Pour un directeur des futurs

C’est ce poste à inventer qui devra traiter et diffuser les signaux faibles dans l’organisation de demain pour la rendre plus agile.

Comment traiter et diffuser les signaux faibles dans une organisation ? C’est une nécessité tant les signaux faibles sont utiles, ainsi que le montre les précédentes chroniques de cette série sur la prospective qui a également montré les difficultés du partage hors des méthodes individuelles exigeant un « travail sur soi ».

Cette question du partage dans l’entreprise se pose surtout dans un contexte de changement économique rapide. « Rouler vite sans rien voir serait proprement une folie», écrit Gaston Berger, le fondateur de la prospective française. La rapidité des innovations, les évolutions constantes des zones économiques exigent la diffusion immédiate des informations à tous les niveaux de l’organisation pour la rendre plus agile. Et toute l’organisation, pas seulement les dirigeants. Celle-ci sera, demain, constitué de cellules autonomes, travaillant en quasi-autonomie, sans hiérarchies, dans l’horizontalité, l’échange don-contre-don.

Dans ce contexte, l’organisation doit disposer d’un collaborateur chargé explicitement de cette mission de recueil, de traitement et de diffusion des signaux faibles dans une perspective prospective. Il faut donc un directeur des futurs. Il est directeur de l’information, cette nouvelle fonction qui naît, mélange de l’ancien directeur de la documentation et du nouveau directeur du big data qui, surtout, structure et met en forme cette information en adéquation avec les besoins de l’entreprise.

Ce directeur des futurs sera également un connecteur d’idées, ce nouveau poste qui existe depuis peu dans les entreprises californiennes, inventé par Marissa Meyer chez Google. Ce connecteur d’idées, quasiment détecteurs de signaux faibles internes, traque les nouvelles idées que peuvent porter les salariés, sans que, parfois, ils ne peuvent même les exprimer clairement. Ils sont capables de comprendre l’intérêt des nouvelles idées, de connecter différents concepts, et de « traduire » l’information extérieure dans une forme compréhensible (et attirante) pour la compagnie.

Enfin, le directeur des futurs, et c’est certainement le plus difficile pour celui qui occupera ce poste, doit être un rêveur, un poete, clair dans sa tête, capable de prophétiser le futur, dans l’au-delà des informations solides, au-delà des projets bien construits, afin de deviner les ruptures. Car la prospective, c’est aussi le rêve …

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