Tendances entreprises : Parcs électriques de voitures et deux-roues

Bientôt une conscience environnementale affichée jusqu’au bout ?
Bientôt une conscience environnementale affichée jusqu’au bout ?

Bientôt le Grand Soir ?

Les entreprises attendent encore d’être séduites, malgré des avancées significatives en termes de technologies et d’aides financières.

Malgré l’important bonus écologique accordé par l’État, les ventes d’utilitaires électriques représentent aujourd’hui encore un chiffre marginal. À l’exception de La Poste ou d’ERDF, peu de grands groupes français ont décidé de se lancer dans le tout électrique. Deux véhicules Renault attendus cette année pourraient néanmoins inciter les PME et TPE à investir : l’arrivée d’une deuxième génération de Kangoo ZE dont l’autonomie a été doublée, et d’un volumineux Master ZE, réclamés à cor et à cri par les entreprises.

Des encouragements financiers pourtant conséquents

6000 euros, c’est le montant du bonus écologique reversé par l’État à l’achat d’un véhicule électrique. Pour les entreprises qui font le choix de remplacer un véhicule diesel de plus de dix ans, cette aide de l’État peut même grimper jusqu’à 10000 euros. Des mesures incitatives qui visent à booster les ventes de voitures électriques dans l’Hexagone. En 2016, il s’est écoulé 21793 véhicules électriques, particuliers et entreprises confondus (+26,4%). Les conditions particulièrement avantageuses offertes par l’État ont principalement séduit les particuliers. Les entreprises, elles, hésitent encore. C’est ce que révèlent également les chiffres dévoilés en ce début d’année : en janvier et février, il s’est immatriculé seulement 714 véhicules utilitaires électriques (-13,6% par rapport à 2016) contre 4513 voitures électriques de particuliers (+37,5% par rapport à l’an dernier).

Des blocages à lever

Quand on les interroge sur les freins qui les empêchent d’investir à l’heure actuelle dans l’électrique, malgré les mesures incitatives mises en place par l’État, les entreprises sont catégoriques : le manque d’autonomie des utilitaires électriques ; le prix des voitures, de l’ordre de 2,5 à 3,5 fois plus élevé, selon le type de véhicule choisi ; l’absence d’utilitaire dimensionné à leurs besoins.

Elles privilégient, par conséquent, le développement d’une flotte de véhicules hybrides, plutôt que le tout électrique. C’est le cas par exemple du réseau logistique Sofrilog, qui « travaille activement sur le déploiement d’une flotte de véhicules hybrides », en attendant l’électrique. Car il reste encore du chemin à parcourir. « Le problème est simple. Au-delà de 4 m3, les constructeurs n’ont pas encore commercialisé de véhicule d’une plus grande capacité », résume Frédéric Delaval, directeur général de l’unité d’affaires éco-mobilité au sein du groupe La Poste. Ce qui constitue un véritable frein pour un transporteur comme pour une entreprise qui doit livrer, chaque jour, des tonnes de colis et de lettres. Malgré cela, La Poste a déjà acquis près de 35000 véhicules électriques sur une flotte qui en compte 85000. « Nous disposons de 7000 Renault Kangoos ZE, 3000 stabys (des triporteurs électriques), 1000 quadéos et 24000 vélos à assistance électrique. Cela montre l’engagement du groupe La Poste en matière d’éco-mobilité. Malgré cela, il faut être conscient que nous ne pourrons développer davantage notre flotte si dans le même temps l’offre ne s’améliore pas. » Un message à peine voilé à l’attention des constructeurs tricolores, notamment Renault dont le contrat court jusqu’en 2021 avec La Poste, qui devra faire un effort significatif sur le prix de vente de ses véhicules, avec la baisse programmée du bonus écologique. « Cette baisse du bonus écologique est tout à fait normale », estime Frédéric Delaval. « Elle a permis de développer une filière industrielle qui aujourd’hui prend son envol. » La Poste attend donc des évolutions notables pour les années à venir  : « Des constructeurs viennent nous consulter, parfois même américains et chinois, et nous leur exprimons nos besoins, qui évoluent en termes d’équipement, d’usages, volumes, autonomie. »

Bientôt un utilitaire capable de parcourir 270 km sans recharger

Conscient des enjeux à venir, Renault qui n’imagine pas un seul instant perdre un client aussi important que La Poste a décidé, sans plus attendre, de mettre les bouchées doubles. Le constructeur français qui équipe également en utilitaires d’autres grands groupes tels qu’Orange ou encore ERDF – deuxième flotte électrique de France avec plus de 1300 véhicules – vient en effet de dévoiler une nouvelle génération de Kangoo ZE.

La voiture la plus vendue du marché de l’utilitaire électrique, devant le Peugeot Partner et le Nissan e-NV200, disposera très bientôt d’une nouvelle batterie et d’un moteur plus puissant. Ce qui permettra de doubler pratiquement son autonomie : 270 kilomètres sans recharger au lieu de 170 actuellement, soit la plus grande capacité affichée sur le marché des véhicules légers électriques. Un argument qui devrait, sans nul doute, séduire les entreprises jusqu’ici réticentes.

Le premier fourgon électrique attendu en fin d’année

Les premières livraisons de ce Kangoo « new generation » sont attendues avant l’été et La Poste devrait être l’une des premières sociétés françaises à exploiter l’autonomie de cette nouvelle version. Mais elle ne sera pas la seule… Renault vise également les PME et TPE prêtes à troquer leur vieil utilitaire diesel contre un électrique, avec en prime un bonus écologique de 10000 euros. « Nous comptons aller chercher les artisans et les commerçants », annonce, ambitieux, Gilles Normand, directeur de la division véhicule électrique de Renault. Pour assoir son leadership sur le segment de l’utilitaire électrique, la marque au losange dispose également d’un deuxième atout dévoilé lors du dernier salon automobile de Bruxelles : la commercialisation d’un véhicule grand format, réclamé par de nombreuses entreprises. Il s’agit d’un Master ZE en trois versions de 8 à 22 m3. Ce gros fourgon, le premier électrique du marché affichant un tel volume et une autonomie de 200 km, est annoncé pour la fin de l’année. Renault espère d’ici-là remplir ses carnets de commandes.

Mobilité douce électrique en libre-service

A quand l’intermodalité ?

Les mises en place de solutions de mobilité douce électrique en libre-service se multiplient et se révèlent prometteuses pour les grandes entreprises à l’avenir. A Monaco, 15 stations de vélos à assistance électrique de la société azuréenne Clean Energy Planet sont installées un peu partout : au Centre hospitalier Princesse-Grace, jusqu’à la Roseraie Princesse-Grace de Fontvieille. Au Luxembourg aussi, les e-bikes à l’autonomie de 35 à 50 km permettent de parcourir des trajets sans effort et se restituent directement sur station City Mov’ en un seul geste, grâce à un système ergonomique. Fortement marquée par l’identité VTT depuis des années, la station des Gets a également lancé une flotte de vélos à assistance électrique en libre-service. Le service, baptisé GetsLib’, s’adresse à tout public et vient renforcer l’offre de transport local. Car ces différentes initiatives prouvent qu’un complément aux transports en commun et autres covoiturages est en train de voir le jour. Nombre de collectivités, adeptes de cette intermodalité naissante, s’équipent d’ailleurs pour leurs agents municipaux, à l’exemple de Fontenay-sous-Bois, Villejuif dans le Val-de-Marne…

Cyril Michaud

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