Quand les RH font l’impasse sur l’avenir

Les DRH doivent apprendre à se saisir des signaux faibles et, surtout, à bien les analyser, s’ils veulent penser un lendemain fait d’instabilité et de qualitatif.

Netflix vient de renoncer aux notations annuelles – jugées malhonnêtes. La firme californienne a instauré l’évaluation dite « 360° ». Le salarié juge ses collègues, ses chefs, ses subordonnés. Est-ce bien une information nouvelle ? Car enfin, le 360° appartient de longue date à l’arsenal des ressources humaines. En fait, cette information représente un signal faible, élément de base de la prospective. Le signal faible, cette donnée ambigüe, peu répétitive, fournit un éclairage sur l’événement qui se prépare, même s’il n’est pas encore amorcé. A condition d’être correctement interprété. L’usage du signal faible prend une importance accrue aujourd’hui. « Si l’entreprise attend que les signaux deviennent forts, l’enjeu aura un impact sur elle avant qu’elle n’ait pu développer sa réponse », explique Igor Ansoff, professeur de management, inventeur du concept de signal faible. Ils devraient être fortement utilisé par les ressources humaines, domaine crucial pour l’économie de la connaissance dans laquelle nous entrons. Or, curieusement, alors que les changements économiques, technologiques et géoéconomiques s’accélèrent, ils sont négligés par la plupart des entreprises. Pensent-elles que les RH se résument aux relations avec les syndicats et aux licenciements, alors qu’elles devraient être envisagées stratégiquement ? Ne verraient-elles que la gestion des emplois chiffrée et non la réflexion qualitative ? Est-ce encore tenable dans un monde à ce point mouvant, instable ? La conséquence de cette absence de vision est que plupart des DRH sont privés des outils indispensables à l’analyse desdits signaux. Il est désormais temps qu’ils apprennent à les acquérir. Qu’est-ce que cela signifie ? Ils doivent découvrir les techniques de sélection, de vérification, maitriser leur agencement pour leur donner sens et les confronter avec des informations formalisées pour construire l’outil d’anticipation. Que dire alors de l’innovation Netflix ? Sinon qu’elle est le signal faible de la montée en puissance du travail collaboratif, où le collectif de travail laisse le pas à une addition de travailleurs indépendants même salariés. Le modèle achevé en est cette start-up finlandaise où, chaque semaine, une réunion des salariés étudie la valeur de chacun jusqu’à décider de leur licenciement.

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