas moins de 500 tests PCR chacun par jour entre 8 heures et 14 heures.

Enfin, des tests antigéniques seront développés. Ils ressemblent – grosso modo – aux tests PCR, mais avec des résultats disponibles en à peine 30 minutes. Environ cinq millions de commandes arriveront d’ici au début du mois d’octobre. Olivier Véran a aussi mentionné les tests salivaires – prélèvement de la salive envoyée en laboratoire. Ils pourraient aussi se voir activer très prochainement.

Un assouplissement des règles sanitaires dans les écoles
En revanche, du côté des écoles, pas le même son de cloche. Oui, l’épidémie s’accélère, mais oui les mesures sanitaires seront allégées au sein des écoles. Olivier Véran l’a (re)précisé : « Les enfants jeunes ont peu de risques de contracter une forme grave et sont peu actifs dans la chaîne de transmission du coronavirus.» Un avis partagé par le Haut conseil à la Santé publique. Désormais, dès lors qu’un enfant contracte le virus, l’école ne fermera pas systématiquement, « il n’y a pas lieu de fermer un établissement à la première alerte », a estimé le ministre. Il faudra que le nombre de cas soit plus important. Pour rappel, 2 100 classes et 81 établissements étaient fermés en milieu de semaine dernière. L’annonce a été diversement reçue parmi le corps enseignant et les parents d’élèves.

Dans les crèches, tous les professionnel.les devront désormais porter le masque. Non plus seulement lorsqu’ils.elles se trouvent en contact avec les parents… aussi avec les enfants. Ça tâtonne, le gouvernement s’adapte chaque jour à une épidémie qu’il n’a jamais connue, mais avec la volonté de faire reculer le virus, ce qui semble la moindre des choses pour les dirigeant.es de la nation. GW.

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