2019, l’année des changements

Je me garderai bien de lancer un débat sur le fond du mouvement des gilets jaunes, forcément clivant, même au sein du lectorat d’un magazine économique dynamique et optimiste comme celui que vous tenez entre les mains. Preuve ultime s’il en est besoin, je fus abordé après ma dernière conférence il y a quelques jours lors de l’AG d’un Medef territorial par certains des participants à la soirée, entrepreneurs et, donc, « gilets jaunes », puisque l’on appelle ainsi les personnes qui manifestent leur mécontentement en ce moment.

Pas de débat sur le fond, non, mais néanmoins un point qui me semble trop peu abordé par les médias dans cette vague de mobilisation.

La colère n’explique pas tout.
à mon sens, si le mouvement tient autant sur la longueur, c’est aussi pour sa convivialité. C’est qu’ils y sont bien, sur les ronds-points. N’y voyez ni aucun deuxième degré, ni aucune forme de jugement, positif ou négatif. Il s’agit seulement d’un constat, factuel, sans doute plus évident pour l’entrepreneur en zone rurale que je suis. Musique, braseros, coups de klaxon, chants, rires, échanges… l’ambiance au cœur de ces carrefours bien franchouillards (il n’y a que chez nous qu’il y a autant de ronds-points) est très sympa. En recréant des espaces de vivre-ensemble sur les ronds-points, les gilets jaunes ont réinventé le troquet du coin.

Ce phénomène rappelle combien il est urgent de répondre, aussi, au défi du vivre-ensemble. Revaloriser le collectif dans une époque individualiste, rendre la fierté d’appartenance à un groupe sans tomber dans un communautarisme nauséabond, remettre de la joie dans le quotidien. Des éléments qui ont disparu en même temps qu’écoles et cafés de villages fermaient, et que l’on n’a pas réussi à recréer ailleurs.

Ce manque a été comblé ces derniers mois par et pour une partie de la population, qui préfère être sur ces ronds-points que chez elle ou au boulot. Ce qui explique qu’elle y passe tant de temps, et pas seulement sous les projecteurs des médias le samedi.

Créer du lien, donner du sens, échanger, partager… le vrai défi à relever pour la société en général et pour les entreprises en particulier, dernier lieu de vivre ensemble dans le monde occidental contemporain.

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