Guide 2020 de la création d’entreprise

Lancer sa boîte n’a jamais été aussi simple. Pour naviguer vers le succès, un seul conseil : bien s’entourer !

Les derniers chiffres de l’Insee témoignent du vif intérêt des Français/es pour la création d’entreprise. 815 000 entités ont ainsi vu le jour en 2019. C’est 18 % de plus que l’an passé. Et ce chiffre devrait sans nul doute progresser dans les années à venir avec la loi Pacte qui simplifie notamment la création d’entreprise.

Merci la loi Pacte

Cette loi prévoit cinq mesures phares pour la création d’entreprise, permettant une simplification des démarches entrepreneuriales. Beaucoup d’entrepreneurs qui déclarent leur activité font en effet l’expérience d’un processus de création long et complexe. L’absence de dématérialisation aboutit à des délais de création de plusieurs semaines, notamment pour les sociétés. Dans ce cadre, la principale mesure de loi Pacte prévoit la mise en place d’une plateforme en ligne qui remplacera les sept réseaux de centres de formalités. Elle sera l’unique interface pour les formalités d’entreprise, quelles que soient son activité et sa forme juridique. Grâce à celle loi, le créateur de devrait plus éprouver de difficultés pour identifier le bon interlocuteur. Il verra sa charge administrative réduite grâce à la dématérialisation intégrale des formalités. Il n’existera plus de disparités dans le traitement des dossiers. Une assistance à l’accomplissement des formalités pour aider les entrepreneurs éloignés du numérique sera maintenue dans les centres de formalités actuels. Une transition progressive vers une unique plateforme sera assurée pour permettre aux 7 réseaux gestionnaires de ces centres de formalités de s’adapter. Ainsi, de 2021 à 2023, le guichet unique pourra coexister avec les réseaux actuels.

Le bon statut

Pour autant, si la création d’entreprise est facilitée et encouragée, encore faut-il, bien sûr, prendre toutes précautions afin de ne pas mettre la clef sous la porte prématurément. 25 % des entreprises disparaissent en effet avant les trois ans révèle l’Insee. Un constat : ces statistiques révèlent une meilleur résilience pour une société créée sous forme de SAS, SARL…, statut juridique qui a permis à 83 % des entreprises de 2014 d’être toujours actives après trois ans, contre 63% des créateurs qui optent pour le statut d’ entrepreneurs individuels, observe l’institut public. En réalité, tout dépend en des ambitions du créateur, des capitaux disponibles, du secteur d’activité concerné. L’enjeu est d’importance comme l’explique Bruno Le Besnerais, président du comité création et entreprises innovantes du Conseil supérieur de l’ordre des experts-comptables. « Le choix d’un statut plutôt qu’un autre est engageant, notamment d’un point de vue fiscal et social. Comme expert-comptable nous recevons des chefs d’entreprises qui avaient démarré sans conseil leur activité, pris dans une souricière fiscale et sociale (Impôts, Urssaf…), qui n’avaient pas anticipé les conséquences du choix de leur statut.».

L’expert-comptable, un professionnel qui vous veut du bien

Une chose est sûre, les spécialistes déconseillent absolument de se lancer tout seul. « Il faut être entouré et faire part de ses projets à des conseils qualifiés. Vouloir agir seul est une erreur car il faut pouvoir confronter son projet au regard des autres pour qu’il puisse mûrir. Mon expérience me permet de distinguer un projet mal ficelé, pas abouti ou sans perspective », assure Bruno Le Besnerais qui recommande de se méfier des « conseils d’amis », souvent propagateurs des mauvais renseignements. Bien sûr, tout dépend de l’ambition du projet. La création d’une microentreprise ne nécessite pas forcément l’appui soutenu d’un expert-comptable, les formalités juridiques fiscales sociales sont plus simples. « En revanche, si le projet est plus important et nécessite des choix sur la forme et les statuts de l’entreprise, le professionnel, qu’il soit expert-comptable, avocat, ou des CCI, vont être de bons conseils. à cet égard, je voudrais rassurer les créateurs inquiets d’être surfacturés dès qu’il passe la porte d’un cabinet d’expertise comptable C’est à nous, professionnels, de lever cette crainte et cette inhibition au conseil, l’établissement systématique et obligatoire d’une lettre de mission est une garantie de transparence notamment pour les honoraires ». Dans cette perspective, le Conseil supérieur des experts-comptables a mis en place le dispositif Business Story en 2016 pour répondre à la demande de conseil et comme facilitateur pour les créateurs. « En se connectant sur le site Business Story, l’entrepreneur trouve en quelques clics les experts-comptables les plus proches de lui, inscrits dans ce dispositif afin de prendre rendez-vous. En 3 rendez-vous offerts de 1 heure ou 2 heures chacun prévus par ce dispositif, l’expert-comptable aura apprécié le degré de maturité de son projet et lui délivrer les bons conseils », détaille Bruno Le Besnerais.

La force du réseau

Pour Bernadette Sozet, déléguée générale d’Initiative France, les jeunes créateurs ont par ailleurs tout intérêt à se mettre en relation avec son réseau une fois passée l’étape de la création. La viabilité et la prospérité d’une aventure entrepreneuriale représentent un véritable défi. En effet, 92 % des entreprises accompagnées par le réseau existent toujours trois ans après leur création contre 75 % pour la moyenne des entreprises françaises. « Ce chiffre est d’autant plus évocateur que 56% des 17 325 projets soutenus en 2018 par Initiative France sont portés par des demandeurs d’emploi. 3 387 l’étaient depuis plus d’un an ! Ces chiffres témoignent que notre service est utile et nécessaire. Nous sommes heureux de constater, année après année, que les actions que nous conduisons trouvent un écho de plus en plus puissant ». Le premier atout d’un réseau comme Initiative France est de prêter de l’argent. Selon l’Insee, la solidité de la structure croît avec les moyens financiers engagés au démarrage. Le taux de pérennité grimpe ainsi de 64 % à 80 % quand l’investissement initial passe de 1 000 à 40 000 euros. Dans ce cadre, l’octroi d’un prêt d’honneur est le premier acte fort pour soutenir l’entrepreneur dans la concrétisation de son projet. « Cet appui financier, décidé lors d’un comité d’agrément, renforce ses fonds propres et a un effet de levier pour obtenir un financement bancaire complémentaire. C’est un point fondamental. Les créateurs insuffisamment financés au départ sont les plus fragiles », souligne Bernadette Sozet. Pour preuve, en 2018, Initiative France a engagé au total 197 millions d’euros de prêts d’honneur pour un montant moyen de 9 700 euros par personne, permettant aux bénéficiaires d’emprunter aux banques la somme totale d’1,381 milliard d’euros !

Un accompagnement précieux

Au-delà de l’argent, qui est une question capitale, le réseau associatif accompagne le créateur tout au long du projet, de son élaboration jusqu’aux premières années d’activité de l’entreprise. « Pour emporter notre soutien, l’entrepreneur doit présenter un projet crédible. Nous analysons la viabilité du projet mais également la capacité du chef d’entreprise à le mener à bien. Nous n’abandonnons personne. Si le projet n’est pas assez mûr, nous recommandons au créateur d’entreprise de peaufiner son projet avec d’autres organisations spécialisées », confirme la directrice générale d’Initiative France. L’objectif n’est pas tant de permettre au chef d’entreprise de dégager un revenu pour lui seul que de créer des emplois. En 2018, plus de 45 000 emplois ont été créés ou sauvegardés grâce au réseau. Tous les entrepreneurs financés ont pu bénéficier d’un suivi adapté suite à l’octroi de leur prêt d’honneur. Cela se matérialise le plus souvent par des conseils et rencontres entre les entrepreneurs et la plateforme Initiative qui les a soutenus. 154 plateformes ont proposé aux nouveaux créateurs et repreneurs de participer à un « club d’entrepreneurs ». « Un accompagnement précieux pour gagner en assurance ! » mentionne Christine Courat, créatrice de Nahnny, un salon de coiffure soutenu par Val de Marne Actif pour l’Initiative. Certaines plateformes vont plus loin encore dans leur offre d’accompagnement. Ainsi, Initiative Nord Seine-et-Marne a mis en place un dispositif qui met en relation les porteurs de projets avec un réseau de professionnels bénévoles, aux champs d’expertises variés (juridique, fiscal, administratif, commercial, marketing…).

La France, nouvel eldorado des créateurs

Alors tous patrons ? Pourquoi pas répond Benjamin Suchar, cofondateur et CEO de la plateforme de garde d’enfants Yoopies : « Pour avoir observé ce qui se passe dans d’autres pays, la France offre des conditions très favorables à la création d’entreprise. Nous avons un écosystème qui n’existe que dans quelques pays, et une très forte dynamique entrepreneuriale. La France est l’un des pays d’Europe qui possède le plus grand nombre d’incubateurs et d’accélérateurs. C’est un pays attractif notamment par son écosystème Tech, dans lequel les entrepreneurs sont aidés par des dispositifs performants favorisant l’innovation. Nous avons des réseaux d’accompagnement et de financement présents dans chaque département (France Active, Réseau Entreprendre…), des prêts à taux 0, des prêts d’honneur, des fonds privés, BPI France, qui propose des prêts à taux préférentiel, des aides diverses et des dispositifs d’investissements, de nombreuses aides publiques, des exonérations de charges, un capital chômage versé pour amorcer son activité (Accre, Nacre), le crédit d’impôt recherche… La création d’entreprise est à la portée de tous ! » C’est sans doute fort de cette conviction que la start-up s’est associée au groupe Leetchi, plateforme de cagnottes en ligne pour faire découvrir le monde de l’entreprenariat à une trentaine de filles âgées de 8 à 12 ans. Il n’y pas d’âge pour bien faire !

Pierre-Jean Lepagnot

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