Mythes et réalité : démêler le vrai du faux concernant les processus de recrutement des sociétés de conseil

Pendant leur cursus, la plupart des étudiants en écoles de commerce ont au moins une fois envisagé une carrière de consultant. En effet, nous entendons souvent parler des nombreux avantages de cette profession, mais quelles sont les ressources nécessaires à la poursuite d’une telle carrière ? Les connaissances des étudiants relatives au monde du conseil (la carrière, les processus de recrutement, la sélection) reposent sur des idées reçues et des mythes, mais qu’en est-il en réalité ? Dans le but de mieux comprendre cette méconnaissance de la carrière de consultant, nous avons décidé d’interviewer Marie Pommier, une jeune employée qui connaît très bien le secteur du conseil. En effet, avant d’être elle-même engagée par une société évoluant dans ce domaine, elle était chasseuse de têtes spécialisée dans les profils de consultants en stratégie.

Mythe n° 1 : Le conseil est une profession d’hommes

En dépit des préjugés, il y a autant de femmes que d’hommes, si ce n’est plus, à la base de la pyramide du conseil. Au niveau junior, la parité est atteinte. Toutefois, ces quotas s’inversent rapidement à mesure que les échelons sont gravis. À partir de la fonction de manager et au-delà, le personnel est de plus en plus masculin. Au niveau associé, les femmes se font particulièrement rares (15 % à Paris). Pourquoi ? Malheureusement, les femmes sont plus susceptibles de quitter leurs fonctions de consultantes après avoir eu des enfants. Après trente ans, un fossé important se creuse dans le monde du conseil, qui s’explique notamment par le fait que l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée n’y est pas idéal, et que beaucoup de femmes préfèrent se tourner vers une profession moins sollicitante afin de passer plus de temps avec leurs enfants.

Femmes, c’est à vous de jouer à présent. Parfaitement conscientes de ce problème de parité et des critiques qu’il soulève, les sociétés de conseil organisent la riposte. Et un large éventail de mesures sont prises pour favoriser l’intégration et l’épanouissement professionnel des femmes, notamment au cours du processus de recrutement. De fait, actuellement, être une femme peut même être « un atout » si l’on souhaite poser sa candidature dans le domaine du conseil.

En qualité de recruteuse, Marie a remarqué qu’il existait une discrimination positive à l’égard des candidates : « Dans le domaine du conseil, les sociétés sont très exigeantes en matière d’écoles, mais il m’est arrivé de voir des femmes venant de l’EM Lyon ou de l’EDHEC en entretien d’embauche, même si leurs qualifications et leurs diplômes ne correspondaient pas à ce qu’attendait la société qui leur faisait passer l’entretien. »

De plus, les sociétés de conseil les plus prestigieuses prennent des mesures concrètes pour conserver leurs talents, telles que de longs congés maternité et des horaires flexibles pour les jeunes mamans (McKinsey), des crèches d’entreprise (Kea Partners), des formations pour vaincre la timidité lors des réunions (BCG), sans compter les très nombreux réseaux et associations professionnelles de femmes.

Elles s’émancipent de plus en plus dans la société actuelle, ainsi les sociétés de conseil mettent en place des solutions pour les maintenir aux plus hautes fonctions. C’est surtout le cas chez les grands leaders du marché. Mais cela signifie-t-il qu’il vaut mieux choisir une grande société de conseil pour débuter sa carrière aujourd’hui ?

Mythe n° 2 : Il vaut toujours mieux choisir la société la plus grande et la plus prestigieuse pour démarrer sa carrière

« Choisir l’une des quatre plus grandes sociétés ou une prestigieuse société de conseil en stratégie telle que BCG, McKinsey ou Bain & Company est bien sûr un excellent point de départ dans votre carrière », explique Marie. Ces grandes firmes vous ouvriront toutes les portes sur le plan professionnel et vous permettront d’occuper à peu près n’importe quel poste si vous envisagez plus tard de quitter le domaine du conseil. Elles vous permettront d’acquérir une solide expertise et un vaste réseau.

Cependant, les grandes sociétés ne sont pas le seul point de départ possible pour réussir sa carrière dans le conseil. En effet, avant de choisir votre société, vous devriez d’abord répondre à toutes les questions qui vont suivre, questions sur lesquelles Marie a beaucoup insisté au cours de l’entretien : Voulez-vous un grand nom sur votre CV, même si cela implique de rester anonyme au sein d’une grande société ? Voulez-vous acquérir des compétences spécifiques dans un domaine particulier ? Une excellente méthodologie ? Préférez-vous avoir une relation privilégiée avec votre manager et vos clients ? Si vous êtes à la recherche d’une méthodologie solide et d’un grand nom sur votre CV, dirigez-vous plutôt vers une grande société. Mais si vous voulez vous spécialiser assez rapidement et que la relation client/consultant est essentielle à vos yeux, peut-être devriez-vous vous intéresser aux sociétés de conseil plus petites, communément appelées « cabinets ».

C’est de votre bien-être au sein de la société que dépendra votre implication, vos progrès, et l’ensemble de votre carrière. Poser toutes les bonnes questions dès le début du processus de recrutement vous aidera sans conteste à trouver la société de conseil qui vous correspond le mieux.

Vous pourriez rétorquer à cela que certes, ces critères sont importants, mais que ce ne sont pas les seuls éléments à prendre en considération… Les écoles sont également de la plus haute importance lorsqu’il est question de conseil.

Mythe n° 3 : L’école compte

Vrai. Cette affirmation n’a rien d’un mythe en matière de conseil, et suite à notre conversation avec Marie, nous sommes parvenues à la conclusion que c’était indéniable.

Lorsqu’elle était chasseuse de têtes, elle avait toujours une grille de critères pour passer les profils en revue, une grille établissant quelles écoles étaient acceptables ou non selon ses clients en conseil. BCG, McKinsey, Bain & Co, etc. ne reconnaissent que les étudiants venant des 3 meilleures écoles de commerce et écoles d’ingénieurs françaises : HEC, ESSEC, ESCP, Polytechnique, Les Mines et Centrale Paris.

Pour couronner le tout, les responsables des sociétés de conseil qui acceptent des personnes de milieux plus variés (c’est-à-dire appartenant aux 10 meilleures écoles, pas moins) ont fixé des grilles salariales en fonction des écoles dont vous êtes diplômés !

Pourquoi ? Pourquoi une personne ayant fait ses études dans une école moins prestigieuse ne pourrait-elle pas tenter la sélection de candidatures aux côtés de personnes venant des écoles parisiennes ? Comme l’explique Marie, « un étudiant d’HEC n’est pas forcément plus doué que quelqu’un ayant fait l’EDHEC », mais les clients de ces grandes sociétés viennent eux-mêmes de ces écoles prestigieuses et se sentent plus en confiance lorsque leurs consultants aussi !

Les mythes ont souvent une part de vérité, mais doivent néanmoins être éprouvés. Oui, les femmes quittent le secteur du conseil plus tôt que les hommes et oui, une grande société et une école prestigieuse ne peuvent que favoriser un bon départ dans votre carrière. Mais au moins, à présent, vous savez tout ce qu’il y a à savoir et vous pouvez prendre votre décision en toute connaissance de cause.

Votre carrière de consultant dépend d’abord de vous, de votre motivation et de votre détermination.

Mathilde de Villeneuve et Léa Lliboutry,
Étudiantes Audencia Business School

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