L’enfer c’est les autres, disiez-vous ?

Eh oui, mon cher Jean-Paul ! Par le passé, combien de fois le regard des autres a pu conditionner ce que j’allais faire, ce que j’étais. M’inscrire dans la convenance, obéir au code, aller là où on me disait d’aller, avait parfois quelque chose de rassurant. Un rien rebelle par nature, déterminé à ne pas être le handicapé que l’on voulait que je sois, j’ai vite compris ce que vous exprimez, Monsieur Sartre, des dizaines d’années avant que je ne commence ma vie. Je ne m’étendrai pas sur le jugement, ô combien pesant et humiliant, que l’on pouvait poser sur celui que j’étais. Ces regards me font sourire aujourd’hui.

Combien de fois ai-je pu entendre au sujet de mes rêves que je m’apprêtais à faire naître, et tout au long de leur vie : Didier, il faut faire ceci et faire cela, vous savez, le fameux : y a cas faut qu’on.

Amis rêveurs attention, attention ! Pour chaque action, il est nécessaire de désigner le qui fait, le quand, comment, etc., sans quoi votre rêve risque d’en rester un pour longtemps. Il vous appartient donc, non pas de tout faire, mais de coordonner, de concevoir pour accompagner au mieux ceux qui vous suivent. Alors chef orchestre, vous commencerez à écrire votre symphonie et là, de nombreux plaisirs, de belles émotions naîtront et vous transporteront. Si notre bonheur ne doit pas dépendre d’autrui parce que nous en sommes seuls responsables, il n’en reste pas moins que les autres y contribuent sérieusement. Alors, l’enfer c’est les autres ? Très certainement ! Tout du moins tant que je me soumets à leurs regards, tant que je subis. Vous l’aurez bien compris, pour moi, si l’enfer c’est les autres, ils sont aussi le paradis ! C’est, je crois, une question de regard posé sur la vie.

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