Nouvelle-Zélande : le pays du rugby a plaqué le virus

Jacinda Ardern, Première ministre de Nouvelle-Zélande

Plus aucun cas actif de covid-19 sur l’archipel.

La bonne élève des pays développés dans la lutte contre la covid-19 s’appelle Nouvelle-Zélande. Après avoir enregistré la guérison de son dernier patient atteint par le virus, le gouvernement de la Première ministre Jacinda Ardern a annoncé lundi la levée des restrictions nationales.

Pendant que les pays européens se déconfinent tour à tour mais continuent de soigner leurs malades et de compter leurs morts, l’archipel du Pacifique sud annonçait fièrement lundi 8 juin ne plus compter aucun cas de covid-19 sur son territoire. Et pour cause, plus aucune nouvelle contamination n’avait été recensée depuis 17 jours (sur 40 000 tests) et aucun cas actif n’était enregistré depuis plus d’une semaine, une première depuis fin février. C’est par l’intermédiaire du directeur général du ministère de la Santé, Ashley Bloomfield, que la guérison du dernier patient et sa sortie d’isolement a été annoncée.
Conséquence directe de ce constat enchanteur : l’exécutif a procédé à l’annulation des mesures de distanciation physique, d’isolement et de restrictions de déplacement sur l’ensemble de l’archipel. Reste que, si les limitations du nombre de personnes rassemblées ne sont plus en vigueur, les contrôles aux frontières restent, eux, actifs. Et c’est sans doute là que résident les fondements de la réussite de la stratégie néo-zélandaise de lutte contre la pandémie.

Une réactivité payante
La Nouvelle-Zélande et ses quelque cinq millions d’habitants ont dénombré jusqu’alors 1 154 cas confirmés de covid-19, pour « seulement » 22 décès. Un bilan et un ratio exceptionnellement bas. Il dénote, en comparaison avec le reste du concert des États. Mais il s’explique simplement. En premier lieu, la Nouvelle-Zélande est un archipel, constitué donc de territoires insulaires. Et le virus est arrivé sur ses côtes bien plus tard qu’en Europe par exemple. Consciente des risques et des enjeux et témoin du manque de réactivité de certains, le gouvernement a décidé dès le 14 mars que toute personne entrant sur le territoire serait placée en quarantaine, alors que seuls six cas étaient alors recensés. Dans la foulée, un confinement strict est mis en place et s’étale durant sept semaines jusqu’au lancement du déconfinement le 26 avril. Et malheur à quiconque bravait les interdictions : une amende salée de 3 000 dollars néo-zélandais (environ 1 725 euros) à la clé.
Outre le confinement immédiat et la réactivité reconnue et louée du gouvernement kiwi, Wellington a également fait le choix d’une stratégie payante (à l’instar de la stratégie sud-coréenne) : tester massivement sa population. Une campagne de test nationale qui s’est accompagnée d’un traçage généralisé des personnes contaminées.
Une gestion de la crise sanitaire saluée internationalement et qui fait la popularité nationale de la première ministre travailliste Jacinda Ardern, dont la cote ne fait que grimper auprès de ses concitoyens ces dernières semaines. Une gestion stricte et efficace certes, mais qui n’aurait pu aboutir sans la responsabilité et le sens civique des Néo-Zélandais, très respectueux des consignes sanitaires et, surtout, solidaires en ces temps difficiles.
Voilà donc le cocktail vertueux qui aura permis à ce petit pays de cinq millions d’habitants de mater cette fichue covid-19 : un gouvernement et une Première ministre réactifs et judicieux, et un peuple responsable et uni. Et en plus de se targuer d’être l’un des seuls pays à s’être débarrassés de la menace sanitaire, la Nouvelle-Zélande se paie également le luxe de prendre de l’avance en termes de relance économique. Jacinda Ardern l’affirme, en abaissant l’alerte sanitaire au niveau 1 (sur 4), l’économie nationale fonctionnera à 96 % de son potentiel, contre 63 % seulement au niveau 4.

Adam Belghiti Alaoui

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