Cadeaux d’affaires premium pour le bien-être des salariés

Certains salariés se préparent en amont à cacher leur déception…
Certains salariés se préparent en amont à cacher leur déception…

Pour repartir du bon pied

Remercier les salariés pour le travail accompli, par une récompense non pécuniaire et gage de bien-être. Une tâche délicate pour la rentrée…

1 La liste de cadeaux, une vraie bonne idée

2 Les critères de sélection dans le choix des cadeaux

3 La personnalisation des cadeaux, un enjeu important

4 L’emballage, un écrin qui en dit long sur les intentions de l’entreprise

5 Omyagué, le salon où les grandes marques du cadeau d’affaires se pressent

6 Le champagne et le vin, tout en haut de la liste

7 Le hit-parade des cadeaux d’affaires

L’exercice est devenu tout un art aujourd’hui. Les entreprises sont de plus en plus nombreuses à offrir des présents, en diverses occasions. Mais choisir un cadeau à l’attention de son personnel relève parfois du casse-tête. Dans ce genre de démarche, le budget investi ne doit pas être l’unique critère de sélection. L’originalité et le niveau de personnalisation (petit mot, emballage soigné, réflexion autour du choix de l’objet) doivent aussi faire partie des critères prioritaires. « La qualité est la raison d’être du cadeau », résume Nathalie Cozette, directrice du salon Omyagué, événement dédié au cadeau d’affaires d’exception, qui a lieu depuis 16 ans à Paris. « Les gens en ont un peu assez de recevoir toujours les mêmes choses. » Le cadeau d’affaires idéal ? « C’est celui qu’on a envie de s’approprier, de garder. Ce n’est pas celui qui finit au fond du placard. » Le prix d’un cadeau d’exception démarre à cinq euros pour certains objets et atteint parfois des sommets. Aujourd’hui, 43% des PME de moins de 20 salariés et 26% des grands groupes de plus de 500 salariés font le choix d’offrir régulièrement des cadeaux à leur personnel pour les stimuler et motiver (66%), les fidéliser et entretenir l’amitié (56%), marquer un moment fort de l’entreprise (34%) ou encore lancer un produit (30%). Comment être sûr de viser juste en toutes circonstances ? Quelles sont les bonnes idées à retenir pour favoriser le bien-être des salariés ? Comment surprendre son personnel avec un cadeau d’affaires original ? Les pistes de réflexion sont nombreuses.

Fiction : le cadeau qui fait flop

Gilles Baud est un patron heureux. Son entreprise connaît une croissance à deux chiffres depuis quelques années. Et ses employés y sont pour beaucoup. Il a donc réfléchi à une idée de cadeau afin de remercier son personnel pour le travail accompli et, au passage, entretenir la belle dynamique sur laquelle surfe sa société. Dans l’esprit de Gilles Baud, ce cadeau doit incarner la modernité, à l’image de son entreprise qui produit des composants électroniques dans la banlieue grenobloise, et plaire au plus grand nombre. Gilles Baud ne souhaite pas faire une liste de cadeaux dans laquelle pourraient piocher ses salariés 1. Non, ce qu’il veut en bon fan de nouvelles technos qu’il est, c’est offrir à tous ses collaborateurs une tablette numérique de marque, cadeau d’exception à ses yeux. Si possible la plus chère du marché. Gilles Baud veut y mettre le prix fort 2 et faire en sorte que cela se sache. Le hic, avec la tablette, c’est qu’aujourd’hui tout le monde en possède une, voire plusieurs à la maison. L’objet s’est depuis longtemps banalisé dans les foyers et incarne désormais le cadeau impersonnel 3 par excellence. Gilles Baud se dit pourtant qu’en offrant une tablette à chacun de ses salariés, il va faire mouche à coup sûr. Ce cadeau est d’autant plus intéressant que ceux-ci pourront relever leurs mails professionnels au bureau comme à la maison. Bref, cet objet que s’apprête à offrir notre ambitieux patron à ses chers employés, sans petit mot, ni paquet digne de ce nom 4, a tout l’air du cadeau empoisonné. Au moment de la réception organisée dans la salle de réunion, Gilles Baud remarque tout de suite les moues crispées qui lui font face lorsqu’il déballe et exhibe ses tablettes à la vue de tous. L’initiative qu’il pensait être la meilleure semble se retourner contre lui. Adieu la dynamique d’équipe… Par manque d’idées et sans doute d’envie, Gilles Baud n’a pas souhaité se rendre à Paris au salon Omyagué, consacré au cadeau d’affaires d’exception 5 comme le lui avait pourtant suggéré sa DRH. Ni même consulter un professionnel du secteur qui l’aurait sans doute réorienté vers du vin et champagne 6, le grand classique du cadeau d’affaires 7. Résultat : il vient de vivre là l’un des moments les plus humiliants de sa carrière de chef d’entreprise. Un véritable flop.

1- La liste de cadeaux, une vraie bonne idée

Au lieu de choisir un cadeau imposé à l’ensemble du personnel, aussi luxueux soit-il, la grande tendance aujourd’hui est de constituer une liste. Pascal Evanno, responsable de la partie BtoB et cadeaux d’affaires chez Philips Consumer Lifestyle, confirme que « la liste est un excellent compromis pour les entreprises qui ont de très bons résultats et souhaitent faire plaisir à leurs salariés. C’est un marché qui progresse tout le temps. Chez Philips, nous proposons dix grandes familles de produits, soit environ 1000 références ». Parmi les nombreux clients de Philips, une grande entreprise basée à Paris-La Défense, qui emploie 19000 salariés, et propose régulièrement des listes thématiques de cadeaux : « Ce peut être de la luminothérapie pour un cadre qui voyage beaucoup et a besoin de récupérer rapidement, des produits de naissance, des cadeaux beauté, soin du linge, machine à café, etc. » Offrir un cadeau à ses salariés pour les récompenser est une pratique qui se démocratise dans les entreprises. Les listes comportent en moyenne huit produits sélectionnés par le client. « La grande tendance, c’est le choix mais sans qu’il ne soit pléthorique », constate Pascal Evanno. Le prix moyen d’un cadeau sur une liste, s’il est annuel, peut grimper jusqu’à 200 euros. Pour un cadeau ponctuel, « le chef d’entreprise en général, n’ira pas au-delà de 65 euros ».

2- Les critères de sélection dans le choix des cadeaux

La dernière étude communiquée par Omyagué et publiée en 2016 sur le sujet du cadeau d’affaires révèle que le prix demeure malgré tout le premier critère de sélection pour 71% des personnes interrogées. Malgré cela, d’autres critères gagnent du terrain. L’originalité recueille ainsi 65% des suffrages. La qualité est également un critère essentiel pour 63% des sondés. Suivent ensuite : l’utilité (48,6%) ; les goûts des destinataires (36%) ; l’aspect de nouveauté (34%) ; le prestige de la marque (33%), l’esthétique (32%) et enfin le caractère régional du cadeau (12%). Cette étude souligne également l’importance du « made in France ». 78,1% des personnes interrogées reconnaissent en effet être influencées dans leur comportement d’achat BtoB par le « made in France », devenu un critère incontournable d’achat ces dernières années. Par ailleurs, 82,3% des entreprises interrogées privilégient un achat direct au fournisseur quand 59,1% passent par un revendeur/distributeur et seulement 9,3% par le retail.

3- La personnalisation des cadeaux, un enjeu important

Art Impulse, société dirigée par Isabelle Dao à Aix-en-Provence, s’est spécialisée dans le cadeau d’art. « L’art est un levier de plus en plus exploré par les entreprises. Il suscite des émotions, stimule la créativité et impulse une véritable dynamique. » Offrir une œuvre d’art n’est pas un geste anodin. « Aujourd’hui, les générations Y et Z ont besoin de davantage de rapports humains, de se sentir en confiance. Ce n’est pas une question de rémunération. C’est une question de bien-être. Ils veulent appartenir à une communauté. Entretenir de bonnes relations au travail. » Et une petite attention de la part de l’employeur, de temps à autre, peut y contribuer : « Il est important pour le patron de donner du sens pour que chacun se sente impliqué dans l’entreprise. En offrant aux collaborateurs des cadeaux faits par des artistes, par exemple. » Art Impulse a ainsi développé une démarche globale autour de l’art. « Nous intervenons dans l’aménagement d’espace, l’événementiel, la formation-atelier et bien sûr le cadeau d’affaires », explique Isabelle Dao. Chaque cadeau proposé par Art Impulse est personnalisé, selon la demande de l’entreprise. Récemment, la société a par exemple fait réaliser à un céramiste des petits smileys pour une entreprise cliente. « Ce peut-être aussi des bloc-notes conçus comme des livres dans lesquels on peut insérer un portrait de chaque collaborateur et glisser quelques lignes sur l’entreprise. » Un accessoire de bureau restera plus longtemps à la vue de tous, assure Isabelle Dao. « Il y a une dimension sentimentale qui est très importante. » Autre exemple, très original : Art Impulse a développé un concept d’abonnement. « Tous les trois mois, les collaborateurs peuvent recevoir des objets d’art. » Lors d’un séminaire, la société a également fait réaliser à un artiste et à l’ensemble du personnel d’une entreprise une toile géante. Chaque salarié est ensuite reparti avec un morceau de cette œuvre. « Investir dans le bien-être de ses collaborateurs peut se révéler très rentable. Je pense que le retour sur investissement est réel. Tout le monde a le droit à une émotion devant une œuvre d’art. L’art fait du bien. », conclut Isabelle Dao.

4- L’emballage, un écrin qui en dit long sur les intentions de l’entreprise

Soigner son packaging, c’est aussi montrer à son collaborateur combien on tient à lui. « Un ruban personnalisé plutôt qu’un bolduc, ça veut dire beaucoup de choses », estime Franck Ferrua, directeur marketing et communication de l’entreprise Satab, basée à Saint-Just-Malmont en Haute-Loire. Dans cette PME, leader française et européenne du textile étroit, le ruban est roi. « À travers notre savoir-faire, nous nous mettons à la hauteur de l’image que le client veut véhiculer de sa marque et de la considération qu’il va porter à la personne qu’il souhaite remercier. Le ruban, c’est le premier lien avec le client lorsqu’il déplie le cadeau. C’est lui qui concrétise la relation. » Aussi, il est essentiel d’accorder le plus grand intérêt au packaging. « Nos rubans sont utilisés pour emballer des boîtes de chocolats luxueuses, de la pâtisserie haut de gamme, des vins, spiritueux, bijoux d’exception, parfums, mode. » Franck Ferrua perçoit une vraie tendance dans le cadeau depuis quelques années : « On observe clairement une montée en gamme dans l’univers du packaging. Le ruban a remplacé le bolduc. Il est plus élégant, plus haut de gamme. » Il est aussi de plus en plus personnalisé grâce aux nouvelles techniques d’impression, plus fines. « C’est devenu un support de communication à part entière pour les marques. » Dernièrement, Satab a même développé dans ses laboratoires à la demande de Swarovski, un ruban orné de cristaux « pour du cadeau très haut de gamme », précise Franck Ferrua. « C’est une première mondiale. La ligne se nomme Bel’R. » Sur ses machines centenaires que Satab continue de faire vivre malgré le poids du temps, l’entreprise est aussi capable de tisser des rubans de fil d’or pour de grandes occasions.

5- Omyagué, le salon où les grandes marques du cadeau d’affaires se pressent

Cette année, la 16ème édition du salon Omyagué, le salon du cadeau d’affaires d’exception, aura lieu au Carrousel du Louvre à Paris, les 13 et 14 septembre. 110 marques de renom pour la plupart sont attendues. « Nous accueillons avec plaisir toutes les marques qui disposent d’un service dédié aux cadeaux d’affaires ou qui sont en train d’en créer un », explique Nathalie Cozette, directrice du salon Omyagué. « Ici, nous essayons de proposer des cadeaux d’exception à tous les prix. Ce peut être un produit intégrant des nouvelles technologies tel qu’un traceur de téléphone portable, un cadeau signé d’un grand nom du design, un produit Fauchon ou encore une boîte de chocolat Pierre Marcolini, qui est un grand chocolatier belge. » Nathalie Cozette cite également en exemple la société Bacira, qui a développé une pyramide inversée qui diffuse des hologrammes « lorsque l’on écoute de la musique » ou encore les bracelets bijoux connectés de la marque Goji, « qui permettent de filtrer les appels téléphoniques lors d’un déjeuner, par exemple ». Omyagué, qui est très sensible aux innovations développées par les start-up françaises, proposera cette année un espace dédié aux cadeaux inventés et commercialisés par des jeunes pousses. « Ce que nous constatons depuis deux ans, c’est que les clients – qui ont accès au salon sur invitation – privilégient la qualité à la quantité. Les gens viennent ici chercher des idées, du personnalisé et du qualitatif, en priorité. » Contact : www.omyague.com

6- Le champagne et le vin, tout en haut de la liste

Avec la boîte de chocolats, la bouteille de champagne ou de vin reste le cadeau le plus souvent offert. Un marché lucratif sur lequel l’entreprise Nicolas, qui dispose d’un réseau 492 magasins en France, veut peser davantage dans les années qui viennent. « Aujourd’hui, nous sommes le premier caviste du pays. Les derniers chiffres disent même que 11% des Français passent par une boutique Nicolas pour acheter leur champagne et leur vin. Notre objectif, c’est de permettre à tous nos magasins d’avoir les outils nécessaires pour contacter la clientèle d’entreprises qui se trouve inévitablement dans leur périmètre d’action », explique Lionel Manteau, directeur pôle clients chez Nicolas. Pour cela, le groupe Nicolas a développé en fin d’année dernière une carte de fidélité destinée aux entreprises. « L’intérêt avec cette carte, c’est que si vous avez 100 ou 200 collaborateurs, toutes les personnes habilitées à l’utiliser dans l’entreprise peuvent bénéficier des avantages proposés », en l’occurrence 20% cumulables avec d’autres offres. C’est en quelque sorte une carte collective. Nicolas, qui historiquement a toujours privilégié les relations BtoC dans les affaires, entend désormais rattraper le temps perdu. « Nous sommes conscients que notre marge de progression est très importante. Parmi les milliers de clients qui nous visitent, il y a de nombreux chefs d’entreprise. » Nicolas, qui est capable de livrer partout en France en trois heures de temps, souhaite développer son service entreprises en communiquant sur sa très grande agilité et la richesse de son offre : « Nous avons la possibilité de personnaliser des coffrets, des boîtes en bois et même de graver les bouteilles sur des séries importantes. Lorsque vous voulez que votre cadeau ait une résonnance autre que pécuniaire, il est clair que le champagne et le vin figurent parmi les cadeaux les plus offerts », conclut Lionel Manteau.

7- Le hit-parade des cadeaux d’affaires

Cadeaux d’affaires numéro 1 en France, les champagnes, vins et spiritueux représentent la moitié du marché (50,7%). Ils devancent les accessoires de bureau (stylos, agendas) plébiscités également dans les commandes (46,9%). Ensuite ce sont les produits gastronomiques et colis gourmands (43,6%) qui sont les plus souvent offerts aux salariés et clients. Le marché high-tech (38,9%), même s’il gagne du terrain, reste tout de même en retrait (télévision, vidéo, musique, photographie). Les accessoires de mode, maroquinerie, bagages, figurent eux dans 31,8% des choix, devant les invitations/coffrets/cartes cadeaux (28,9%), la téléphonie/informatique/multimédia (26,5%) et le chèque cadeau à valeur faciale (22,3%). Enfin, 21,3% des cadeaux sont des accessoires pour les sports et loisirs ; 18% des spectacles et événements ; 18% de la décoration bureau et maison ; 12,8% de la joaillerie/bijouterie/horlogerie ; 12,3% des objets d’arts. Plus surprenant, les voyages/week-ends ne représentent que 11,4% des cadeaux offerts ; les parfums/cosmétiques 10,9% et l’électroménager 7,6%.

Cyril Michaud

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