Franz Beckenbauer
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Franz Beckenbauer est mort ce dimanche 7 janvier à 78 ans. C’est la fin d’une légende du leadership et du management.

De son temps sur les terrains, il était le patron. Au Bayern Munich ou en sélection nationale, le libéro arborait le brassard de capitaine et assumait avec brio tout le symbole que cela implique. Et plus tard, en tant que coach, même combat. Franz Beckenbauer est un véritable meneur d’hommes qui aura permis à la Nationalmannschaft de devenir championne du monde en 1990. Celui qu’on surnommait le « Kaiser » (empereur en français) a tout réussi grâce à un leadership et une classe que personne n’a jamais pu contester.  

« C’est un pilier de mon histoire qui s’effondre », confiait Bixente Lizarazu à nos confrères de Sud Ouest. Au moment de rendre hommage à celui qui l’a pris sous son aile, le latéral gauche français n’a pas tari d’éloges : « Il a toujours été adorable et bienveillant avec moi. Il a une classe incroyable ».

Oui, Franz Beckenbauer était l’homme adoubé par tout son milieu. Déjà, dans un premier temps, par ses coéquipiers. « C’était un garçon formidable qui m’a accueilli à bras ouverts lorsque je suis arrivé au Bayern en 1972 », raconte Gernot Rohr, avant de poursuivre : « J’ai appris beaucoup de choses à ses côtés. J’ai pu vraiment apprendre le métier de footballeur professionnel. Il était exemplaire ».

Mais aussi par les joueurs qu’il a ensuite entraînés. Gaëtan Huard et Bernard Casoni, deux joueurs de l’Olympique de Marseille en 1990 se rappellent du « Kaiser » comme d’un « grand homme qui dégageait de la prestance » et qui prenait « tout calmement ».

Le Mondial 1990, exemple de résilience et d’abnégation

Pour ses premiers pas en tant qu’entraîneur, Franz Beckenbauer a peaufiné son management et la finesse de sa tactique sur le banc de l’équipe d’Allemagne de l’Ouest. Et ce, dès 1984. À cette époque, alors que la sélection allemande sort d’un échec international, le « Kaiser » reprend un groupe vieillissant et le reconstruit minutieusement.

En 1986, lors du premier grand test à l’international pour cette nouvelle équipe d’Allemagne, le groupe se hisse en finale d’une Coupe du monde finalement remportée par l’Argentine. Mais les Allemands ont montré de belles choses, à commencer par Franz Beckenbauer, qui progresse.

Alors en 1990, le manager s’appuie sur Lothar Matthäus, Andreas Brehme et Rudi Völler pour réaliser l’exploit. Les trois étaient déjà là lors de la précédente édition de 86, mais en 4 ans Franz les a fait changer de dimension. Il ajoute à ces pointures des jeunes talentueux et affamés comme Thomas Häßler, qui réalise un tournoi de classe mondiale. Et avec cette colonne ultra-solide, l’Allemagne du « Kaiser » finira par remporter le Mondial sans être menée au score une seule fois.

Solide défensivement, concentrée pour ne pas faire les mêmes erreurs qu’en 1986, la Nationalmannschaft prend finalement sa revanche sur l’Argentine en finale. Voilà l’Allemagne sur le toit du monde. Voilà Beckenbauer au sommet de son art.

Président de club, de fédération et de comité de candidature

Après quelques épisodes moins flamboyants, comme son passage express à l’Olympique de Marseille, Franz revient en Allemagne pour faire ce qu’il sait faire : diriger. En 1994, il devient alors le président du Bayern Munich. Une date qui coïncide avec le changement de dimension du club munichois. Déjà, l’Allemand se démarque par une excellente gestion budgétaire et économique. Le Bayern est l’une des équipes les plus sainement gérées à cette période. Et sur le terrain, son équipe rafle tout et connaît sa période dorée dès le début des années 2000.

Franz poursuit son œuvre pour le football allemand en jouant un rôle important dans la candidature de l’Allemagne pour accueillir la Coupe du monde 2006. Son travail en tant que président de comité est unanimement salué. Beckenbauer finit ainsi de ravir les fans de football d’outre-Rhin en leur offrant un Mondial sur leur terre.

Tout au long de sa carrière, le Kaiser a su jouer de ses qualités. Celles défensives lorsqu’il était le pilier du Bayern Munich dans les années 70, puis celles de management quand il prit les rênes de la Nationalmannschaft et enfin celles de persuasion à l’occasion de ses différents mandats présidentiels. Franz Beckenbauer n’était pas seulement un joueur complet, il était un homme polyvalent. Décoré par la croix fédérale du Mérite d’Allemagne, il est surtout l’un des trois seuls footballeurs de l’histoire à avoir gagné une Coupe du monde en tant que joueur et entraîneur. Un pilier de l’histoire sportive s’est éteint, « comme si un proche était décédé », résume si bien le média Die Welt.


Les prolongations…

Tiger Woods et Nike, c’est fini ! • Le plus grand golfeur de tous les temps a officialisé la fin de son partenariat avec son équipementier de toujours. Une page de sport business ultra-fructueuse se tourne, mais Tiger Woods va déjà de l’avant. « Les gens vont demander s’il y aura un nouveau chapitre. Oui, il y aura certainement un autre chapitre. See you in LA ! », a-t-il écrit sur ses réseaux sociaux. La fin de carrière du prodige américain se profile, mais Woods ne semble pas encore prêt à lâcher les clubs. Nul doute alors que plusieurs marques tenteront bientôt de devenir son équipementier principal pour un dernier tour des greens.

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