« Optipessimisme »

L’optimisme ne consiste pas à voir le monde plus beau qu’il est. Mais pas plus laid pour autant.

J’ai participé, il y a quelque temps, à un face-à-face avec le grand philosophe Edgar Morin. Vous connaissez sa thèse : il n’est pas certain mais probable que le monde court à la catastrophe. Bien qu’il se déclare «optipessimiste», l’hydre du totalitarisme a cédé la place, selon lui, à l’hydre du capitalisme financier et à celle du fanatisme ethno-religieux.

Je lui ai fait remarquer qu’un phare devait donner de la lumière et non accompagner vers les ténèbres et que nous étions là dans le plus parfait exemple de l’amalgame et de la confusion des concepts. En effet, l’Américain expulsé de son logement, le licencié du fait d’un plan social, le jeune musulman qui redoute la mainmise des extrémistes sur son pays sont effectivement dans la galère, le doute ou la crainte. Mais il y a des issues, des solutions, des appuis, des aides, un espoir. Cela n’est pas la solution finale ou le goulag !

« Mal nommer les choses, c’est aggraver le malheur du monde », disait Camus.

Oui, ce monde est incertain. Il y a, comme dans toutes les périodes de transition, des grands vents, des soubresauts. On a déjà connu cela à l’époque de la révolution industrielle ou des chemins de fer. Les peurs étaient bien pires encore.

Ce monde est incertain… et il est magnifique. Les progrès de la recherche, de la science, de la médecine, de la technologie n’ont jamais été plus spectaculaires. Chaque année, depuis 1990, nous gagnons en moyenne trois mois d’espérance de vie supplémentaires. C’est-à-dire sept heures par jour.

Jamais la chance de trouver des solutions à la famine, au sous-développement, à la pénurie d’eau, aux virus n’a été plus grande.

Jamais, même si c’est insuffisant, des décisions aussi significatives n’ont été prises face au réchauffement climatique, à la régulation financière, à la crise des monnaies et même aux droits de l’homme dont les antimondialisation prétendaient qu’ils étaient foulés au pied par les égoïsmes dominateurs.

Alors, enlevons nos œillères, regardons plus loin que notre nombril, jetons aux orties cette tentation déprimante de l’isolement, cessons de voir le verre du monde à moitié vide. Il est plein de promesses.

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