Losers pour toujours ?

«Nous ne serons jamais des winners, connard. » La phrase n’est pas de moi (ma mère me rappellerait les bonnes manières), mais lue sur une banderole brandie le 8 mai dernier par des manifestants anti-Macron.

Je passerai sur l’insulte, que notre nouveau Président a dû apprécier, et me concentre sur le reste, à mon sens tout aussi consternant.

Le symbole est fort : s’autoproclamer loser à vie le jour où l’on fête la plus grande victoire du monde libre, ce n’est pas rien.

« Nous ne serons jamais des winners. » Il est difficile d’identifier les personnes qui portent cette banderole, la boule au ventre qu’elle a immédiatement créée chez moi me laisse penser qu’en mon for intérieur je suis convaincu du pire : il est possible que ce soit des jeunes. Comment avons-nous pu leur laisser penser cela ?

Comment, dans ce pays-ci, pouvons-nous lire ces mots-là ? A quel moment ces personnes ont-elles cessé d’y croire ? Y ont-elles seulement déjà cru ?

Nous habitons le pays des Lumières, le pays des Droits de l’homme, le pays des Zèbres d’Alexandre Jardin, des héros de l’ombre de Frédérique Bedos, le pays dont le nouveau Président était un inconnu il y a trois ans.

La France est une patrie merveilleuse, portée par une nation courageuse et inventive. Chaque matin, des quidams se lèvent pour s’attaquer à une fracture qu’ils ne supportent plus. Logement, éducation, environnement, emploi, lien social, santé… Des milliers de Français mettent leur cœur et leur énergie au service des autres, faisant leur part du travail, ce fameux battement d’aile du colibri qui rend le monde meilleur.

 

Il est possible en 2017 d’être optimiste sans être naïf. Impossible de ne pas reconnaître les immenses problèmes que nous avons à résoudre, à commencer par l’extrême précarité de nombreux d’entre nous. Mais les solutions existent, et les belles histoires sont légion.

Alors non, personne ne peut s’autoproclamer loser à vie, à moins de l’avoir décidé. Après tout, c’est sans doute confortable de n’avoir plus d’ambition.

Nous avons gagné au tirage. Nous sommes nés dans le pays des libertés, un pays où il est possible de se battre contre tous les déterminismes. Un endroit où l’on a le droit de croire en ses talents, en ses rêves. De croire en soi.

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