Des nouveautés dans les cadeaux des CE

Tout faire pour éviter le sourire crispé et hypocrite de circonstance…
Tout faire pour éviter le sourire crispé et hypocrite de circonstance…

Nouvelles valeurs

Traditionnellement la fin d’année est réservée aux cadeaux d’entreprises. CE et départements RH recherchent le plaisir, et plus seulement avec des bons d’achat. Faire plus original et vertueux, c’est possible…

Opérer une redistribution des ressources envers les salariés à travers des chèques cadeaux et créer du lien social, voilà l’objectif initial des comités d’entreprise. Comme à chaque fois, la période des fêtes de fin d’année sera un bon prétexte pour faire plaisir aux collaborateurs à moindre coût : dans une certaine limite de tarif, il n’y a pas de charge Urssaf sur les cadeaux. Encore faut-il se révéler imaginatif.

Des constantes et des traditions

Si une entreprise disposant d’un CE doit allouer 0,2% de sa masse salariale brute au budget de fonctionnement de ce dernier, il n’existe pas d’obligation légale de somme à verser pour les œuvres sociales (fêtes des mères, Noël etc.). « Mais en général, une entreprise dédie 1% de la masse salariale brute à cette activité, précise Eric Saboureau, gérant du portail Officiel CE, vitrine pour les fournisseurs et fabricants d’objets publicitaires et autres goodies. Pour Noël, 71% des CE organisent quelque chose pour les salariés, et deux tiers proposent un Noël des enfants. » Mais faire plaisir à tout le monde via un cadeau requiert de commander celui-ci en grande quantité. Voilà pourquoi, même si l’on parle de cadeau de fin d’année, 40% des comités d’entreprise prennent leur décision six mois à l’avance, alors qu’un tiers a déjà passé commande trois mois avant l’échéance. « C’est un marché assez traditionnel, avec certaines contraintes. On a à peu près les mêmes types de produits qui reviennent chaque année. 2017 ne devrait pas déroger à la règle », projette Eric Saboureau. En d’autres termes : les bons d’achat ont encore de beaux jours devant eux et devraient être prisés en masse cette année. En 2013, ils représentaient 44% des cadeaux. Ce taux est désormais passé à 60%. Logique : il n’y a pas de stock à gérer et est induite derrière ce bout de papier une certaine notion de redistribution et de hausse du pouvoir d’achat. « Sans oublier que la dématérialisation via la carte cadeau permet désormais de ne pas tout dépenser en une fois », appuie le gérant d’Officiel CE. Toutefois, de nouvelles tendances, certes marginales et qui ne se traduisent pas encore par des chiffres dans les enquêtes institutionnelles, apparaissent. Ainsi, certaines entreprises, lassées des objets standardisés, sont soucieuses de personnaliser leurs cadeaux de fin d’année en fonction des salariés. « Ce type de présent permet de faire plaisir tout en véhiculant une image positive de la marque et en renforçant le sentiment d’appartenance du collaborateur. Tout cadeau personnalisé devient un objet de communication puissant, car il permet d’ancrer un message dans l’esprit de celui qui le reçoit. Il se sent ainsi reconnu directement dans la réussite de l’entreprise. Ce qui ne peut avoir que des effets bénéfiques sur le court-moyen terme », note Malika Mebarek, responsable commerciale du salon Affaire de Cadeaux, qui se tiendra du 14 au 16 novembre 2017 porte de Versailles.

Des petits nouveaux sur le marché

Cette manifestation, qui accueille chaque année 2500 annonceurs, agences et collectivités à la recherche de cadeaux d’entreprises et d’objets de communication, voit apparaître de nouveaux types d’acteurs parmi les exposants. Alors que le marché de l’objet publicitaire est très concurrentiel, un certain nombre de nouveaux fabricants se sont mis en tête de concevoir des produits verts, éco-responsables et made-in-France. La tendance n’en est encore qu’à ses balbutiements, mais elle est bien réelle. « Plusieurs entreprises essayent d’avoir une démarche développement durable et parfois les cadeaux offerts aux salariés s’inscrivent dans cette volonté », analyse Malika Mebarek. Pour ces nouveaux venus, une présence sur le salon parisien leur permet de sortir du lot et de marquer les esprits. Ainsi, parmi les exposants, on trouvera Mypaperbook, qui propose des carnets personnalisés, confectionnés au cœur des Alpes, selon des procédés respectueux de l’environnement, ou bien encore l’Arbre à bulles et son stand tout en végétation, spécialiste des objets naturels et vivants, plutôt que des traditionnels bloc-notes « que l’on voit un peu partout », précise son fondateur Bernard Debargue. « Notre produit tendance pour cette fin d’année : des petites feuilles biodégradables, qui libèrent des graines que l’on peut planter à sa guise. L’objet vivant gratifie le salarié, c’est comme lui offrir un bouquet de fleurs. » Quant à Gifts for change, entreprise créée en 2014, elle sera évidemment de la partie mi-novembre. Son concept ? « Utiliser la communication par l’objet pour des causes sociales, comme la reforestation, précise Alexis Krycève, son fondateur. Nos objets sont made-in-France, fabriqués en matériaux naturels recyclables, fabriqués par des ouvriers en situation de handicap… Nous travaillons de plus en plus avec des comités d’entreprise. De notre côté, nous devenons de plus en plus identifiables. En face, nous percevons de l’appétence pour ces thématiques : il y a une prise de conscience des enjeux écologiques dans la société au sens large, donc de fait à l’intérieur de l’entreprise aussi. La réceptivité : on n’associe plus l’écologie au domaine de l’associatif. » Gifts for change parvient à se différencier dans un univers historiquement peu engagé socialement : on ne compte plus les goodies et autres cadeaux en plastique à base de pétrole et « made in China », par exemple. Récemment, la jeune société a signé quelques belles opérations, notamment la vente de 5000 kits « papèterie de bureau » à un CE d’une grande entreprise de conseil et d’audit. Tout ce qu’il y a de plus classique, sauf que tout était confectionné à base de produits recyclés, selon un design scandinave dans l’esprit. Valeur ajoutée, chaque collaborateur est devenu en plus virtuellement le parrain d’un arbre, dont il pouvait suivre l’évolution grâce à un code individuel sur le kit. « L’idée, c’est de changer le rapport au cadeau, de proposer quelque chose d’engageant et c’est ce qui plaît aux CE : associer le salarié à une démarche positive, poursuit Alexis Krycève. Vous valorisez la personne qui reçoit ce type de cadeau. Et y ajouter le parrainage d’une ruche ou d’un arbre amplifie ce sentiment. »

Le cadeau vert(ueux) : vecteur de communication RH

Revers de la médaille, ce type de cadeaux – fabriqués en France avec des matériaux éco-responsables – est évidemment plus coûteux que les goodies classiques. Ce qui n’empêche pas certaines entreprises d’y succomber. Car la certification éco-responsable répond à beaucoup de problématiques de communication interne, à condition de bien mettre en valeur le sens du cadeau. Est-ce pour autant un surcoût inutile lorsque l’on sait que la publicité par l’objet représente 1,3 milliard d’euros par an, et que ce type de communication est utilisé par les annonceurs avant même la radio ou l’affichage ? Offrir un objet, même basique, mais qui est explicitement vertueux, permet de renvoyer une image positive, en externe comme en interne… Les récipiendaires mémoriseraient ainsi plus facilement la marque ou le logo lorsque ceux-ci s’affichent sur un cadeau certifié développement durable. Gwendal Benech est chargé de mission développement social au sein du groupe d’intérim Crit. Il a récemment commandé 400 goodies éco-conçus à la société L’Arbre à bulles, qui furent remis à des salariés à l’issue d’un quizz dans le cadre du dixième anniversaire de la mission handicap de Crit. « Cela nous a permis d’avoir une vitrine supplémentaire au niveau de notre politique générale en matière de RSE. Ce genre d’objet permet de nous démarquer grâce à une éthique. Pour Noël prochain, nous cherchons des cadeaux dans la même veine, mais trouver le bon partenaire prend plus de temps comparé à ceux qui recherchent des prestations classiques. » Il faut donc que le cadeau vert émane d’une réelle volonté en amont de la part des décideurs. Forcément, les acteurs du développement durable sont plus enclins à casser leur tirelire pour ce genre de cadeaux par conviction. C’est le cas du développeur et exploitant éolien H2Air, dont le siège est basé à Amiens. « Nous faisons en sorte que tous nos cadeaux, à destination du grand public comme du personnel, soient exemplaires de ce point de vue, appuie Emilie Therouin, responsable des relations publiques de la société. C’est un peu plus cher, certes, mais nous devons montrer la cohérence de notre action et nous inscrire dans une démarche de qualité. Les salariés sont réceptifs à ce type d’objet qui renforce leur fierté de porter nos valeurs. » L’an passé, en guise de cadeau de fin d’année, chacun des 35 salariés de H2Air avait reçu une gourde Gobi à son nom (l’importance de la personnalisation) conçue localement, ainsi qu’un pot de miel bio. A priori, ils échapperont aux chèques cadeaux impersonnels cette année encore.

Cadeaux pour clients et partenaires

Habitudes et règlementations stables

Parce qu’il n’y a pas que les salariés à gâter, la période des fêtes de fin d’année est généralement propice aux cadeaux BtoB, à destination des partenaires et clients : spiritueux, paniers gourmands… Si le retour sur investissement est difficilement quantifiable, il s’agit d’une marque d’attention dans le but de fidéliser sa clientèle et de pérenniser sa relation commerciale. Voire de se rappeler au bon souvenir d’un ancien partenaire en lui rappelant son existence. Plus le client est important, plus il est judicieux de personnaliser le cadeau en fonction des goûts de celui-ci. Les chefs d’entreprise aiment faire des échanges commerciaux avec des gens qui les comprennent. Même s’il faut faire attention à ne pas être trop généreux : il n’y a aucun intérêt à offrir un cadeau disproportionné au regard de la relation commerciale effective. A noter que le cadeau d’affaires est une charge déductible du résultat annuel au moment de remplir sa déclaration fiscale. Quant à la TVA, depuis juillet 2016, elle est récupérable tant que le prix du présent ne dépasse pas 69 euros TTC par an et par bénéficiaire.

Marc Hervez

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