L’intérim, un levier judicieux en sortie de crise

Les signaux sont au vert. Ou presque. Et la reprise de l’intérim traduit cette appétence pour un retour à la normale.

Quand le bâtiment va, tout va ! La maxime est connue. L’intérim pourrait se l’approprier. Et tout particulièrement en cette période. L’emploi intérimaire reprend de la vigueur, le nombre de missions s’accroît. Pour preuve, les commentaires de la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) publiés en juin : « Le volume de travail temporaire continue de se redresser au premier trimestre 2021, avec + 0,3 %, soit + 2 400 intérimaires, après + 5 % au trimestre précédent. » Une tendance que ne viendra pas démentir Jean-Loup Wirotius, chief marketing officer chez Mistertemp’ group, spécialisé dans l’intérim numérique. Le temps de l’interview, il se trouve dans un TGV en direction de Marseille, avec de nombreux contrats à aller décrocher. « On sent que l’on a passé le plus dur, souligne-t-il d’emblée. Si les chiffres de 2019 n’ont pas encore été retrouvés, c’est en train de cartonner pour les mois à venir. On a beaucoup d’espoir. »

Même optimisme affiché par Vincent Paillasson, directeur marketing, communication et innovation du groupe Lip, spécialisé dans le recrutement et l’intérim : « La dynamique est incroyable, avec un niveau de marché qui n’avait pas été vu depuis longtemps, et ce sur tous les profils… quand on prévoyait d’être confronté à des plans de sauvegarde de l’emploi (PSE). La vitalité du marché est même supérieure à celle mesurée en 2019. »

Un oiseau de bon augure

Un million d’offres. C’est le chiffre quasiment tout rond – en réalité 1 075 000 offres d’intérim présentes sur le site de Région Jobs Intérim, depuis janvier 2021. Avec le bâtiment et les travaux publics (BTP) en tête, soit 293 000 offres, plus d’un quart du total. Suivis de la production et la maintenance industrielle, puis de la logistique. « La politique du gouvernement a permis aux entreprises de passer le cap. Aujourd’hui, recrutements et intérim sont parfaitement compatibles », commente David Beaurepaire, directeur délégué chez HelloWork, acteur numérique du recrutement et de la formation. Le passé l’a démontré, « l’intérim se révèle un tremplin vers un contrat à durée indéterminée, note Jean-Loup Wirotius, le temps d’obtenir la confirmation de la reprise de l’activité. L’expérience ainsi accumulée contribue vraiment à l’employabilité des intérimaires. Le taux de transformation fréquemment mesuré est de 15 à 20 % ». Et la formule garde un autre atout pour elle. Les recrutements sont des processus longs. L’externalisation constitue un gain de temps, avec un vivier de candidat·es. Dans ce tableau plutôt optimiste, une ombre demeure : « Ce qui est frustrant est de ne pas trouver les candidat·es à mettre en face, dénonce Vincent Paillasson. Ce d’autant plus que le diplôme n’est pas un prérequis. Les agences d’intérim sont de gros pourvoyeurs de formations. On marche à l’envie, à la motivation… Le reste, ça s’apprend ! »

Murielle Wolski

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