Verdir les parcs, c’est l’heure

Rester au carburant liquide ? Passer à l’électrique ? À l’hybride ? Et pourquoi pas, à l’hydrogène ? Ce n’est pas une loi de Finances 2020 plutôt floue et la future LOM (loi d’orientation des mobilités) qui tranchent de par l’ambiguïté qu’elles laissent planer sur les avantages de l’un des modes ! Aux gestionnaires de flottes de se faire une idée à l’heure où les nouveaux modèles électriques et hybrides apportent des réponses.

Longuement négociée mais toujours en discussion entre les deux chambres parlementaires, la Loi d’orientation sur les mobilités – les droits de LOM – devrait être adoptée à l’automne. Avec elle, son cortège de mesures de réduction de la pollution dans les agglomérations et l’émergence de nouveaux modes de déplacement. Pour inciter, la LOM introduit diverses mesures, à commencer par la fin programmée des véhicules thermiques en 2040 et, d’ici là, l’obligation, dès 2022, de « verdir » les parcs de véhicules des flottes d’entreprises. Le dispositif envisagé s’exprime ainsi : lors du renouvellement annuel de leur flotte, toutes les entreprises gérant un parc de plus de 100 voitures particulières devront intégrer une part minimale de 10 % de véhicules à faibles émissions à partir du 1er janvier 2022. Cette part montera à 20 % en 2024, 35 % en 2027 puis 50 % en 2030.

En attendant, les dirigeants d’entreprise auront aussi à prendre en compte le futur malus écologique. Car les discussions budgétaires sur ce sujet vont devoir tenir compte de l’introduction en 2020 du nouveau protocole d’homologation WLTP (Worldwide harmonized Light vehicles Test Procedures). Lequel mesure les consommations et les émissions polluantes de façon plus réaliste, ce qui devrait conduire à des valeurs d’émissions de CO2 25 % plus élevées que celles affichées jusqu’ici sur les voitures neuves. Difficile d’imaginer que les entreprises acceptent une majoration subite de 25 % des émissions de CO2 sur les nouvelles voitures introduites dans leurs parcs ! D’autant que toute la fiscalité des flottes d’entreprises est assise sur les paliers d’émission de CO2 de leurs véhicules. Dès lors, le choix de nouveaux modèles à intégrer dans le parc des entreprises va s’orienter un peu plus vers des catégories de modèles plus petites ou des versions moins puissantes. Mais ce ne sera qu’un préalable à l’introduction dans les flottes de modèles électriques et hybrides.

Vers une multiplication de l’offre électrique

Selon l’ONG T&E (Transport & Environnement) basée à Bruxelles, le nombre de véhicules électriques ou hybrides proposés à la vente et annoncés par les constructeurs va croître de près d’une trentaine de véhicules par an à partir de 2020 et passera de 176 à 333 modèles d’ici à 2025 dont 172 purement électriques. T&E souligne que dans le même temps, les voitures hybrides rechargeables interviendront comme une technologie de transition pour que les constructeurs automobiles tiennent leurs objectifs CO2 de 2020-2021 et que l’offre en véhicules électriques progresse plus rapidement.

D’ici là, c’est PSA qui devrait marquer 2020 avec le lancement de la nouvelle Peugeot 208 en version électrique. Cette e-208 est équipée d’un moteur électrique de 136 ch et dispose d’une autonomie promise de 340 km. Mais c’est le domaine des voitures hybrides rechargeables que le groupe automobile français va exploiter avec le lancement de nombreuses versions. Il en ira ainsi de la Peugeot 508 hybride commercialisée fin 2019 et annoncée pour une consommation de 2,2 l/100 km et pour 40 km d’autonomie électrique. L’idée, naturellement, reste de disposer de ces 40 km d’autonomie électrique pour un usage domicile-travail (à condition de recharger ses batteries quotidiennement) et de faire appel à l’énergie thermique de son moteur essence pour exécuter occasionnellement de plus longs trajets.

Électrique ou hybride : quel choix pour les flottes ?

Dans ce même esprit, le SUV Peugeot 3008 adoptera une technologie moteur de 300 ch et disposera d’une autonomie de 50 km en énergie électrique seule. Toujours chez PSA, le DS7 Crossback sera proposé en fin d’année en version e-Tense. Cette version hybride rechargeable du SUV premium de la marque DS se dote d’un moteur thermique essence de 200 ch et de deux moteurs de 80 kW, l’un à l’avant, entre le moteur et la boîte de vitesses, l’autre sur l’essieu arrière, de quoi assurer, couplés, une fonction 4 x 4. Ce SUV disposera d’une autonomie de 50 km en mode « zéro émission ». Enfin, Citroën proposera le nouveau SUV C5 Aircross aux entreprises dans une version hybride rechargeable de 225 ch, alimentée par un moteur essence de 180 ch et un système électrique de 80 kW. Il disposera d’une autonomie électrique de près de 50 km et d’une consommation de 2 l/100 km.
Autant de nouveaux modèles qui affichent des niveaux d’émissions de CO2 très bas et qui trouveront sur leur chemin des modèles déjà bien installés sur le marché. Il en va ainsi du Mitsubishi Outlander PHEV. Ce SUV hybride rechargeable vient de faire peau neuve et affiche des émissions de CO2 de 40 g/km pour une autonomie de 54 km en mode électrique. Sa finition business destinée aux entreprises ainsi que deux modes de conduite supplémentaires (sport et neige), agrémentent l’offre.

Autre modèle déjà commercialisé avec succès, la nouvelle Toyota Corolla hybride tente de renouveler dans le segment des berlines compactes le succès déjà obtenu par Toyota dans le segment des citadines avec la Yaris dont la version hybride a supplanté les ventes de versions diesel. Cette nouvelle Corolla n’est ainsi proposée qu’en version hybride de 122 ou 180 ch. Elle est homologuée pour seulement 75 g/km d’émissions de CO2.

L’hybride au secours des modèles premium

Lexus, la marque premium de Toyota, profite également de l’engouement en faveur des versions hybrides pour décliner sa gamme vers le bas. D’où le Lexus UX 250h, qui se veut un petit SUV compact high-tech et luxueux. Il est équipé d’un moteur essence de 146 ch, doté d’un couple de 180 Nm, lequel, associé au système électrique, fournit une puissance totale de 178 ch. Ce modèle est annoncé pour une consommation de 4,1 l/100 km et des émissions de 96 g/km de CO2.

Dans ce registre des modèles premium, Mercedes s’apprête à dévoiler sa Classe A en version hybride. Dotée d’un moteur 1.3 essence de 163 ch épaulé par un moteur électrique de 102 ch, cette berline compacte dispose d’une puissance cumulée de 200 ch et propose une autonomie électrique de 70 km en roulant jusqu’à 140 km/h. En attendant son lancement, la marque à l’étoile propose aux flottes d’entreprises ses berlines Classes E et C en version hybride essence ou diesel. En hybride diesel, la Classe E 300de dispose ainsi de 30 km d’autonomie électrique et d’un taux d’émission de CO2 de 44 g/km.

Mais chez Mercedes, c’est le lancement du nouveau EQC 100 % électrique qui fait l’objet de toute l’attention de la marque. Cet élégant SUV constitue le premier pas de Mercedes dans l’univers électrique. Avec une transmission intégrale et une puissance de 408 ch, il est annoncé pour 450 km d’autonomie.

Enfin, il va de soi que cette technologie hybride rechargeable est tout à fait adaptée aux SUV tel que le BMW X5 proposé en version hybride rechargeable sous l’appellation xDrive45e iPerformance. Cette version « électrifiée » aligne un total de 394 ch et dispose d’une autonomie tout électrique de 80 km. À ses côtés dans la gamme BMW, figure la berline 330e. Une routière hybride rechargeable qui prend ici des allures de sportive puisqu’elle affiche 252 ch, 60 km d’autonomie électrique mais réalise aussi le 0 à 100 km/h en seulement 6 secondes avec sa fonction XtraBoost. Dans le même temps, ce modèle est homologué pour une consommation de 1,7 l/100 km et des émissions de 39 g/km de CO2. Autant dire que la technologie hybride devrait faire des heureux parmi ses futurs utilisateurs.

Jean-Pierre Lagarde

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