Transformer l’espace de travail en lieu de bien-être ? Un changement dont les entreprises se sont emparées avec enthousiasme, mais qui suscite autant d’attentes que de méfiance. D’où l’importance de rassurer salariés et managers.

Faire évoluer les manières de travailler des salariés est désormais une vraie tendance de fond. Les entreprises le clament haut et fort : elles n’ont qu’une ambition, travailler autrement, de manière plus transverse. Objectif ? Que les collaborateurs se rencontrent et échangent. Ou comment le bien-être des salariés s’érige au rang des priorités. Car un espace de travail reste un espace de vie, où s’écrit une part de l’existence de ceux qui y évoluent. Rassurer toutes les parties prenantes en allant à leur rencontre, de confronter leur expérience du terrain aux aménagements proposés, est donc important. L’entreprise doit laisser à chacun la possibilité de démontrer, si besoin, les incohérences et appuyer d’éventuelles demandes de modifications. Tout manager est conscient que la productivité des collaborateurs, la bonne conduite des projets et donc le succès de son entreprise passe aussi par un espace de travail agréablement aménagé. Favoriser les échanges des groupes de travail, optimiser la collaboration entre les équipes, minorer l’absentéisme, créer des espaces où les collaborateurs s’épanouissent dans un environnement propice au dépassement de soi sont des enjeux auxquels les entreprises les plus performantes sont très attentives.

Penser à tout, dans tous les sens

Pour optimiser les espaces de travail, rien ne doit être laissé au hasard. Les espaces ouverts de travail – open space, desk sharing et flex office –, destinés à favoriser la communication et gagner en surface, accusent aujourd’hui de sérieuses faiblesses en termes d’acoustique : le bruit et les nuisances sonores sont causes de fatigue et de stress, impactent la qualité de vie au travail, perturbent la communication verbale et détournent l’attention (Journée nationale de l’audition 2019). Il est donc devenu nécessaire d’aménager les espaces pour pouvoir s’entendre et se concentrer. De nombreuses solutions existent pour réduire les nuisances sonores, telles que cabines, mobilier avec cloisons, plafonniers, revêtements muraux, écouteurs et luminaires.

Autre point d’attention : le bien-être au travail se vit dans un air sain. Or, la qualité de l’air intérieur en entreprise est aujourd’hui pointée du doigt : produits de décoration, matériaux composant le mobilier, air conditionné, fournitures diverses et machines le polluent. Un véritable enjeu de santé publique, d’autant que le bureau est le second lieu de vie des Français, qui y passent 7 à 8 heures par jour. Pour lutter contre l’air vicié dans les bureaux, des appareils d’analyse peuvent mesurer en continu le taux de polluants, favorisant la recherche de solutions adéquates.

Outre le bruit et l’air, l’éclairage doit également être pris en compte. 70 % des bureaux ne disposent pas d’un éclairage général permettant d’atteindre les 500 lux préconisés. La lumière joue un rôle essentiel dans notre équilibre au quotidien, car elle régule notre horloge biologique interne, garante de notre énergie, de notre concentration et de la qualité de notre sommeil. L’éclairage des bureaux est donc une donnée importante à ne pas négliger, d’autant que nous passons la plupart de notre temps en intérieur. Cependant, selon l’enquête 2017 du Centre d’études et de recherches économiques sur l’énergie (Ceren), l’éclairage des bureaux est encore trop souvent mal adapté. L’étude propose des pistes pour accroître le bien-être des utilisateurs en tenant compte de leurs besoins : éclairage artificiel pour combler le manque de luminosité naturelle, variateurs d’intensité et de tonalité de couleur en fonction des préférences de chacun et du rythme d’évolution de la lumière du jour.

Place au lâcher-prise et à l’échange

De plus en plus, les entreprises mettent en place des espaces conviviaux et informels, propices à la déconnexion, au lâcher-prise et à l’échange. Le mobilier – résolument coloré et récréatif –, composé par exemple de poufs géants, de balançoires, de tables hautes et de tableaux écritoires, favorise la créativité et l’expression individuelle.

Mobilité, praticité, agilité, flexibilité, ergonomie : à l’ère du flex office, l’espace de travail doit pouvoir se reconfigurer facilement et se transformer rapidement en cellule de réflexion, en lieu collaboratif, en salle de réunion ou en cafétéria. Léger, modulable, polyvalent, équipé de roulettes, le mobilier s’adapte. « Aujourd’hui, avec les réseaux sociaux, tout est à portée de main, partout dans le monde. Nous croyons nous évader à travers toutes les images, infos et autres vidéos. Mais, en réalité, nous sommes surinformés et nous avons du mal à faire le tri, nous sommes devenus hyper individualistes et nous avons perdu, de fait, une partie de notre humanité, souligne Karl Petit, architecte et directeur artistique de Workspace Expo. Et c’est particulièrement visible au sein des espaces de travail où il y a une forte pression : il est devenu urgent d’y réinjecter de l’émotionnel, pour ré-enchanter le quotidien, retrouver un bien-être émotionnel individuel et réhumaniser les échanges. »

Jonathan Nahmany

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